MMA (Mixed Martial Arts)

La MMA, pour mixed martial arts, est un sport qui combine plusieurs techniques de combat dans une seule discipline. Cela signifie que les pratiquants, appelés combattants, utilisent des mouvements issus de plusieurs sports de combat différent. Chaque combattant possède son style et mélange à souhait de la boxe, de la lutte, du karaté, etc. Comme tous les sports, il dispose également ses propres ligues et compétitions avec, depuis quelques années, une exposition accrue dans les médias et le mouvement mainstream. Dans cet article, nous abordons les aspects les plus importants de ce sport nouveau, souvent vu comme incroyablement violent.

Origine du MMA

Si on désire remonter à la source du MMA, on peut remonter jusque dans l’Antiquité. En effet, on peut établir un lien direct avec le pancrace, un sport qui utilisait également plusieurs techniques de lutte entre les combattants. Il s’agissait d’un mélange de lutte, de boxe et de prises de combat qui devaient amener l’opposant à terre et à se résigner. Le pancrace a connu son heure de gloire en Grèce antique. Son déclin coïncide avec le déclin de la Grèce au profit de Rome.

Le mixed martial arts est un sport ancien, mais il est longtemps resté dans l’anonymat

De façon plus récente, le MMA est longtemps resté dans l’anonymat, considéré comme une pratique brutale qui pouvait entraîner la mort de ses participants. On la rapproche souvent des combats de rue, des combats clandestins, etc. Ce type de pratiques ultra violentes et longtemps interdites ont eu cette réputation, car il était possible de frapper son ennemi au sol ou de l’étrangler. Il faudra l’arrivée de Dana White à la tête de l’UFC pour réellement donner une image plus acceptable et de faire rentrer ce sport dans la culture mainstream.

Le MMA existe dans tous les pays sous différentes appellations. Au Mexique, on parlera plutôt de Vale Tudo et en Amérique du Sud on se rapproche du Jiu Jitsu brésilien. En Europe, la MMA est connue sous ce nom.

La MMA, un ensemble de disciplines

Sous l’appellation MMA, on retrouve plusieurs types de discipline au sein desquelles les règles sont plus ou moins strictes et plus ou moins évolutives.

De l’ensemble des disciplines, c’est bel et bien le MMA qui connaît le plus de succès et se fait parfois appeler par les divisions au sein desquelles elle est pratiquée. C’est le cas pour l’UFC qui n’est autre qu’une ligue au sein de laquelle les combattent se mesurent les uns aux autres. Idem pour le MMA Bellator qui n’est pas une variante, mais bien une compétition à part entière.

Spécificité de la MMA, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’arts martiaux mixtes qu’il faut nécessairement en pratiquer plusieurs. On peut très bien être boxeur et se lancer dans le circuit. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a été possible de voir une rencontre au sommet entre McGregor et Floyd Mayweather qui est boxeur professionnel. Cependant, l’immense majorité des combattants en ligues MMA s’entraînent à plusieurs techniques de lutte afin d’appréhender différentes phases de combat face à des profils très variés. On parle aussi de MMA pour définir un aspect plus large qui englobent plusieurs pratiques sportives connexes.

Au sein de la MMA, on retrouve aussi du free-fight. Anglicisme inventé de toute pièce, le terme couvre les combats libres pouvant se révéler très brutaux. En perte de vitesse, le free-fight ne dispose pas d’une audience très large et n’est pas médiatisé. Outre-Atlantique, le Vale Tudo est plus présent. Le terme même de Vale Tudo signifie que tout est permis, rapprochant cette pratique du free-fight. C’est aussi un sport qui était pratiqué bien avant que le MMA devienne populaire, en en faisant en quelque sorte un ancêtre. Pour autant, le Vale Tudo est aujourd’hui réglementé comme de nombreux sports et tout n’est plus permis.

A contrario, il y a le No Holds Barred. Cette pratique est assez proche des Vale Tudo et du free-fight. Les règles sont très peu nombreuses et les combattants disposent de réelles largeurs pour s’affronter. Cela peut devenir très brutal. On peut rapprocher cette pratique à ce qui avait court en UFC avant que la franchise ne soit reprise par Dana White et ses associés.

Le manque de visibilité de ces pratiques est la preuve que le public n’est pas spécialement intéressé par des combats « à mort » entre les combattants, mais plutôt par un spectacle. C’est d’ailleurs l’instauration de règles strictes et d’un timing plus propice au format télévisé qui a rendu l’UFC populaire jusqu’à en devenir une franchise prisée des annonceurs.

Le MMA est revenu sur le devant de la scène avec l’avènement de l’UFC et la création de règles strictes

De l’oubli au grand retour de la MMA moderne via l’UFC

Pendant longtemps, le MMA a disparu de la circulation. Ce n’est que dans les années 1980 qu’elle a ressuscité vie le jiu jitsu brésilien. En effet, c’est via ce canal, et le Vale Tudo, que le MMA refait son retour aux Etats-Unis d’abord puis dans le reste du monde (Europe et Japon). Le principal combattant de jiu jitsu brésilien se nommait Rorion. Ce dernier, suite à quelques combats, finit par rencontrer un homme d’affaires intéressé par les sports de combat, Art Davie. Il fera notamment le lien avec l’entreprise audiovisuel Semaphore Entertainment Group qui créera le premier championnat, l’UFC.

Le modèle économique est viable grâce au pay-per-view. Les clients peuvent acheter un accès à un match pour ne suivre que ce qu’ils souhaitent. ET comme l’UFC est relativement petite, cela permet de rentabiliser rapidement l’investissement, mais aussi l’organisation de combats. L’UFC 1 se tient en 1993 et rapporte près de 86.000 pay-per-view. Un nombre qui sera multiplié par 4 deux ans plus tard.

Cependant, comme il ne s’agit encore que du début, un flou entoure encore la pratique. On réalise cela en regardant les règles existantes à l’époque : ne pas mordre, ne pas saisir les parties génitales ou encore ne pas toucher les yeux. Hormis cela, aucune règle, aucune limite de temps. Autant dire que les combats sont féroces et très virils entre les participants.

Nous sommes aux Etats-Unis et forcément, il y a des intéressés pour voir ce type de spectacle. C’est d’ailleurs cette violence qui va pousser le MMA moderne sous les feux de la rampe. Et si cette médiatisation de la violence fait grimper les recettes les premières années, c’est aussi elle qui amène un à un les clous au cercueil de l’UFC. En effet, de plus en plus de personnes vont s’insurger contre cette violence, l’exemple que cela donne et l’intérêt-même de la chose.

Résultat : de plus en plus d’États américains bannissent l’UFC de leur territoire, voire l’interdise complètement. Cela entraîne les chaînes de télévision à supprimer l’option de pay-per-view de leur carte privant ainsi l’UFC de ses rentrées. Il ne faut que quelques années pour conduire l’UFC à la faillite et Semaphore pour rechercher un repreneur…

L’avènement de l’UFC

Les repreneurs, ce seront Dana White et les frères Fertitta. Anciens camarades de classe, ils se complètent admirablement pour cette affaire. Les frères Fertitta gèrent des casinos tandis que Dana White possédait une salle de sport avant d’émigrer au Nevada.

Pour deux petits millions de dollars, ils rachètent la franchise et vont tenter de lui redonner vie. L’objectif est simple, redorer le blason du MMA en le rendant socialement acceptable. Ensuite, il sera possible de le commercialiser sous différentes formes, que ce soit du pay-per-view, des dvd, des magazines, et plus tard internet.

Mais il faut d’abord le rendre légal, et pour cela les frères Fertitta savent comment faire. Ils siègent à la commission des sports du Nevada et vont tout faire pour que des combats soient autorisés. C’est ainsi que l’UFC signe son retour avec l’UFC 33. Elle fera d’ailleurs un tabac et battra tous les records. Cela sera en partie dû au fait que le sport est mieux encadré, avec des règles protégeant les combattants, différentes méthodes pour gagner, des rounds plus courts, une limite de temps afin que les combattants puissent tenir le rythme.

Règles générales du MMA

Les arts martiaux mixtes n’ont pas beaucoup de règles, mais elles sont néanmoins présentes et se renforcent avec le temps. Le but est de protéger au mieux le combattant une fois dans l’Octogone.

Parmi les règles générales, il y a :

  • l’interdiction de porter des coups dangereux (à la nuque, aux reins, aux articulations, etc.
  • Certains coups sont interdits (exemple: la projection d’un adversaire au sol sur la tête ou la nuque)
  • Certaines prises sont interdites ainsi que certains enchaînements (clés et projection, par exemple)
  • Ne pas enfoncer les doigts dans les yeux, le nez, les oreilles, la gorge
  • Ne pas sauter vers l’arrière quand on est dos à l’adversaire
  • Pas d’étranglement
  • Pas de torsion de la tête

En outre, le MMA oblige ses combattants à passer un test médical avant d’entrer dans l’octogone. Le but est de les protéger s’ils ne sont pas aptes ou s’ils souffrent d’une faiblesse. En effet, le MMA est extrêmement dur et nécessite une condition physique parfaite. Ainsi, chaque sportif doit :

  • faire un électrocardiogramme
  • se faire tester VIH et hépatite
  • passer un scan crânien en cas de KO
  • posséder un carnet listant tous ses KO
  • Se faire examiner le fond de l’œil

Les différentes catégories de combats

Afin d’offrir plus de spectacle, et limiter les risques pour les combattants, le MMA les fait combattre dans des catégories de poids, comme pour la boxe et les arts martiaux. Même si les noms sont identiques à d’autres sports, les poids concernés sont très différents. Au total, le MMA possède 9 catégories reconnues par la commission des sports du Nevada, mais aucune au Japon. Néanmoins, les organisateurs tentent toujours de faire combattre ensemble des sportifs de même corpulence.

Les catégories de poids aux USA :

  • Poids mouche jusqu’à 57 kg
  • Poids coq jusqu’à 61 kg
  • Poids plume jusqu’à 66 kg
  • Poids léger jusqu’à 70 kg
  • Poids mi-moyens / welters jusqu’à 77 kg
  • Poids moyens jusqu’à 84 kg
  • Poids mi-lourds jusqu’à 93 kg
  • Poids lourds jusqu’à 120 kg
  • Poids super lourds sans limite
Conor McGregor est une des stars de la MMA qui a réussi à se hisser au sommet de l’UFC, principale division de ce sport

Les différentes organisations de MMA

Le MMA ne possède pas une seule division, mais plusieurs. Parfois se recoupant sur une même zone géographique. Au fil des ans, certains championnats ont disparu au profit d’autres. A l’instar du Pride Fighting Championship, racheté par l’UFC.

On retrouve :

D’autres organisations ont disparu :

  • RINGS (2002)
  • Pride Fighting Championship (2007)
  • Affliction  (2009)
  • World Extreme Cagefighting (2010)
  • Strikeforce (2013)

L’entraînement au MMA

Il n’y a pas réellement d’entraînement-type pour devenir combattant en MMA. Le plus souvent, les athlètes proviennent d’un sport ou d’un autre et ont élargi leurs connaissances à partir de là, en se spécialisant dans une activité. Souvent, le muay thaï ou le kick boxing (pieds-poings) ouvrent une porte d’entrée, car ce sont déjà des sports très complets.

Les combats sont peu nombreux et le calendrier permet à chaque combattant de se préparer et de préparer son corps au combat à venir. Ainsi, pour les professionnels de l’UFC, il y a une réelle rigueur à l’entraînement, mais aussi dans l’hygiène de vie.

Pour avoir une réelle chance de vaincre dans l’octogone, il est nécessaire pour le combattant de maîtriser un ou plusieurs sports pour chaque phase de combat

  • Phase debout : boxe, kickboxing, muay thaï
  • Corps-à-corps : judo, karaté, jiu jitsu, etc.
  • Phase au sol : samba, jiu jitsu brésilien, lutte

Comment gagner un combat en MMA ?

Il existe différentes façons de remporter une victoire en MMA :

  • Par KO. L’adversaire est inconscient suite à un coups et est incapable de poursuivre
  • Par KO Technique. L’adversaire est incapable de poursuivre le combat (coupure, trop de coups portée, douleurs persistantes, etc.)
  • La soumission. Le combattant abandonne.
  • La soumission technique. L’arbitre juge le combattant incapable de poursuivre suite à une prise / clé.
  • Pour disqualification. Suite à un coup interdit, par exemple.
  • Par décision. Les juges attribuent la victoire à l’un ou l’autre des combattants au terme du timing.
  • Il y a égalité si les juges considèrent cette option.
  • La victoire peut être sans décision si le combattant annule son combat, est positif à un test anti-drogue, etc.

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