Orléans : point de rencontre entre start-up et forces spéciales

La création d’écosystèmes d’innovation locaux, autour de pépinières de start-up, favorisant les fertilisations croisées et regroupant des compétences pour traiter des besoins spécifiques de bout en bout, est une dimension essentielle du plan d’action ministériel pour l’innovation dans les armées. C’est le cas à Orléans depuis le mois d’octobre avec le Projet LORIAS, un plateau technique regroupant cinq start-up innovantes travaillant sur l’intégration des données issues d’environnements complexes (terrestres, maritimes et aériens) au profit de systèmes opérationnels ou d’aide à la décision, en tenant compte de l’émergence des drones, capteurs discrets ou objets connectés.

Initiative soutenue par la ville d’Orléans (le LORIAS est intégré au LAB’O, le grand accélérateur numérique orléanais) et par l’armée de l’Air (notamment par le biais du MGAA et du CEAM de Mont-de-Marsan), ce regroupement de «jeunes pousses» est aussi très proche des forces spéciales. Ainsi, trois des cinq TPE du Plateau technique du LORIAS ont été créées par des anciens des forces spéciales de l’armée de l’Air : Impact, un éditeur de logiciels ALI (Intégration air-sol) ; Geoide, spécialisé dans la sécurisation des échanges de données, et Extrem Drone, concepteur de solutions photos-vidéos embarquées sur drone. Le plateau, complété par Aderanet (ingénierie logicielle pour la sécurisation de sites) et 3ZA Engineering (internet des objets), offre à ces sociétés une structure administrative et un «back up», tout en prenant en charge l’organisation de l’ingénierie et de la maîtrise d’œuvre. Le LAB’O dispose aussi d’un «Industry Lab» permettant la fabrication sur place de prototypes et de modèles de pré-série.

Le LORIAS, par le biais de son président, le général (GCA 2S) Gilles Rouby, et de son secrétaire général, Frédéric Brulefert (un ancien aviateur), structure actuellement ses partenariats. D’abord avec les armées : des contacts ont été établis avec la STAT et le Defense Lab de la DGA, et un partenariat est en cours d’élaboration avec l’armée de l’Air, du fait de la proximité de la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy.

Les contacts réguliers avec les opérationnels des forces spéciales permettent aux TPE du LORIAS d’être pleinement connectées aux besoins des unités du COS présentes sur place : le CPA 10 et l’Escadron de Transport 3.61 Poitou. D’autant que plusieurs outils développés par ces start-up sont déjà déployés au sein de ces unités, notamment en matière de sécurisation des communications ainsi que d’intégration des métadonnées issues des capteurs, de leur suivi et fusion en temps réel et d’interopérabilité vers d’autres plateformes (Delta Suite). Un partenariat structuré permettrait de faciliter les échanges lors d’exercices ou de démonstrations de nouveaux outils : l’idée est de rester au plus près des besoins du terrain et de proposer des solutions agiles qui convergeront plus rapidement du fait des relations proches entre opérationnels et développeurs.

Le LORIAS entretient par ailleurs des liens réguliers avec le Cercle de l’Arbalète, l’association fédérant l’action des acteurs contribuant au rayonnement et à l’équipement matériel des opérations spéciales et à l’efficacité de la R&D dédiée, et certaines de ses TPE peuvent compter sur plusieurs salariés réservistes au sein d’unités du COS. Ses responsables insistent cependant sur le fait que les liens créés avec la base aérienne 123 dépassent les unités des Forces spéciales et s’inscrivent plus globalement dans la dynamique «Innovation» souhaitée par l’EMAA.

Le LORIAS recherche aussi des partenaires industriels : un accord de partenariat a été signé avec Thales Air Systems (Fleury-les-Aubrais), avec lequel les synergies sont nombreuses et qui a créé un laboratoire d’innovation sur son site. Des discussions sont en cours avec Safran, Airbus et MBDA, qui pourraient suivre. Après cette phase de projet, dès que les partenariats seront structurés et que le réseau de start-up sera suffisamment dense (en s’ouvrant notamment à l’intelligence artificielle et à l’optronique), le LORIAS préparera, dès la fin de l’année, le passage au statut d’association ou de GIE.

 

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