Camouflage électronique et feu numérique

Si les opérations contre-insurrectionnelles face à un adversaire technologi­quement inférieur ont limité les opérations de guerre électronique (GE) du corps des Marines et de l’Army, l’actualité démontre l’effort réalisé par les forces spéciales russes, chinoises et iraniennes dans le domaine des opérations dites «non cinétiques».

C’est donc dans l’urgence que les forces d’infanterie américaines tentent de se réapproprier la «Datasphère», en renforçant leurs capacités tant dans les domaines de la guerre électronique que de la guerre cyber. Alors que le projet Radiomap de cartographie en temps réel du spectre électromagnétique a, depuis 2015, éclairé les Marines sur la nécessité d’adopter des procédures de camouflage numérique et de mettre en place des équipes dédiées à chaque bataillon d’infanterie (EWST), mais dont l’emploi restera dédié aux «opérations irrégulières».

Pour la première fois et grâce au nouveau Centre d’Excellence Cyber de l’Army (Fort Gordon), un manuel commun aux deux activités, le «Field Manual 3-12», a été publié cet été pour préparer le commandement aux opérations de support, d’ISR, mais aussi aux actions offensives, dans le but d’identifier et de neutraliser les menaces spécifiques aux domaines cyber. La division de Guerre électronique de l’Army a aussi été fusionnée l’année dernière au sein du nouveau directorat cyber du Pentagone.

Si le second exercice Cyber Quest vient de démontrer l’ampleur des trous capacitaires dans ces domaines, le principal défi des forces américaines, comme pour ses alliés de l’Otan, ne consiste pas tant à former des opérateurs qu’à fidéliser et à maintenir le niveau d’experts cyber qui seront à même de cartographier les dispositifs numériques adverses sur le terrain et d’en exploiter les vulnérabilités inédites (GPS, smartphones, réseaux Scada…) et ce, sans perturber les opérations des agences de rensei­gnement. Une problématique que l’armée israélienne a en partie résolu en contractualisant des réservistes, intégrés au sein de l’unité 8200 de l’Aman, et déployés ponctuellement au sein de ses commandos.

Articles similaires :