Perte d’influence

«Ces derniers mois, les relations entre délégués des Départements de liaisons internationales des Partis communistes de Pékin et de Pyongyang se sont détériorées comme jamais. Une réunion de “conciliation” aurait dégénéré : les Nord-Coréens seraient montés sur les bureaux en vociférant puis ont tabassé à coups de poing leurs “camarades” chinois, dont une femme chef de délégation.» Ce récit fait à TTU par un spécialiste du renseignement américain donne une idée des difficultés qu’ont les Chinois à jouer de leur influence dans la crise actuelle.

Déjà, il y a trois ans, lorsque Kim Jong-un a fait abattre son oncle Jang Song-thaek, il s’en est suivi une déliquescence dans les rapports des services de renseignement des «pays frères», le Guojia Anquanbu chinois et le Kukka Anjon Bowibu nord-coréen (le patron de ce dernier, Kim Wong-hong, ayant disparu avant de refaire surface, après rééducation, en avril dernier). Puis l’aile «pro-chinoise» de l’état-major de l’Armée du peuple de Corée a été purgée.

Et pour finir, cet été, le grand conseiller chinois pour la Corée du Nord a pris sa retraite. Diplomate exceptionnel pendant trois décennies, éminence grise des présidents chinois sur la question coréenne, Wu Dawei ne s’était plus rendu à Pyongyang depuis un an, alors qu’il avait autrefois l’oreille de la dynastie Kim. Et le diplomate itinérant qui le remplace, Kong Xuanyou, ne s’est pas encore rendu à Pyongyang. Il se trouve actuellement au Pakistan, étudiant notamment la nature des relations de ce pays avec la Corée du Nord dans le domaine balistique et nucléaire.

En octobre 2015, Xi Jinping croyait s’être rabiboché avec Kim en envoyant le dirigeant du PC, Liu Yunshan, à l’anniversaire du Parti des Travailleurs de Corée. Mais Pékin a subi, depuis, de nouveaux camouflets, outre les tests nucléaires et balistiques, à commencer par l’assassinat de son protégé Kim Jong-nam, le demi-frère du «petit général». Et l’influence n’est plus ce qu’elle était.

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