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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Biélorussie: la France en manque d'inspiration |
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29/10/2008 |
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Emblème de la Biélorussie A droite, un BTR-60 PB |
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La Biélorussie n’est apparemment plus une priorité pour la France. Le pays est petit de 206 700 kilomètres carrés pour 9 800 000 habitants. Le poste d’attaché de défense résident y a été supprimé au profit d’un attaché non résident à Moscou. Mais comment suivre les interstices de la vie politico-militaire du dernier « Etat fermé » d’Europe depuis la Russie ? Une plaque commémorative sur les confins de la Berezina montrant que Napoléon est passé par là est-elle suffisante et opportune pour peser dans le pays ? Comment tenter de comprendre la position des Etats baltes et de la Pologne qui continue de percevoir Alexandre Loukachenko, le président biélorusse, comme une menace directe sur leurs intérêts vitaux, aujourd’hui ceux de l’UE et de l’OTAN. La position diplomatique française dans le pays est d’ailleurs résiduelle et son influence faible. Une position surprenante quand on sait que Minsk apparaît comme un maillon de toutes les chaînes du trafic d’armement à grande échelle, de systèmes électroniques au biologique (relations notoires du pouvoir avec Viktor Bout…). Selon la presse espagnole (El Pais…), des contacts entre Hugo Chavez et les autorités de Biélorussie pour une livraison d’armes au marché noir au profit des FARC ont eu lieu (un marché d’environ 300 millions de dollars).
L’industrie d'armement L’industrie de l’armement biélorusse est dynamique, voire florissante. Le procurement local, « Belvnechpromservice » (le petit frère de Rosoboronexport) est dirigée par Nikolaï Tchijik, le directeur général, qui rend compte directement au Président. La Défense appartient au domaine régalien de l’Etat et ne peut pas être délégué aux niveaux inférieurs. Dans le domaine des blindés, le savoir-faire biélorusse peut livrer les matériels suivants : chars T-55AM, T-72B, T-72 M1, des transporteurs de troupes BMP-1 et BMP-2, BTR-60PB et des BTR-70, des blindés de reconnaissance BRDM-2… L’industrie biélorusse sait aussi revaloriser tous les types de blindés avec un savoir-faire exclusif dans les systèmes optroniques et infrarouges. Il en est de même pour l’aéronautique avec des possibilités de formation. Les livraisons aéronautiques concernent des avions Su-17, Su-20, Su-22, Su-25, MiG-29, An-2, Tu-134n Yak-40, Yak-42, Mi-24… Au plan des vecteurs, Minsk peut livrer tous les outils nécessaires à la défense aérienne. Sans oublier la partie munition, du calibre 9 mm au 240 mm. |
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A gauche un Su-25, à droite le char T-72M1 |
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Russie-Biélorussie : l’alliance obligée Outre son industrie dynamique, la relation avec la Russie ne cesse de s’approfondir et il n’y a guère que la presse de caniveau pour croire que Loukachenko souhaite une adhésion à l’UE et à l’OTAN (voir le site russe de la revue Très Secret). On peut toutefois s’interroger sur la portée de la décision de l'UE qui a décidé, lundi 13 octobre, de suspendre pour six mois certaines sanctions prises à l'encontre de son pays. En autorisant désormais le président Loukachenko et 40 autres personnalités biélorusses à voyager en Europe. Si la Biélorussie était européenne, pourquoi signerait-elle avec la Russie le 2 novembre un accord bilatéral sur la création d’un système commun de défense antimissiles lors d’une réunion du Conseil suprême d’Etat de l’Union Russie-Biélorussie ? Les Biélorusses n’ont pas oublié l’histoire, ce jour où ils ont disparu en tant qu’Etat. C’était en 1569 : avec l’union de Lublin et la création de l'Union polono-lituanienne ou Rzecz Pospolita. Cette union perpétuelle entre les deux Etats avec un souverain élu en commun est également appelée République des Deux-Nations. Chaque Etat conserve ses lois, son administration, ses tribunaux, son trésor et son armée, mais la Diète et la politique étrangère sont communes, et les citoyens de chaque Etat ont des droits dans l'autre, tandis que les noblesses polonaise et lituanienne possèdent les mêmes droits. Et un Biélorussie fondue. N’en déplaisent aux conservateurs de l’Histoire, la Biélorussie (Russie Blanche en traduction littérale) n’est qu’une excroissance de la Russie. Une province de Moscou où l’on trouve encore des bustes de Dzejinski surveillant les allers et venus des passants et autres automobiles allemandes. Parce qu’il y a de l’argent en Biélorussie. Des quartiers de nouveaux riches ont poussé comme des champignons aux abords de Minsk, avec des maisons en briquettes rouges considérées comme l’acmé du luxe.
Business avec la France : mission impossible ? Que peut faire la France en Biélorussie ? Certainement beaucoup de choses notamment en exploitant la relation franco-russe construite depuis l’ère Chirac. Des PME françaises et autres sociétés de courtages en produits chimiques cherchent des partenariats dans ce pays. « Je me suis adressé à la mission économique mais on m’a fait comprendre que travailler avec un Etat voyou n’était pas le bienvenu » nous indique une PDG d’un grand groupe de courtage parisien. Reste à savoir si l’après Loukachenko est envisageable, l’autocrate ayant décidé de suivre l’exemple des Présidents à vie. |
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