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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Rafale : un casse-tête pour l’Élysée |
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24/06/2009 |
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Crédits: Dassault |
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En matière d’avions de combat, difficile de savoir à quel saint se vouer. D’un côté, l’hyperactif Président Nicolas Sarkozy sillonne au pas de course les pays du Golfe en cherchant à placer le Rafale contre vents et marées. Et l’optimisme est de rigueur. Ainsi, à en croire la presse internationale, le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis (EAU), cheikh Abdallah ben Zayed Al-Nahyane, aurait fait état de «progrès» dans les négociations sur l'éventuel achat par son pays de l'avion Rafale. Nicolas Sarkozy ayant, par ailleurs, déclaré que les discussions avec le Koweït, pour l'acquisition éventuelle par cet émirat de 14 à 28 avions Rafale, pourraient aboutir avant la fin 2009. D’un autre côté, ni les EAU, ni le Koweït, ni Oman ne voient les choses de façon aussi limpide. Dans le cas des EAU, la diplomatie proactive du Président Sarkozy pousse le processus vers l’avant, mais pas nécessairement dans la bonne direction. En effet, les autorités émiraties ne souhaitent pas de package et entendent négocier tranche par tranche. Disposant déjà de 80 avions F16 Block 60 et de 60 Mirage 2000-9, ils souhaitent pouvoir se mettre d’accord sur la reprise des Mirage (pour quel coût et sur quel budget ?) avec un transfert de leurs armements (Storm Shadow, Mica, voire le Meteor qui pourrait intégrer le Rafale) et un nouveau radar vers les futurs Rafale. Une autre tranche de négociations concernerait la motorisation à propos de laquelle le Président s’est engagé. Mais aucune signature de contrat n’aura lieu sans un compromis sur chaque tranche. Pour le Koweït, la situation est plus contradictoire car, malgré la visite du chef de l’Etat français et quelques articles de presse enthousiastes, les autorités koweïtiennes auraient informé la France qu’elles n’étaient pas décidées à prendre du Rafale. Le Koweït dispose actuellement de 32 F/A-18 Hornet et de 8 F/A-18D ainsi que de 14 Mirage F1. Enfin, à Oman, c’est le casse-tête. Comment expliquer que le Président de la République propose aux autorités d’opter pour le Rafale en remplacement de leur 18 Jaguar (sans compter les Tornado et F16), alors que l’Elysée savait que Mascate penchait en faveur de l’Eurofighter ? L’état-major de la Présidence de la République étant au courant du fait que l’armée de l’air omanaise aurait sélectionné l’avion de combat européen. Un pied-de-nez à l’Eurofighter qui n’avait pas besoin de cela. En effet, selon nos informations, l’avion européen connaît quelques soucis, notamment en matière de logiciel. A Berlin, les autorités évitent le sujet. Dans les semaines qui viennent, les députés allemands doivent donner leur accord pour l’achat de 31 appareils supplémentaires. Après ce vote, qui passe pour être assuré, l’Allemagne aura commandé 143 appareils fermes sur les 180 annoncés. Mais il n’est pas sûr qu’elle commande le reste. Etant donné la crise et l’accroissement des déficits publics, personne ne sait si l’Allemagne aura la volonté et les moyens de se payer les 37 appareils restants, au grand dam de Franz-Josef Jung, le ministre de la Défense. L’Allemagne a prévu de réduire sa flotte de chasse, de plus de 450 avions en 2003, à 270 en 2017 (180 Eurofighter et 90 Tornado). Elle dispose actuellement de 340 avions, dont 53 Eurofighter en service ou en passe de l’être. Dans la Luftwaffe, on regarde encore de loin cette querelle politique et budgétaire. Les escadrons de chasse ont, en effet, bien d’autres problèmes avec… l’Eurofighter, notamment sur les logiciels embarqués, qui ont conduit, à plusieurs reprises, à des pannes d’instruments de navigation en plein vol. Pour ne pas casser ces bijoux de près de 93 millions d’euros, les escadrons déjà équipés confirment donc ne faire voler que des pilotes expérimentés, capables de rentrer seuls à la maison. L’Otan prescrit, en principe, 180 heures de vol par an aux pilotes «agréés». Sur l’Eurofighter, les pilotes allemands en effectuent actuellement entre 80 et 100 par an, le minimum pour recevoir l’autorisation de décoller étant de 70 heures annuelles. |
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