Jacob Nathaniel Elordi, né le 26 juin 1997 à Brisbane, Queensland, s’est imposé en quelques années comme l’une des figures les plus scrutées de sa génération à Hollywood. Aux côtés de Timothée Chalamet, Paul Mescal, Tom Holland et Austin Butler, cet acteur australien incarne une certaine idée du renouveau du cinéma américain : des choix de rôles audacieux, une physicalité imposante et une capacité à naviguer entre blockbusters et films d’auteur sans jamais se cantonner à un seul registre. De ses débuts discrets comme figurant à ses nominations aux Oscars et aux Golden Globes, la trajectoire est vertigineuse. Voici le tour complet de sa filmographie, films et séries TV confondus.
Table of Contents
Ses premières apparitions à l’écran : les débuts d’une carrière prometteuse
De la figuration à un premier rôle
Avant de devenir le visage d’une génération, Jacob Elordi a commencé par ne pas avoir de visage du tout à l’écran. Sa toute première expérience dans un film hollywoodien se résume à de la figuration dans Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar en 2017. Pas de réplique, pas de gros plan. Juste un pied dans la porte.
Ce coup d’essai coïncide avec son déménagement aux États-Unis à dix-neuf ans, après une formation théâtrale à Melbourne. Le choix est radical, presque inconscient. Fils d’un père peintre d’intérieur et d’une mère anciennement employée en cafétéria, Elordi vient d’un milieu ouvrier qui ne prédestinait pas forcément aux tapis rouges. C’est une blessure au dos lors d’un match de rugby au lycée — au Nudgee College à Brisbane, puis au St. Kevin’s College à Melbourne — qui l’a éloigné du sport pour le pousser vers les planches.
Son vrai début de carrière à l’écran, avec un rôle nommé, arrive en 2018 — il décroche le personnage de Rooster dans le film australien Sweet Seventies (titre original Swinging Safari). Un casting qui force le respect : Guy Pearce, Kylie Minogue, Radha Mitchell et Julian McMahon figurent à l’affiche. Pour un premier second rôle, on a vu pire comme milieu de travail.
Le succès populaire avec The Kissing Booth
Tout change en 2018 avec la comédie romantique The Kissing Booth. Il y donne la réplique à Joey King et Joel Courtney, et le film cartonne sur une plateforme de streaming. Du jour au lendemain, Jacob Elordi devient un sex-symbol de la génération Z, inondant les fils d’actualité de millions d’abonnés.
Les suites amplifient encore la popularité. Ce n’est pas le cinéma d’auteur dont il rêve — lui qui cite Marlon Brando, Laurence Olivier, Daniel Day-Lewis et Christian Bale comme modèles — mais c’est l’accélérateur dont sa carrière avait besoin. Une rampe de lancement, pas une destination.
- Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar (2017) — Figuration, film d’aventure
- Sweet Seventies / Swinging Safari (2018) — Rôle de Rooster, comédie dramatique australienne
- The Kissing Booth (2018) — Rôle de Noah Flynn, comédie romantique, plateforme streaming
Jacob Elordi dans les séries TV — de Euphoria à The Narrow Road to the Deep North
Nate Jacobs dans Euphoria, le rôle révélateur
2019 marque un tournant brutal. La série Euphoria, créée par Sam Levinson et co-produite par le rappeur Drake, propulse Jacob Elordi dans une autre dimension. Le rôle de Nate Jacobs — jeune homme violent, addict à la pornographie, manipulateur en chef — est aux antipodes du lycéen romantique de The Kissing Booth. C’est précisément ce qui rend le choix brillant.
La distribution est impressionnante : Zendaya, Hunter Schafer, Eric Dane et Maude Apatow composent un casting générationnel. La série est une adaptation libre de la mini-série israélienne originale créée par Ron Leshem, Daphna Levin et Tmira Yardeni. Dès sa diffusion en 2019, Euphoria s’impose comme un phénomène de société, discutée dans les salles de rédaction autant que dans les cours de lycée.
La performance d’Elordi lui vaut une nomination aux AACTA Awards, les équivalents australiens des Oscars. Une première reconnaissance institutionnelle pour un rôle qui, clairement, ne laisse personne indifférent.
Les saisons 2 et 3 d’Euphoria
La série est renouvelée, et Elordi n’abandonne pas Nate Jacobs. La troisième saison, diffusée en 2026 et toujours pilotée par Sam Levinson, accueille deux nouvelles têtes d’affiche de taille — Sharon Stone et la chanteuse Rosalia. Le casting monte encore d’un cran.
Cette troisième saison revêt une dimension particulière et émouvante. Eric Dane, qui incarnait le père de Nate Jacobs depuis le début, est décédé entre les deux dernières saisons. Il s’agit donc de la dernière collaboration à l’écran entre les deux acteurs, ce qui confère à ces scènes un poids émotionnel supplémentaire, indépendant du scénario.
The Narrow Road to the Deep North, une mini-série de guerre remarquée
Moins grand public mais tout aussi marquante, la mini-série de guerre The Narrow Road to the Deep North lui offre en 2026 l’une de ses deux premières nominations aux Golden Globes. Ce type de projet — ambitieux, littéraire, exigeant — correspond précisément à la direction qu’Elordi souhaite donner à sa carrière télévisuelle. Une reconnaissance qui compte autant que n’importe quel chiffre de box-office.
- Euphoria (2019–2026) — Rôle de Nate Jacobs, drame, trois saisons, HBO
- The Narrow Road to the Deep North (2026) — Mini-série de guerre, nomination aux Golden Globes
Ses films marquants au cinéma : une filmographie éclectique
2 Hearts et Eaux profondes, des rôles contrastés
En 2020, le drame 2 Hearts réalisé par Lance Hool lui offre un registre plus émotionnel. Le film réunit Tiera Skovbye, Adan Canto et Radha Mitchell et s’inspire de l’histoire vraie de Leslie et Jorge Bacardi, de la célèbre famille fondatrice de la société de rhum éponyme. Une belle histoire de générosité et de sacrifice qui sort en France début 2021.
Dans un registre radicalement distinct, le thriller psychologique Eaux profondes le place aux côtés de Ana de Armas et Ben Affleck. Réalisé par Adrian Lyne, ce film adapte le roman éponyme publié en 1957 par Patricia Highsmith. La sortie américaine, d’abord fixée au 13 novembre 2020, est repoussée au 13 août 2021 à cause de la pandémie de Covid-19 et des fermetures de salles. Le résultat déçoit — le film est qualifié d’échec aussi bien par la critique que commercialement.
The Sweet East et Oh Canada, des projets d’auteur
2024 confirme son appétit pour les projets singuliers. The Sweet East, réalisé par Sean Price Williams, lui offre un rôle dans un drame indépendant à l’atmosphère très particulière. Mais c’est Oh Canada de Paul Schrader qui attire surtout l’attention des cinéphiles — Elordi y incarne une version jeune du personnage de Richard Gere, dans un film sélectionné pour le 77e Festival de Cannes, présidé cette année-là par Greta Gerwig. Jouer le double d’une icône du cinéma américain tout en s’affirmant à Cannes : difficile de mieux signaler ses ambitions.
- 2 Hearts (2020) — Drame, réalisé par Lance Hool
- Eaux profondes (2021) — Thriller psychologique, réalisé par Adrian Lyne, avec Ana de Armas et Ben Affleck
- The Sweet East (2024) — Drame, réalisé par Sean Price Williams
- Oh Canada (2024) — Drame, réalisé par Paul Schrader, sélectionné au 77e Festival de Cannes
Priscilla et Saltburn : les rôles qui ont changé sa carrière
Priscilla, ou l’art d’incarner Elvis Presley
Incarner Elvis Presley, c’est s’attaquer à une icône déjà plusieurs fois portée à l’écran. Dans Priscilla, la réalisatrice Sofia Coppola fait le choix inhabituel de raconter l’histoire du point de vue de l’ex-épouse du chanteur, interprétée par Cailee Spaeny. Bilan : Presley est ici un personnage ambigu, loin de la légende dorée.
Pour ce rôle, Jacob Elordi prend dix kilos et mange une livre de bacon par jour. Ce n’est pas un régime qu’on recommanderait à quiconque, mais le résultat physique est saisissant. Sélectionné à la Mostra de Venise 2024, le film reçoit des critiques mitigées, certains estimant que la mise en scène manque d’élan. Reste que la transformation d’Elordi est unanimement saluée.
Saltburn, la consécration critique
La même année 2023, Saltburn fracasse tout. Écrit et réalisé par Emerald Fennell, ce thriller psychologique virulent radiographie le milieu bourgeois anglais des années 2000 avec une noirceur assumée. Jacob Elordi y incarne Felix, un aristocrate magnétique et inaccessible, aux côtés de Barry Keoghan, Rosamund Pike et Carey Mulligan.
Disponible sur Amazon Prime, le film déclenche immédiatement la polémique pour certaines scènes érotiques explicites. Les avis sont tranchés — certains crient au chef-d’œuvre, d’autres à la provocation gratuite — mais tout le monde en parle. C’est précisément ce genre de film clivant qui marque une carrière. Sa performance lui vaut sa première nomination aux BAFTA dans la catégorie meilleur acteur dans un second rôle en 2024. Un premier jalon institutionnel majeur.
Frankenstein et Les Hauts de Hurlevents : les grands rôles de 2025 et 2026
Monstre et icône dans Frankenstein de Guillermo del Toro
Confier le monstre de Frankenstein à un acteur connu pour ses traits parfaits, c’est un pari. Guillermo del Toro le fait en 2025, et le résultat dépasse les attentes. Jacob Elordi disparaît sous le personnage avec une intensité qui lui vaut une avalanche de reconnaissances.
Le bilan est impressionnant :
- Le Critics’ Choice Movie Award du meilleur acteur dans un second rôle en 2026
- Le Prix Virtuose du Festival international du film de Santa Barbara 2025
- Une nomination aux Gotham Independent Film Awards 2025
- Sa première nomination à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2026
- Une nomination aux Golden Globes 2026
Cinq reconnaissances majeures pour un seul film. Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas y voir une confirmation d’un talent qui attendait le bon réalisateur pour exploser.
Heathcliff dans Les Hauts de Hurlevents avec Emerald Fennell
En février 2026, Jacob Elordi retrouve Emerald Fennell pour une adaptation des Hauts de Hurlevents d’après le roman d’Emily Brontë. Il incarne Heathcliff aux côtés de Margot Robbie. La rencontre entre le personnage le plus romantiquement torturé de la littérature anglaise et l’acteur australien avait tout pour séduire.
Les réactions à la sortie sont contrastées. Une partie notable des spectateurs et des critiques reproche au film de s’éloigner sensiblement du roman, tandis que la dimension érotique du long-métrage divise elle aussi. Pourtant, le public vote avec son portefeuille : 82 millions de dollars de recettes mondiales le premier week-end d’ouverture, et le passage des 100 millions de dollars au box-office le 26 février 2026. Premier succès commercial en salles à cette échelle dans la carrière d’Elordi. La démonstration que le cinéma d’auteur et les grandes audiences ne sont pas nécessairement incompatibles.
Les films à venir : les projets qui s’annoncent
The Dog Stars avec Ridley Scott
Jacob Elordi rejoint le film The Dog Stars de Ridley Scott en remplacement de Paul Mescal. Il y donne la réplique à Margaret Qualley. Travailler avec Ridley Scott, c’est entrer dans une histoire du cinéma qui s’écrit depuis Alien et Blade Runner. Pour un acteur en ascension, c’est une validation supplémentaire de sa légitimité au plus haut niveau.
Outer Dark avec László Nemes
Adapté du roman éponyme de Cormac McCarthy, l’un des écrivains américains les plus exigeants de la fin du XXe siècle, Outer Dark est réalisé par le cinéaste hongrois László Nemes, révélé par Le Fils de Saul (Palme d’Or à Cannes en 2015). Elordi partage l’affiche avec Lily-Rose Depp. Un projet artistiquement ambitieux qui confirme qu’il ne cherche pas à jouer la sécurité dans ses choix.
Candidat au rôle de James Bond
Dès juillet 2025, la presse britannique et américaine place Jacob Elordi parmi les favoris pour endosser le costume de l’agent 007. En janvier 2026, il figure officiellement parmi les candidats finalistes aux côtés de Callum Turner pour le 26e opus de la franchise, que Denis Villeneuve doit mettre en scène. L’idée d’un Bond australien réalisé par le cinéaste de Dune — voilà de quoi alimenter les discussions pour un bon moment.
Les films à ne pas manquer dans sa filmographie : notre sélection
Pour les amateurs de séries et de drames ados
Euphoria reste le point de départ obligatoire. Le rôle de Nate Jacobs est une démonstration de force pure : un personnage abominable, d’une complexité réelle, porté avec une conviction qui rend la série difficile à lâcher. La série Euphoria a redéfini ce que peut être un drame adolescent à la télévision américaine depuis 2019.
The Kissing Booth occupe une place à part dans sa filmographie. C’est la comédie romantique qui a tout déclenché, et qui reste un plaisir coupable assumé pour des millions de spectateurs. Le contraste de registre avec Euphoria est saisissant et illustre parfaitement la polyvalence d’Elordi dès ses débuts.
Pour les amateurs de cinéma d’auteur
Saltburn d’Emerald Fennell est essentielle pour quiconque cherche un film qui dérange et questionne. La critique sociale y est acérée, la mise en scène soignée, et le jeu d’Elordi dans la peau de Felix est d’une précision froide qui colle longtemps après le générique de fin.
Priscilla de la réalisatrice Sofia Coppola mérite l’attention pour la transformation physique et émotionnelle qu’elle exige. Incarner Elvis Presley sans tomber dans l’imitation est un exercice d’équilibriste réussi. Oh Canada de Paul Schrader et Les Indomptés de Daniel Minahan complètent idéalement ce parcours dans le drame intimiste. Ce dernier, présenté au Festival international de Toronto avec Diego Calva, Daisy Edgar-Jones et Will Poulter — dont vous pouvez d’ailleurs découvrir la filmographie complète dans notre dossier sur les films et séries TV avec Will Poulter — a été bien accueilli par la critique.
Pour les amateurs de cinéma de genre
Frankenstein de Guillermo del Toro est le choix évident pour les amateurs de genre qui ne veulent pas sacrifier la profondeur. La performance y est récompensée notamment par le Critics’ Choice Movie Award du meilleur acteur dans un second rôle en 2026. Et Les Hauts de Hurlevents, malgré les polémiques, garantit une expérience visuelle marquante dans le genre du drame romantique, portée par une chimie indéniable entre Elordi et Margot Robbie.
Les distinctions et reconnaissances qui jalonnent sa carrière
Les premières nominations et récompenses
La première reconnaissance institutionnelle d’Elordi arrive avec sa nomination aux AACTA Awards pour son interprétation de Nate Jacobs dans Euphoria. Ces prix australiens, équivalents locaux des Oscars, signalent que son pays natal lui accorde une crédibilité que le succès populaire de The Kissing Booth n’avait pas suffi à établir.
Sa nomination aux BAFTA dans la catégorie supérieur acteur dans un second rôle pour Saltburn en 2024 marque un cap différent. Les BAFTA, c’est l’industrie britannique qui valide. Le Prix Virtuose décerné par le Festival de Santa Barbara 2025 et la nomination aux Gotham Independent Film Awards 2025 pour Frankenstein complètent un tableau de distinctions qui couvre désormais les deux côtés de l’Atlantique.
La consécration internationale en 2026
2026 est clairement l’année de la confirmation totale. Deux nominations aux Golden Globes simultanément — l’une pour The Narrow Road to the Deep North, l’autre pour Frankenstein — constituent un signal fort envoyé par Hollywood. Peu d’acteurs de sa génération peuvent se targuer d’une double présence dans cette catégorie la même année.
Le Critics’ Choice Movie Award du meilleur acteur dans un second rôle pour Frankenstein et sa première nomination à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2026 achèvent de dessiner le portrait d’un acteur qui n’est plus seulement prometteur — il tient ses promesses.
Sa participation au jury du Festival International du Film de Marrakech en novembre 2024, présidé par Luca Guadagnino, aux côtés d’Andrew Garfield, Patricia Arquette, Virginie Efira, Santiago Mitre, Zoya Akhtar, Ali Abbasi et Nadia Kounda, illustre une reconnaissance qui dépasse les seules performances d’acteur. On ne convie pas n’importe qui dans ce type de jury. C’est la preuve qu’Elordi est désormais considéré comme une voix dans l’industrie, pas seulement un visage.
Ce que la carrière de Jacob Elordi dit du cinéma de demain
Regarder la filmographie de Jacob Elordi, c’est observer en temps réel comment un acteur peut refuser d’être enfermé dans un type de rôle. Après The Kissing Booth, la facilité aurait été de multiplier les comédies romantiques. Il a choisi Euphoria. Après Euphoria, on attendait d’autres séries. Il a choisi Sofia Coppola et Emerald Fennell.
Cette logique de rupture permanente — prendre le contre-pied de ce que le public anticipe — ressemble moins à une stratégie calculée qu’à un instinct profond. Ses inspirations déclarées, Marlon Brando en tête, sont précisément des acteurs qui ont construit des carrières sur l’imprévisibilité et l’engagement total dans chaque personnage.
La question qui mérite d’être posée aujourd’hui est celle-ci : si Elordi obtient le rôle de James Bond avec Denis Villeneuve, quelle version du personnage proposera-t-il ? Un 007 conforme aux attentes du public traditionnel de la franchise, ou quelque chose de radicalement différent, dans la lignée de ses choix passés ? Répondre à cette question, c’est peut-être comprendre où en est vraiment Jacob Elordi — et ce que le cinéma hollywoodien est prêt à accepter de sa part.
Hary, futur quarantenaire en pleine forme. Sportif et un peu geek dans l’âme, le magazine TTU est mon espace d’expression dédié aux hommes.





