Au menu du jour : les fautes de français ! Quel sujet épineux mais passionnant. Quand j’étais plus jeune, je me croyais incollable en orthographe. Et puis un jour, lors d’une présentation devant toute l’équipe, j’ai écrit sur le diaporama « les bénéfices que nous avons apportés à notre clientèle » sans faire l’accord du participe passé. Mon supérieur n’a rien dit sur le moment, mais m’a glissé discrètement une note après la réunion. La honte ! Depuis, je me méfie de ma trop grande confiance dans la maîtrise de la langue française. Plongeons ensemble dans les erreurs qui piègent même les plus vigilants d’entre nous.
Table of Contents
Les confusions entre homonymes : le piège des mots qui se ressemblent
À/a et ou/où : les fondamentaux
Les homonymes constituent un véritable champ de mines pour les utilisateurs de la langue française. Je me souviens encore de cette fois où j’ai envoyé un mail important contenant trois fois la même erreur entre « a » et « à ». Pour éviter cette confusion, utilisez une astuce simple : remplacez le mot par « avait ». Si la phrase garde son sens, utilisez « a » (verbe avoir). Dans le cas contraire, optez pour « à » (préposition).
Pour la paire « ou/où », la distinction s’avère tout aussi cruciale. Le « ou » sans accent exprime une alternative (équivalent à « ou bien »), tandis que « où » avec accent indique un lieu ou un moment. Vous voulez savoir si vous devez mettre un accent ? Demandez-vous si vous pourriez remplacer le mot par « à quel endroit » ou « à quel moment ».
| Homonyme | Usage correct | Exemple |
|---|---|---|
| à | Préposition | Je vais à Paris. |
| a | Verbe avoir (3e pers.) | Il a raison. |
| ou | Conjonction (alternative) | Thé ou café ? |
| où | Adverbe de lieu/temps | Le pays où je suis né. |
Ce/se, leur/leurs et quand/quant
Ces trois paires d’homonymes me donnent régulièrement du fil à retordre lors de la rédaction. Pour distinguer « ce » et « se », rappelez-vous que « ce » est démonstratif (il montre quelque chose), tandis que « se » appartient aux verbes pronominaux. La confusion entre leur et leurs apparaît fréquemment dans mes écrits jusqu’à ce que j’adopte cette règle : « leur » reste invariable comme pronom (remplaçable par « lui »), mais s’accorde comme adjectif possessif.
Quant à « quand » et « quant », la différence est simple : « quand » indique un moment (98% des cas), alors que « quant » signifie « en ce qui concerne » et s’accompagne toujours de « à ». Je trouve cette distinction particulièrement utile dans la rédaction de textes professionnels.
L’accord du participe passé : les règles essentielles
Avec les auxiliaires avoir et être
L’accord du participe passé représente l’une des principales difficultés de la grammaire française. Avec l’auxiliaire avoir, le participe passé s’accorde uniquement avec le complément d’objet direct (COD) placé avant le verbe. Cette règle, simple en apparence, piège souvent même les bons connaisseurs de la langue.
- Sans accord : « J’ai mangé des fraises » (COD après le verbe)
- Avec accord : « Les fraises que j’ai mangées » (COD avant le verbe)
Avec l’auxiliaire être, la règle devient plus simple : le participe passé s’accorde systématiquement avec le sujet. Par exemple : « Elle est partie tôt » ou « Ils sont venus me voir ». Cette règle ne souffre pratiquement d’aucune exception, ce qui la rend plus facile à appliquer concrètement.
Les verbes pronominaux et cas particuliers
Les verbes pronominaux constituent un cas particulier qui me donne souvent du fil à retordre. L’accord dépend de la fonction du pronom réfléchi : est-il COD ou COI ? Si le pronom est COD, le participe passé s’accorde avec le sujet. Si le pronom est COI, le participe suit la règle de l’auxiliaire avoir.
- « Elles se sont lavées » (se = COD, accord avec le sujet)
- « Elles se sont parlé » (se = COI, pas d’accord)
D’autres cas particuliers existent, comme les verbes impersonnels ou l’accord avec le sujet réel dans certaines tournures. Ces subtilités demandent une attention constante même pour les locuteurs expérimentés de la langue française.
La confusion -é/-er : une erreur très fréquente
Cette confusion représente probablement l’erreur que je repère le plus souvent dans les emails professionnels. La différence semble pourtant simple : l’infinitif (-er) correspond à l’action non réalisée, tandis que le participe passé (-é) exprime une action accomplie. Pour distinguer les deux formes, j’utilise systématiquement la méthode de substitution par un verbe du troisième groupe comme « prendre » ou « vendre ».
- Si vous pouvez remplacer par « prendre », utilisez l’infinitif (-er) : « Je vais manger » → « Je vais prendre »
- Si vous pouvez remplacer par « pris » ou « vendu », utilisez le participe passé (-é) : « J’ai mangé » → « J’ai pris »
Cette technique fonctionne dans pratiquement tous les contextes et m’évite bien des erreurs embarrassantes. Je la conseille particulièrement pour les formulations comme « les dossiers à traiter » ou « veuillez trouver ci-joint ». Pendant mes années en entreprise, j’ai souvent relevé ces fautes dans les communications internes, même venant de collègues diplômés.
Les erreurs de conjugaison courantes
Futur ou conditionnel : le « s » qui change tout
La différence entre futur simple et conditionnel présent se joue parfois à une lettre près, ce qui explique la fréquence des confusions. Au futur simple, la première personne s’écrit « je ferai » (sans « s »), tandis qu’au conditionnel présent, on écrit « je ferais » (avec « s »). Pour lever le doute, conjuguez le verbe à la première personne du pluriel : « nous ferons » (futur) contre « nous ferions » (conditionnel).
Cette confusion apparaît régulièrement dans mes textes, surtout lorsque j’écris rapidement. Lors d’une partie de jeu vidéo avec des amis, je me souviens avoir écrit sur le chat « Je vous rejoindrez plus tard » au lieu de « rejoindrai ». La moquerie fut immédiate !
Les verbes irréguliers problématiques
Certains verbes irréguliers constituent de véritables pièges dans la maîtrise de la langue française. On entend souvent « ils croivent » au lieu de « ils croient », ou encore « nous résolverons » plutôt que « nous résoudrons ». Le verbe « bouillir » pose également problème avec des formes erronées comme « ils bouent » au lieu de « ils bouillent ».
| Forme incorrecte | Forme correcte | Verbe |
|---|---|---|
| Ils croivent | Ils croient | Croire |
| Nous résolverons | Nous résoudrons | Résoudre |
| Ils bouent | Ils bouillent | Bouillir |
Les erreurs avec les prépositions
Les prépositions constituent une source inépuisable de fautes de français. Un cas emblématique : le verbe « pallier » se construit sans la préposition « à ». On dit donc « pallier ce problème » et non « pallier à ce problème ». Cette erreur, je l’entends quotidiennement, même chez des personnes cultivées.
Une autre confusion fréquente concerne l’expression « après que ». Elle doit être suivie de l’indicatif et non du subjonctif. On dira donc « après qu’il est venu » et non « après qu’il soit venu ». Le subjonctif exprime une hypothèse, tandis que « après que » fait référence à un fait accompli.
- « Prêt à » (disposé à faire quelque chose) vs « près de » (à proximité de)
- « Aller à » (une ville) vs « aller sur » (incorrect pour une ville)
- « Chez le coiffeur » (correct) vs « au coiffeur » (incorrect)
J’ai longtemps dit « Je vais au coiffeur » avant d’apprendre la formulation correcte. Ces nuances peuvent paraître insignifiantes, mais elles distinguent un français approximatif d’un français maîtrisé.
Les expressions courantes mais fausses
Certaines expressions incorrectes se sont tellement ancrées dans le langage courant qu’elles passent souvent inaperçues. « Au jour d’aujourd’hui » constitue un pléonasme évident puisque « aujourd’hui » signifie déjà « au jour d’hui ». J’utilise souvent cette expression lors de présentations orales, puis me reprends immédiatement en souriant.
De même, on entend fréquemment « autant pour moi » alors que l’expression correcte est « au temps pour moi ». Cette formule, d’origine militaire, sert à reconnaître une erreur. Une autre confusion courante : « je vous serais gré » au lieu de « je vous saurais gré » (du verbe savoir et non être).
- « Monter en haut » et « descendre en bas » (pléonasmes)
- « Prévoir à l’avance » (la prévision implique déjà l’avance)
- « Voire même » (voire signifie déjà « et même »)
- « Reporter ultérieurement » (reporter implique déjà le report à plus tard)
Ces expressions redondantes parsèment mon langage quotidien, et je dois faire un effort conscient pour les éviter, particulièrement dans un contexte professionnel où la précision linguistique compte.
Les anglicismes évitables
L’influence de l’anglais sur la langue française s’accroît, surtout dans le monde professionnel et technologique que je fréquente. Des termes comme « impacter » remplacent injustement « affecter » ou « avoir des conséquences sur ». L’expression « être en charge de » se substitue à « avoir la charge de », tandis que le verbe « checker » supplante « vérifier ».
Dans mon domaine, j’entends constamment des anglicismes qui possèdent pourtant des équivalents français parfaitement adaptés. Ces emprunts inutiles appauvrissent notre vocabulaire alors que le français offre une richesse lexicale remarquable.
- « Feedback » → « retour d’expérience »
- « Customiser » → « personnaliser »
- « Booster » → « dynamiser » ou « relancer »
- « Click and collect » → « retrait en magasin »
Si certains anglicismes semblent incontournables dans les domaines techniques, beaucoup d’autres peuvent être avantageusement remplacés par leurs équivalents français, souvent plus précis et élégants.
Les accords spécifiques qui posent problème
Les adjectifs de couleur
L’accord des adjectifs de couleur suit des règles particulières qui déstabilisent même les locuteurs expérimentés. Les adjectifs de couleur simples s’accordent normalement : « des yeux verts ». En revanche, les adjectifs issus de noms comme les fruits, fleurs ou pierres restent invariables : « des yeux marron », « des chaussettes orange ».
Les adjectifs de couleur composés ne s’accordent jamais : « des yeux bleu clair ». Certaines couleurs constituent d’un autre côté des exceptions qui s’accordent toujours : mauve, rose, fauve, pourpre et écarlate. Ces subtilités m’ont valu bien des hésitations lors de la rédaction de descriptions pour mon blog sportif.
Les nombres et le mot « tout »
L’accord des nombres suit également des règles spécifiques. « Vingt » et « cent » prennent un « s » uniquement lorsqu’ils sont multipliés et non suivis d’un autre nombre. On écrit donc « quatre-vingts personnes » mais « quatre-vingt-deux personnes ». Pour bien écrire les chiffres, il faut aussi savoir que « mille » reste invariable, quelle que soit la situation.
Le mot « tout » pose également des difficultés d’accord. En tant qu’adverbe, il reste généralement invariable, sauf devant un adjectif féminin commençant par une consonne : « Elle était tout excitée » mais « Elles étaient toutes contentes ». Cette règle m’a longtemps semblé arbitraire avant que je comprenne sa logique phonétique.
Les verbes de déplacement : amener/emmener vs apporter/emporter
La distinction entre ces groupes de verbes repose sur une logique simple mais souvent ignorée. Les verbes « amener » et « emmener » s’appliquent exclusivement aux êtres animés (personnes, animaux), tandis que « apporter » et « emporter » concernent les objets inanimés.
Au-delà de cette première distinction, la nuance entre les préfixes « a- » et « em-« apporte une précision supplémentaire. Les verbes commençant par « a- » (amener, apporter) indiquent un mouvement vers soi ou le lieu où l’on se trouve. À l’inverse, ceux commençant par « em- » (emmener, emporter) expriment un mouvement à partir de soi ou du lieu où l’on se trouve.
| Verbe | Usage | Exemple |
|---|---|---|
| Amener | Êtres animés – vers soi | J’amène mon ami à la soirée. |
| Emmener | Êtres animés – depuis soi | J’emmène mon fils au parc. |
| Apporter | Objets – vers soi | Apporte-moi ce livre. |
| Emporter | Objets – depuis soi | J’emporte mon déjeuner au travail. |
La ponctuation et la typographie correctes
La ponctuation et la typographie constituent des aspects souvent négligés de la langue française. Les règles d’espacement varient selon les signes : un seul espace après les signes simples (virgule, point), mais un espace avant et après les signes doubles (point-virgule, deux-points, point d’interrogation).
L’usage des majuscules suit également des conventions précises. Les noms de nationalités prennent une majuscule lorsqu’ils désignent des personnes (nom propre) : « Elle est Américaine ». En revanche, les adjectifs de nationalité s’écrivent avec une minuscule : « un fromage français ». Contrairement à une idée répandue, les accents sur les majuscules sont obligatoires en français : on écrit RÉVEIL et non REVEIL.
- L’abréviation « etc. » s’écrit avec un seul point, jamais suivie de points de suspension
- Les espaces autour des signes de ponctuation respectent des règles précises
- Les majuscules doivent porter leurs accents en français
- Les nationalités prennent une majuscule comme noms, mais pas comme adjectifs
Les barbarismes à éviter absolument
Les barbarismes, ces mots déformés ou mal orthographiés, trahissent souvent une connaissance approximative de la langue française. J’entends régulièrement « aréoport » au lieu d' »aéroport », ou « disgression » à la place de « digression ». Ces erreurs proviennent généralement d’une confusion phonétique ou d’une méconnaissance de l’étymologie des termes.
D’autres barbarismes courants incluent « entrepreunariat » (au lieu d' »entrepreneuriat ») ou « pécunier » (au lieu de « pécuniaire »). Ces approximations nuisent gravement à la crédibilité du locuteur, surtout dans un contexte professionnel où la maîtrise de la langue constitue un marqueur social important.
- « Aréoport » → « aéroport »
- « Disgression » → « digression »
- « Entrepreunariat » → « entrepreneuriat »
- « Entendable » → « audible » (entendable n’existe pas en français standard)
Ces erreurs me rappellent l’importance d’une lecture régulière. Plus nous nous exposons à un français correctement écrit, plus notre orthographe s’améliore naturellement. Les barbarismes diminuent proportionnellement à notre familiarité avec les formes correctes des mots.
Alors, la prochaine fois que vous hésiterez sur une règle de grammaire ou l’orthographe d’un mot, n’hésitez pas à vérifier. La langue française, avec toutes ses subtilités, mérite cette petite attention. Et vous pourrez ainsi éviter ces situations gênantes où une faute d’orthographe éclipse complètement le message que vous souhaitiez transmettre. C’est une leçon que j’ai apprise à mes dépens, mais qui m’a rendu plus vigilant et, finalement, plus à l’aise avec cette belle langue qu’est le français.
Hary, futur quarantenaire en pleine forme. Sportif et un peu geek dans l’âme, le magazine TTU est mon espace d’expression dédié aux hommes.




