Films et séries avec Claire Danes

Femme en robe bordeaux sur scène de cinéma vintage

Née le 12 avril 1979 à New York, Claire Danes fait partie de ces actrices capables de porter une série télévisée sur leurs épaules autant qu’un long métrage exigeant. Sa filmographie couvre plus de trois décennies, des premières séries dramatiques de sa jeunesse aux productions câblées qui ont marqué les années 2010. Du rôle de Juliette Capulet face à Leonardo DiCaprio à celui de l’agent de la CIA Carrie Mathison dans Homeland, elle n’a jamais joué dans la même cour deux fois. Ce panorama complet de ses films et séries TV vous donnera envie de (re)plonger dans une carrière aussi dense que cohérente.

Les débuts de Claire Danes sur grand écran et petit écran

Ses premières apparitions à la télévision

Tout commence très tôt. Claire Danes n’a que 11 ans lorsqu’elle entame sa carrière télévisée, preuve d’une précocité que peu d’acteurs peuvent revendiquer. Avant même d’avoir mis les pieds sur un plateau de cinéma, elle s’impose sur le réduit écran avec une aisance déconcertante pour son âge. Sa formation est sérieuse : elle fréquente la Dalton School à New York, le New York City Lab École des Hautes Études, le Performing Arts School, puis le lycée français de Los Angeles en Californie. Parmi ses camarades de classe figure une certaine Morena Baccarin, qui deviendra elle aussi actrice.

C’est la série Angela, 15 ans qui la révèle au public américain. Elle y décroche le rôle principal, donnant la réplique à Jared Leto dans ce portrait d’adolescence qui tranche avec les productions télévisées lisses de l’époque. Le résultat est immédiat : en 1995, elle remporte le Golden Globe de la meilleure actrice dans une série télévisée dramatique. Dans la foulée, une nomination aux Emmy Awards vient confirmer que ce succès n’est pas un accident. À 15 ans à peine, Claire Danes est déjà une actrice à suivre.

Ce qui frappe dans cette performance, c’est la densité émotionnelle qu’elle parvient à injecter dans un personnage qui aurait pu rester anecdotique. Angela Chase devient une référence pour toute une génération. La série ne dure qu’une saison, annulée malgré son succès critique — une décision qui frustre encore aujourd’hui les fans de la première heure. Mais pour Claire Danes, ce coup d’arrêt brutal se transforme en tremplin vers le cinéma.

Ses premiers pas au cinéma

Dès 1994, elle fait ses débuts sur grand écran dans Les Quatre Filles du docteur March, adaptation du roman de Louisa May Alcott réalisée par Gillian Armstrong. Elle y interprète Beth March, la sœur mélancolique et musicienne, aux côtés d’un casting impeccable : Susan Sarandon, Winona Ryder, Kirsten Dunst, Christian Bale et Gabriel Byrne. Sa complicité avec Winona Ryder dépasse le cadre du tournage — les deux actrices se lient d’amitié et se retrouvent dès 1995 dans Le Patchwork de la vie, réalisé par Jocelyn Moorhouse.

L’année 1996 est particulièrement chargée pour la jeune actrice. Elle enchaîne deux projets — Par amour pour Gillian, où elle partage l’affiche avec Michelle Pfeiffer, Peter Gallagher et Freddie Prinze Jr., puis I Love you, I love you not, production intimiste portée par un casting éclectique réunissant Jude Law, Jeanne Moreau et James Van Der Beek. Ces deux films montrent une actrice qui cherche, expérimente, refuse de se cantonner à un seul registre.

Ce qu’il faut retenir de ces premières années, c’est la cohérence du parcours. Claire Danes ne choisit pas ses rôles au hasard : elle s’entoure d’acteurs et de réalisateurs qui la poussent vers le haut. Ses personnages sont souvent des jeunes femmes en quête d’identité, confrontées à des choix difficiles. Une thématique qui, paradoxalement, va continuer de traverser toute sa carrière bien au-delà de l’adolescence.

  • Angela, 15 ans (1994-1995) — Rôle d’Angela Chase, série dramatique, 1 saison
  • Les Quatre Filles du docteur March (1994) — Rôle de Beth March, avec Susan Sarandon et Winona Ryder
  • Le Patchwork de la vie (1995) — Avec Winona Ryder, réalisation de Jocelyn Moorhouse
  • Par amour pour Gillian (1996) — Avec Michelle Pfeiffer et Peter Gallagher
  • I Love you, I love you not (1996) — Avec Jude Law, Jeanne Moreau et James Van Der Beek

Un détail peu connu : c’est Oliver Stone, cinéaste avec lequel elle travaillera plus tard, qui rédige sa lettre de recommandation pour intégrer l’université Yale en 1998. Elle y étudie la psychologie pendant deux ans avant de quitter pour se consacrer pleinement à sa carrière. Un choix difficile, mais un choix assumé.

Claire Danes dans les films qui l’ont rendue célèbre

Le tournant Roméo + Juliette

1996 reste gravée dans la mémoire collective comme l’année de Roméo + Juliette de Baz Luhrmann. Claire Danes y incarne Juliette Capulet avec une intensité qui laisse sans voix. Face à elle, Leonardo DiCaprio en Roméo. La mise en scène baroque de Luhrmann, les costumes extravagants, la bande-son électrisante — tout concourt à faire de ce film une œuvre de rupture. Mais c’est la fragilité lumineuse de Claire Danes qui reste en mémoire longtemps après le générique.

Le succès est mondial et immédiat. Elle remporte le MTV Movie Award de la supérieure actrice et le prix de l’actrice de l’année au London Film Critics. À 17 ans, la voilà propulsée au rang de star internationale. Ce rôle de Juliette Capulet lui colle à la peau de manière positive — il lui ouvre des portes que peu d’actrices de sa génération ont su franchir aussi tôt.

Ce qui est passionnant dans cette performance, c’est qu’elle ne cherche pas à être belle ou tragique de façon conventionnelle. Son Juliette est nerveuse, vivante, presque contemporaine malgré le contexte shakespearien revisité. Elle prouve qu’une actrice peut être à la fois populaire et crédible sur le plan artistique — ce n’était pas gagné d’avance dans le Hollywood des années 1990.

Les collaborations avec de grands réalisateurs

Après Roméo + Juliette, les grands noms du cinéma se l’arrachent. Francis Ford Coppola la dirige dans L’Idéaliste, aux côtés de Matt Damon et Jon Voight. Oliver Stone l’engage pour U-Turn, thriller sombre avec Sean Penn et Jennifer Lopez. Deux collaborations avec deux monstres sacrés du cinéma américain, en l’espace de quelques mois seulement.

Puis vient Les Misérables de Bille August, où elle prête ses traits à Cosette. Liam Neeson, Geoffrey Rush et Uma Thurman complètent ce casting de prestige. L’adaptation du roman de Victor Hugo est ambitieuse, et le rôle de Cosette, souvent perçu comme secondaire, prend une autre dimension grâce à son interprétation.

En 1997, elle prête sa voix au personnage de San dans Princesse Mononoké, le chef-d’œuvre du studio Ghibli de Hayao Miyazaki. Une participation vocale pour la version américaine du film, certes, mais qui témoigne de son rayonnement international à cette époque. Rares sont les actrices hollywoodiennes sollicitées pour ce type de projet.

  • Roméo + Juliette (1996) — Juliette Capulet, réalisation de Baz Luhrmann, avec Leonardo DiCaprio
  • L’Idéaliste (1997) — Réalisation de Francis Ford Coppola, avec Matt Damon et Jon Voight
  • U-Turn (1997) — Réalisation d’Oliver Stone, avec Sean Penn et Jennifer Lopez
  • Les Misérables (1998) — Cosette, réalisation de Bille August, avec Liam Neeson, Geoffrey Rush et Uma Thurman
  • Princesse Mononoké (1997) — Voix de San dans la version américaine

Sa filmographie des années 2000 au cinéma

Les rôles marquants du début des années 2000

Le passage aux années 2000 signe une nouvelle phase. Claire Danes prend des risques, accepte des projets moins évidents commercialement. Bangkok, aller simple aux côtés de Kate Beckinsale lui vaut un incident diplomatique retentissant : ses déclarations sur Manille — « Manille sentait les cafards, il y avait des rats partout, il n’y avait pas de système d’égouts et les gens n’avaient rien : ni bras, ni jambes, ni yeux » — déclenchent une crise. En 1998, les autorités philippines la déclarent persona non grata, lui interdisent l’entrée à Manille et aux Philippines, et bannissent ses films du territoire. Ses excuses ne lèvent pas l’interdiction. Un épisode douloureux qui entame temporairement son image.

Elle rebondit avec The Hours en 2001. Aux côtés de Nicole Kidman et Julianne Moore, elle partage l’affiche d’un drame littéraire exigeant, avec Ed Harris dans un rôle marquant. La même année, elle tourne Igby avec Susan Sarandon et Kieran Culkin, Ryan Phillippe et Amanda Peet, puis Shopgirl avec Steve Martin. Trois films en un an, trois registres différents — c’est cette versatilité qui distingue Claire Danes des simples icônes pop.

2003 voit son incursion dans le blockbuster pur : elle rejoint le casting de Terminator 3 : Le Soulèvement des machines avec Nick Stahl et Arnold Schwarzenegger. Un film grand public, très éloigné de ses habitudes artistiques, mais qui prouve sa capacité à s’adapter à tous les formats. La même année, elle participe à It’s All About Love du réalisateur danois Thomas Vinterberg, avec Joaquin Phoenix et Sean Penn — un contraste saisissant avec la franchise Terminator.

Ses films de la seconde moitié des années 2000

Stage Beauty en 2004 lui offre un partenaire de jeu extraordinaire en la personne de Billy Crudup. Le film, ancré dans le Londres du XVIIe siècle, traite du travestissement sur scène avec une subtilité rare. Mais c’est leur relation en dehors du tournage qui fait les gros titres : Crudup quitte Mary-Louise Parker, alors enceinte de sept mois de leur fils, pour être avec Claire Danes. La presse s’enflamme, son image en pâtit. Le couple se séparera en 2006.

En 2005, elle apparaît dans Esprit de famille avec Sarah Jessica Parker, une comédie légère qui lui permet de souffler. Deux ans plus tard, Stardust, le mystère de l’étoile de Matthew Vaughn lui donne l’occasion de retrouver Michelle Pfeiffer — leur deuxième collaboration depuis 1996. Elle y joue Yvaine, une étoile tombée du ciel, dans une fable fantastique savoureuse.

Le Temps d’un été de Lajos Koltai, sorti en 2007, rassemble un casting féminin extraordinaire : Glenn Close, Meryl Streep, Toni Collette et Patrick Wilson. C’est sur ce tournage qu’elle rencontre Hugh Dancy, qui deviendra son mari. La vie personnelle et la vie professionnelle s’entremêlent — une romance de plateau qui, cette fois, tient la durée. Ils se marient en France en septembre 2009, quelques mois après l’annonce de leurs fiançailles en février 2009.

Claire Danes et les téléfilms qui ont marqué sa carrière

Temple Grandin, le rôle d’une vie à la télévision

2010 constitue l’une des années les plus significatives de sa carrière. Le téléfilm Temple Grandin, produit par HBO, lui confie le rôle de Temple Grandin, autiste de haut niveau devenue figure mondiale de la défense des droits des personnes autistes et réformatrice de l’industrie bovine américaine. Un personnage réel, complexe, dont la façon d’appréhender le monde est radicalement différente de la norme. Claire Danes relève le défi avec une précision chirurgicale.

Le résultat dépasse toutes les attentes. Les récompenses s’accumulent de façon spectaculaire :

  • Le Satellite Award de la meilleure actrice dans un téléfilm
  • Le Screen Actors Guild Award de la meilleure actrice dans un téléfilm
  • Le Golden Globe de la meilleure actrice dans un téléfilm
  • Le Primetime Emmy Award de la meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm

Quatre prix majeurs pour un seul rôle, c’est unique. Ce sweep des récompenses télévisées confirme ce que les observateurs pressentaient depuis des années : Claire Danes n’est pas seulement une actrice populaire, c’est une actrice de premier plan, capable de performances qui redéfinissent un rôle. Ce téléfilm reste aujourd’hui l’une des œuvres les plus citées sur l’autisme dans les milieux académiques et médicaux.

Ses apparitions dans les productions télévisées récentes

Après la fin de Homeland en 2020, beaucoup se demandaient comment Claire Danes aborderait l’après. Sa réponse est venue dès 2022 avec deux projets distincts. The Essex Serpent lui offre le rôle principal dans cette adaptation de Sarah Perry, co-production britannique qui confirme son attrait pour les récits portés par des femmes à la personnalité forte et indépendante.

La même année, elle rejoint le casting de Fleishman Is In Trouble, mini-série acclamée par la critique. Un retour remarqué sur le petit écran, dans un registre contemporain et psychologiquement dense. Puis en 2023, elle incarne Sam dans Full Circle, nouvelle preuve de sa capacité à s’inscrire dans des projets ambitieux sans se reposer sur sa notoriété.

Ce qui distingue ces choix récents, c’est leur cohérence — Claire Danes refuse les rôles décoratifs. Chaque personnage qu’elle accepte porte une histoire complexe, une intériorité palpable. À plus de 40 ans, elle confirme que sa carrière s’inscrit dans la durée — non pas par la force de l’habitude, mais par la qualité de ses décisions artistiques.

Femme en blazer noir dans un couloir de théâtre

Homeland, la série qui a redéfini sa carrière

Le lancement de la série et son impact

Le 2 octobre 2011, Homeland débarque sur la chaîne Showtime et tout change. Claire Danes y incarne Carrie Mathison, analyste de la CIA bipolaire convaincue qu’un soldat américain rentrant de captivité a été retourné par Al-Qaïda. Face à elle, Damian Lewis dans le rôle de Nicholas Brody, le sergent en question. La tension entre ces deux personnages est électrique, la narration impeccable.

Cette série dramatique redéfinit les codes du thriller d’espionnage à la télévision américaine. Elle ne ressemble à rien de ce qui existait alors — ni au 24 Heures Chrono de Kiefer Sutherland ni aux procéduraux policiers qui saturaient les grilles. Homeland mise sur la psychologie, l’ambiguïté morale, les zones grises. Et Carrie Mathison, avec ses contradictions et ses failles, devient l’un des personnages féminins les plus mémorables de la télévision câblée américaine.

L’impact culturel est immédiat. Les discussions sur la représentation des maladies mentales à la télévision, sur le patriotisme et ses limites, sur le rôle des femmes dans les services de renseignement — Homeland les alimente toutes. Claire Danes porte cette série sur ses épaules pendant huit saisons, soit une trajectoire narrative qui court de 2011 à 2020. Un investissement artistique et physique considérable.

Les récompenses liées à Homeland

Les académies ne s’y trompent pas. Dès la première saison, les nominations pleuvent. En 2012, Claire Danes remporte l’Emmy Award de la supérieure actrice dans une série dramatique. Elle renouvelle l’exploit en 2013, devenant l’une des rares actrices à avoir remporté ce prix deux années consécutives pour le même rôle.

Ces deux Emmy Awards pour Homeland s’ajoutent à une distinction obtenue bien plus tôt pour Angela, 15 ans, faisant d’elle une actrice récompensée à deux moments très différents de sa vie. Cette cohérence dans la reconnaissance institutionnelle est rare. Elle montre qu’on ne lui offre pas ces trophées par sympathie — ce sont des décisions artistiques de l’industrie.

L’impact de Homeland sur sa filmographie cinématographique est paradoxal : la série lui ferme temporairement les portes du cinéma, absorbant l’essentiel de son énergie créatrice. À l’exception du film indépendant A Kid Like Jake avec Jim Parsons en 2018, elle ne tourne quasiment pas pour le grand écran entre 2013 et la fin de la série. Un sacrifice consenti qui dit tout de son engagement envers Carrie Mathison.

Les récompenses et distinctions qui jalonnent sa carrière

Ses principales récompenses au fil des années

La trajectoire des prix de Claire Danes dessine une carrière en trois actes. Premier acte : la précocité. Dès 1995, le Golden Globe de la meilleure actrice dans une série télévisée dramatique pour Angela, 15 ans la consacre à seulement 15 ans. Un an plus tard, le MTV Movie Award de la meilleure actrice pour Roméo + Juliette confirme que le grand public l’a adoptée.

Deuxième acte : la confirmation magistrale. En 2010, le quadruplé pour Temple GrandinSatellite Award, Screen Actors Guild Award, Golden Globe et Primetime Emmy Award — la place définitivement dans la catégorie des grandes actrices, au-delà de toute discussion. Ce n’est plus une étoile montante, c’est une valeur établie.

Troisième acte : la longévité. Les Emmy Awards de 2012 et 2013 pour Homeland prouvent qu’elle ne faiblit pas. Le 24 septembre 2015, elle reçoit son étoile sur le Walk of Fame à Hollywood — distinction symbolique qui sanctionne une carrière d’envergure. Peu d’actrices nées dans les années 1970 peuvent aligner des récompenses majeures sur quatre décennies distinctes.

Ses nominations et reconnaissances dans l’industrie

Au-delà des victoires, les nominations racontent une histoire tout aussi éloquente. Dès Angela, 15 ans, les Emmy Awards lui ouvrent leurs portes — une nomination à 15 ans qui préfigure tout ce qui suit. Tout au long des années 1990 et 2000, ses performances dans des films aussi divers que The Hours ou Stage Beauty lui valent des reconnaissances critiques régulières, même si les statuettes ne suivent pas toujours.

La particularité de sa trajectoire, c’est qu’elle n’a jamais connu de longue période sans reconnaissance. D’autres actrices traversent des déserts de plusieurs années entre deux distinctions majeures. Elle, non. Ses choix de rôles maintiennent une pression artistique constante, qui finit toujours par être reconnue.

L’industrie hollywoodienne lui témoigne également sa confiance au travers de son statut de productrice, qu’elle développe progressivement au fil de sa carrière. Passer de l’autre côté de la caméra lui permet de peser sur les projets qu’elle défend, d’en contrôler la tonalité. Une évolution logique pour une actrice qui a toujours su ce qu’elle voulait faire.

  • 1995 — Golden Globe de la meilleure actrice dans une série dramatique pour Angela, 15 ans
  • 1996 — MTV Movie Award de la meilleure actrice pour Roméo + Juliette ; prix de l’actrice de l’année au London Film Critics
  • 2010 — Satellite Award, Screen Actors Guild Award, Golden Globe et Primetime Emmy Award pour Temple Grandin
  • 2012 et 2013 — Emmy Award de la meilleure actrice dans une série dramatique pour Homeland
  • 24 septembre 2015 — Étoile sur le Walk of Fame à Hollywood

Claire Danes à travers ses engagements et sa vie personnelle

Ses prises de position et engagements associatifs

Claire Danes ne se contente pas de jouer des personnages engagés à l’écran — elle l’est aussi dans la vraie vie. Avec sa mère Carla Danes, esthéticienne, peintre et ancienne agent, elle soutient activement l’association Afghan Hands, organisation qui aide les femmes afghanes à acquérir leur autonomie, à s’instruire et à obtenir un salaire décent. Un engagement concret, loin des postures médiatiques creuses que l’on voit trop fréquemment chez les célébrités hollywoodiennes.

Son second combat associatif concerne l’éducation. Elle soutient depuis longtemps DonorsChoose, plateforme numérique permettant aux enseignants du secteur public américain de soumettre des demandes de financement pour leurs projets pédagogiques. Ce type d’engagement discret, loin des projecteurs, dit beaucoup sur ses valeurs profondes. On n’a pas besoin d’une conférence de presse pour changer les choses.

Sur le plan des convictions, elle se revendique féministe et critique ouvertement la sous-représentation des femmes à Hollywood — aussi bien devant que derrière la caméra. Dans une industrie qui avance lentement sur ce front, elle fait partie des voix qui refusent de se taire. Un positionnement cohérent avec ses choix de rôles, qui privilégient systématiquement des personnages féminins dotés d’une vraie profondeur.

Détail révélateur de sa construction personnelle : elle suit une thérapie depuis l’âge de six ans. Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est une décision rationnelle d’une personne qui prend au sérieux son équilibre intérieur. Dans un milieu qui broie les sensibilités trop vite exposées, ce choix précoce lui a probablement permis de traverser les tempêtes médiatiques avec une solidité que l’on ne construit pas en un jour.

Sa vie personnelle et familiale

Les romances de Claire Danes ont parfois autant défrayé la chronique que ses films. Sa première relation publique sérieuse est celle avec le chanteur australien Ben Lee, rencontré lors de son anniversaire de dix-huit ans en 1997. Ils vivent ensemble pendant six ans avant de se séparer en 2003. Une relation longue, stable, loin du cliché du couple hollywoodien éphémère.

La rencontre avec Hugh Dancy survient en 2006 sur le tournage de Le Temps d’un été de Lajos Koltai. Acteur britannique, il partage l’affiche avec elle aux côtés de Meryl Streep, Glenn Close et Toni Collette. Les fiançailles sont annoncées en février 2009, et le mariage a lieu en France quelques mois plus tard, en septembre 2009. Un choix géographique qui a tout d’un clin d’œil à leur culture commune — lui Britannique, elle américaine, tous deux attirés par l’Europe.

Ensemble, ils ont trois enfants — un premier fils né en 2012, un deuxième fils né en 2018 et une fille née en 2023. Une famille construite progressivement, entre deux tournages, deux séries, deux continents. Hugh Dancy, que les amateurs de séries connaissent notamment pour son rôle dans Hannibal, reste discret sur leur vie de couple. Claire Danes l’est tout autant — ce qui n’est pas si courant dans le milieu.

Son parcours scolaire mérite aussi qu’on s’y attarde. Formée dans plusieurs établissements new-yorkais et californiens — dont le lycée français de Los Angeles — elle intègre l’université Yale en 1998 pour y étudier la psychologie. Son père, Christopher Danes, est consultant en informatique et ancien photographe d’architecture, né le 6 mai 1944 à Austin, Texas. Son grand-père paternel, Gibson Danes Andrew (1910-1992), était doyen de l’école d’art et d’architecture à l’université Yale — un ancrage familial dans cette institution prestigieuse qui explique peut-être son attrait pour elle. Elle quitte Yale après deux ans pour se concentrer sur sa carrière. Un renoncement réfléchi, pas une capitulation.

Claire Danes, un parcours qui continue de s’écrire

Voilà ce qui est intéressant chez une actrice comme Claire Danes : sa capacité à se renouveler sans jamais renier. Des adolescentes tourmentées d’Angela, 15 ans aux espionnes bipolaires de Homeland, en passant par Juliette Capulet, Cosette ou Temple Grandin, chaque rôle marque une étape nette dans une évolution artistique continue. Si vous cherchez par où commencer pour (re)découvrir sa filmographie, Roméo + Juliette reste le point d’entrée idéal — pas par nostalgie, mais parce que c’est là que tout s’est noué.

Pour les curieux qui s’intéressent aux trajectoires féminines à Hollywood, il est instructif de mettre son parcours en parallèle avec celui d’autres actrices de sa génération. Les actrices de Love Actually et leur évolution depuis le film offre une perspective complémentaire intéressante sur la façon dont certaines actrices britanniques et américaines ont géré leur carrière après un rôle fondateur.

Ce qui distingue Claire Danes des portraits d’actrices que l’on croise habituellement, c’est l’absence de rupture nette entre ses différentes phases. Pas de période noire prolongée, pas de reconversion forcée, pas de tentative désespérée de retrouver un succès passé. Sa discographie — pardon, sa filmographie — ressemble à une ligne mélodique qui monte, descend, reprend son souffle, mais ne s’interrompt jamais vraiment.

Un conseil concret si vous voulez chercher sa carrière de façon cohérente : commencez par la série dramatique Angela, 15 ans pour comprendre d’où elle vient, enchaînez avec Roméo + Juliette et Temple Grandin pour mesurer l’amplitude de son registre, puis plongez dans Homeland depuis le début. Huit saisons d’une série dramatique de cette densité, ça ne se consomme pas en un week-end — mais ça en vaut chaque minute. Et pour ce qui vient ensuite, The Essex Serpent et Fleishman Is In Trouble montrent qu’à 45 ans passés, Claire Danes n’a pas fini de nous surprendre.

En France, c’est la voix de Caroline Victoria qui lui prête ses intonations de manière régulière, tandis que Barbara Kelsch l’a doublée à cinq reprises et qu’au Québec, c’est Aline Pinsonneault qui assure ce rôle. Trois voix, trois sensibilités — autant de façons d’approcher une actrice dont la complexité se prête naturellement aux multiples interprétations.

  • The Essex Serpent (2022) — Rôle principal, co-production britannique
  • Fleishman Is In Trouble (2022) — Mini-série acclamée par la critique
  • Full Circle (2023) — Rôle de Sam
  • A Kid Like Jake (2018) — Film indépendant avec Jim Parsons
  • As Cool As I Am (2013) — Dernier film avant la fin de Homeland