Le succès phénoménal de la saison 2 de Squid Game sur Netflix nous laisse sans voix : 330 millions de vues et des records battus à la chaîne ! Cette série sud-coréenne raconte l’histoire de personnes en difficultés financières qui participent à des jeux d’enfants mortels. Mais depuis sa sortie, une question revient sans cesse : *cette histoire terrifiante* s’inspire-t-elle de faits réels ? Nous avons mené l’enquête pour démêler le vrai du faux.
Les réseaux sociaux regorgent de rumeurs persistantes affirmant que la série serait basée sur des événements authentiques. Entre les vraies inspirations du réalisateur et les fausses informations générées par IA, nous allons vous expliquer ce qui relève de la réalité et ce qui appartient à la fiction pure.
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Les inspirations réelles confirmées par le réalisateur
Hwang Dong-hyeok, le créateur de la série, a confirmé s’être inspiré de faits historiques réels, mais pas d’une télé-réalité meurtrière comme certains le prétendent. Sa principale source d’inspiration provient des événements de 2009 chez Ssangyong Motors, ce constructeur automobile sud-coréen qui a licencié plus de 2 600 personnes d’un coup.
Cette situation dramatique a déclenché des grèves ultra-violentes qui ont duré 77 jours. L’usine s’est littéralement transformée en champ de bataille, avec des policiers tirant au taser sur des grévistes désespérés. L’image la plus marquante reste celle de ce militant passant 100 jours au sommet d’une cheminée, symbole de la détresse des travailleurs face au système capitaliste moderne.
Le réalisateur explique sa démarche avec ces mots : * »Je voulais montrer que dans le monde d’aujourd’hui, n’importe quel membre de la classe moyenne peut dégringoler au bas de l’échelle économique du jour au lendemain »*. Il ajoute : * »Je voulais écrire une histoire qui soit une allégorie sur la société capitaliste moderne »*.
Des inspirations personnelles touchantes
Hwang Dong-hyeok puise également dans sa propre expérience. Comme le personnage de Gi-hun, il a grandi dans la pauvreté avec une mère veuve et a connu des difficultés financières après ses études universitaires. Le personnage d’Ali, ce travailleur immigré maltraité, s’inspire de personnes réelles rencontrées lors de ses voyages.
La crise financière asiatique de 1997, qui a provoqué des licenciements massifs et plongé des milliers de familles dans la précarité, constitue également une source d’inspiration majeure pour cette œuvre bouleversante.
Des fausses informations virales générées par intelligence artificielle
Depuis la sortie de la saison 2, nous assistons à une véritable explosion de rumeurs sur les réseaux sociaux. Des dizaines de vidéos sur la plateforme circulent avec des voix générées par IA, racontant des histoires prétendument vraies : * »Des horreurs ont vraiment eu lieu »*, * »Squid Game a vraiment existé dans la vraie vie »*.
Une publication sur un réseau social est devenue particulièrement virale, affirmant que la série serait basée sur un événement de 1986. Cette fausse information prétend que cela s’est passé dans un bunker en Corée du Sud où des gens étaient retenus otages et devaient terminer des matchs pour survivre. Cette publication a cumulé la bagatelle de 265,2 millions de vues !
Comment reconnaître les images générées par IA
Les vérificateurs ont établi que toutes ces images prétendues * »d’archives »* sont en réalité générées par intelligence artificielle. Plusieurs indices flagrants le prouvent :
- Les inscriptions sur les boîtiers ne correspondent à aucune lettre du hangeul (alphabet coréen)
- Les lignes de carreaux s’effacent de manière incohérente
- L’angle des marches présente des irrégularités impossibles
- Les rampes d’escalier se fondent dans les murs
Trois outils de vérification évaluent entre 89% et 99% la probabilité que ces clichés aient été générés par IA. L’origine de ces créations a été retracée jusqu’à un artiste, Cityhermitai, qui partage sur Instagram ses créations d’univers inquiétants réalisées par intelligence artificielle, toutes accompagnées de la mention * »Généré par IA »*.
Le Brothers Welfare Center : un fait historique distinct mais troublant
Un événement historique réel, le Brothers Welfare Center, fait parfois l’objet de confusion avec la série. Ce camp de concentration situé à Busan était actif entre 1975 et 1987, dirigé par Park In-geun, ancien militaire devenu directeur d’établissement social.
Park In-geun, né en 1930, avait rejoint la Garde nationale de défense en 1948 comme sergent spécial. Démobilisé en 1962, il reprend l’orphelinat de son beau-père, obtient une licence d’établissement de protection de l’enfance en 1965, puis en 1975 signe des contrats avec la ville de Busan pour la prise en charge temporaire des vagabonds.
Un fonctionnement terrifiant
L’établissement, présenté comme un refuge pour sans-abri et endettés, était en réalité un lieu de détention où des milliers de personnes étaient kidnappées ou emmenées de force. Des enfants, citoyens ordinaires, personnes handicapées et individus sans papiers étaient entassés dans des dortoirs insalubres et forcés au travail dans des conditions d’esclavage.
Le centre employait 13 gardes et 13 chiens de garde pour une surveillance 24h/24, avec des clôtures de fils barbelés et deux postes de garde. Les détenus subissaient tortures, maltraitances, viols, agressions sexuelles et violences quotidiennes. Selon les archives officielles, 513 personnes sont mortes entre 1975 et 1987.
Cette opération s’inscrivait dans la dictature de Park Chung-hee, avec pour mission de * »nettoyer »* les rues de Séoul de tous vagabonds en vue des Jeux Olympiques de 1988. Bien que le Brothers Welfare Center présente des similitudes troublantes avec l’univers de Squid Game, Hwang Dong-hyeok n’a jamais évoqué de lien direct entre ce fait historique et sa série.
Exploitation économique et travail forcé dans les centres coréens
En 1986, Brothers profitait du travail de 11 000 détenus selon des documents gouvernementaux. L’établissement aurait dû payer l’équivalent actuel de 1,7 million de dollars à plus de 1 000 détenus, mais la plupart des 4 000 personnes détenues étaient soumises au travail forcé sans rémunération.
Les adultes travaillaient sur des chantiers de construction, les enfants assemblaient des stylos à bille et des hameçons. Des produits étaient exportés dans le monde entier :
- Chemises habillées envoyées en Europe
- Lignes de pêche pour le Japon dans les années 1970
- Bas de baskets avec le logo de Kukje Sangsa pour les États-Unis et l’Europe
Le scandale a éclaté le 22 mars 1987 quand un étudiant a été battu à mort par le personnel et que 35 personnes se sont échappées en masse. Cette affaire a été étouffée par des hauts fonctionnaires qui ont ensuite prospéré, l’un d’entre eux devenant conseiller principal sous la présidence de Park Geun-hye en 2016.
Des témoignages qui perdurent
Cette part sombre de l’histoire a été référencée dans le drama * »Taxi Driver »*, où les protagonistes secourent une personne handicapée travaillant dans un centre fermé. En 1982, un drame de deux heures intitulé * »Birth »* a été diffusé sur une chaîne coréenne à propos du Brothers Welfare Center.
Choi Seung-woo, victime du centre détenue de 1982 à 1987, témoigne de cinq années de travail forcé et d’agressions quotidiennes. Plus de 30 ans après, les survivants réclament une nouvelle enquête, une reconnaissance publique et des excuses, mais le gouvernement refuse toujours de réexaminer l’affaire.
Nous pouvons donc affirmer que si Squid Game s’inspire bien de réalités sociales et d’événements historiques dramatiques, la série reste une œuvre de fiction. Les vraies horreurs de l’histoire coréenne suffisent malheureusement à nourrir l’imagination, sans avoir besoin d’inventer de fausses archives générées par IA.
Passionné de sport et curieux de nature, je suis Michel. Du dernier match de foot aux innovations qui font bouger le monde, je partage ici ce qui me motive et me passionne. Parce que vivre à fond, c’est aussi s’intéresser à ce qui nous entoure !





