Né Krishna Pandit Bhanji le 31 décembre 1943 à Snainton dans le Yorkshire, Ben Kingsley est aujourd’hui l’un des acteurs britanniques les plus respectés de sa génération. Son père, Rahimtulla Harji Bhanji, était médecin d’ascendance gujarati né au Kenya. Sa mère, Anna Lyna Mary Goodman, exerçait comme actrice et mannequin anglaise. Un bagage familial hors du commun pour un futur monstre sacré du cinéma.
C’est en 1970 qu’il décide de changer son nom, jugé imprononçable lors de ses auditions. Krishna Pandit Bhanji devient donc Ben Kingsley, un nom plus simple à retenir et à placer sur une affiche. Avant ça, il avait rejoint la Royal Shakespeare Company en 1967, après des années à tâtonner entre théâtre et petits rôles télévisés. C’est en 1982 que tout bascule : le réalisateur Richard Attenborough lui confie le rôle-titre de Gandhi, et l’acteur devient du jour au lendemain une vedette internationale. L’Oscar du meilleur acteur suit en 1983.
Depuis, Ben Kingsley a traversé les époques et les genres avec une aisance déconcertante, accumulant films, séries télévisées, doublages et narrations documentaires. La reine Élisabeth II l’a fait Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique en 2000, puis l’a anobli en 2001. Son étoile au Hollywood Walk of Fame a été inaugurée le 10 février 2010, au 6931 Hollywood Boulevard. Une carrière aussi dense que variée, qu’on vous propose de parcourir ici dans ses moindres recoins.
Table of Contents
La carrière cinématographique de Ben Kingsley : ses rôles majeurs
Ses débuts au cinéma dans les années 1970
Avant la gloire, il y a les débuts discrets. En 1972, Ben Kingsley obtient son premier rôle cinématographique dans Six minutes pour mourir (Fear Is the Key), réalisé par Michael Tuchner. Un thriller solide mais loin des feux des projecteurs hollywoodiens. L’acteur navigue alors entre théâtre, petits films et productions télévisées.
On le voit ensuite dans A Misfortune (1973), puis dans Barbara of the House of Grebe (1973), où il incarne Lord Uplandtowers. Il joue également Thidias dans Antoine et Cléopâtre (1974). Ces rôles variés témoignent d’un acteur qui cherche sa voix, multipliant les expériences pour affûter son art.
La consécration avec Gandhi et les années 1980-1990
Gandhi (1982) représente le tournant absolu. Sous la direction de Richard Attenborough, Ben Kingsley incarne le Mahatma avec une précision et une profondeur qui coupent le souffle. Le film lui vaut le New York Film Critics Award, le Golden Globe et l’Oscar du meilleur acteur en 1983. Une triple couronne rarissime.
La décennie suivante confirme son statut. En 1987, il tourne Maurice sous la direction de James Ivory, puis étudie l’univers d’Harold Pinter dans Trahisons conjugales. Gangster redoutable dans Bugsy de Barry Levinson en 1991, il campe ensuite un champion d’échecs dans À la recherche de Bobby Fischer (Steven Zaillian, 1993). Cette même année, Steven Spielberg lui confie le rôle d’Itzhak Stern, comptable juif d’Oskar Schindler, dans La Liste de Schindler. En 1994, Roman Polanski le dirige dans La Jeune Fille et la Mort, où il joue un ancien tortionnaire. Quatre films devenus des classiques en à peine trois ans.
Ben Kingsley dans les blockbusters et productions des années 2000-2010
Ses apparitions dans les grandes franchises hollywoodiennes
L’acteur ne s’est jamais cantonné aux films d’auteur. En 2010, il rejoint la franchise Prince of Persia : Les Sables du Temps, réalisée par Mike Newell, en y incarnant Nizam, frère d’un roi de Perse. Le même année, il apparaît dans des productions très attendues, démontrant une polyvalence qui force l’admiration.
La liste de ses interventions dans des blockbusters est impressionnante :
- Iron Man 3 (Shane Black, 2013) : le Mandarin, personnage ambigu dans l’univers cinématographique Marvel
- Exodus : Gods and Kings (Ridley Scott, 2014) : Noun, intellectuel hébreu
- La Nuit au musée — Le Secret des Pharaons (Shawn Levy, 2014) : Merenkhare, ancien pharaon
- The Walk : Rêver plus haut (Robert Zemeckis, 2015) : Rudolf Omankowsky
Des rôles aux antipodes les uns des autres, ce qui constitue justement la marque de fabrique de cet acteur hors norme.
Ses collaborations avec Martin Scorsese
Deux films. C’est le nombre de fois que Martin Scorsese a fait appel à Ben Kingsley, et les deux fois pour des rôles diamétralement opposés. Dans Shutter Island (2010), il interprète le Dr John Cawley, un psychiatre dont les intentions restent longtemps opaques face à Leonardo DiCaprio. Une performance glaçante, calibrée au millimètre.
L’année suivante, dans Hugo Cabret (2011), il métamorphose le pionnier du cinéma Georges Méliès en personnage à la fois mélancolique et lumineux. Scorsese lui accorde une confiance totale, et l’acteur ne la déçoit jamais. Ces deux collaborations illustrent parfaitement pourquoi les plus grands réalisateurs se disputent ses services.
Autres films notables de la période
En 2009, Ben Kingsley partage l’affiche de Lovers (Elegy) avec Dennis Hopper et Penélope Cruz, dans un film pourtant jamais sorti en salles. Il prête également sa voix à Savin dans le jeu vidéo Fable III. Plus tard, La Stratégie Ender vient s’ajouter à une filmographie déjà pléthorique, confirmant son appétit pour des projets de tous horizons.
Les films récents et projets à venir de Ben Kingsley
Ses productions récentes
Ces dernières années, l’acteur maintient un rythme de travail soutenu. On le retrouve dans Operation Finale, Opération Brothers, War Machine et Knight of Cups, autant de films qui lui permettent d’examiner des registres différents. Féodor Atkine assure sa voix française depuis Prince of Persia Les Sables du Temps en 2010, et continue de le doubler dans ces productions récentes, dont Life et Le Lieutenant Ottoman.
Sa longévité au plus haut niveau est tout sauf anodine. À plus de 80 ans, Ben Kingsley reste une référence incontournable pour les réalisateurs en quête d’un acteur capable de donner de l’épaisseur à n’importe quel personnage.
Les projets cinématographiques à venir
L’agenda de Ben Kingsley ne désemplit pas. En 2023, il a incarné Milton Robinson dans Jules et le Dr. Ganderbai dans le court métrage Venin. Ces deux projets s’inscrivent dans une série de collaborations avec Ralph Fiennes, qui compte parmi les partenaires de jeu les plus réguliers de l’acteur, notamment dans La Merveilleuse Histoire de Henry Sugar et ses suites.
Du côté des sorties attendues :
- Desert Warrior (2026) — il y interprète l’Empereur Kisra
- Sonic The Hedgehog 4 (2027) : un retour dans une franchise grand public
Difficile de trouver un acteur aussi à l’aise dans un court métrage intimiste que dans une superproduction familiale.
Ben Kingsley dans les séries télévisées
Ses premières apparitions télévisées dans les années 1960-1980
Avant le cinéma, il y avait la télévision. Dès 1966, Ben Kingsley apparaît dans Coronation Street, l’une des séries télévisées britanniques les plus populaires, sous les traits de Ron Jenkins, le temps de 5 épisodes. La même année, il joue Peter dans Orlando (6 épisodes). Les bases sont posées.
La décennie suivante enrichit ce parcours télévisuel :
- The Love School (1975, 5 épisodes) : Rossetti
- Crown Court (1976-1979, 5 épisodes) : Jeremy Leigh
- Dickens of London (1976, mini-série en 2 épisodes) : Dr John Elliotson
- Vikings ! (1980, 3 épisodes)
Les années 1980 apportent des rôles plus substantiels : Edmund Kean dans Kean (1982), Frank Ford dans Les Joyeuses Commères de Windsor (1982), Duval dans La Dame aux camélias (1984) et le personnage-titre dans Silas Marner (1985). Sans oublier Le Secret du Sahara en 1987, une mini-série en 4 épisodes où il incarne Sholomon.
Ses rôles télévisés majeurs des années 1990-2000
La télévision lui offre certains de ses rôles les plus marquants. En 1989, il campe Simon Wiesenthal dans Murderers Among Us : The Simon Wiesenthal Story, une performance saluée unanimement. L’année suivante, il incarne Lénine dans Un train pour Petrograd (1990). Deux figures historiques colossales, deux interprétations magistrales.
Les années 1990 et 2000 multiplient les grandes figures : Moïse dans La Bible : Moïse (1995), Porfiry dans Crime et Châtiment (1998), et Major Caterpillar dans Alice au pays des merveilles (1999). En 2001, il joue Otto Frank dans la mini-série Anne Frank — The Whole Story, un rôle pour lequel il remporte le Screen Actors Guild Award en 2002.
Ses apparitions télévisées contemporaines
Même dans les formats courts, Ben Kingsley marque les esprits. En 2006, il apparaît dans Les Soprano en jouant son propre rôle, une parenthèse amusante dans une série télévisée culte. En 2015, la mini-série Tut lui confie le rôle d’Aÿ sur 3 épisodes.
En 2018, il prête sa voix au général Woundwort dans l’adaptation animée de La Colline aux lapins. Puis en 2019, il s’investit pleinement dans Perpetual Grace, LTD, une série de 10 épisodes où il incarne le pasteur Byron Brown, un personnage à double fond particulièrement saisissant.
Ben Kingsley dans les films d’animation et documentaires
Ses rôles dans les films d’animation
La voix de Ben Kingsley possède une texture unique, grave et modulable, qui lui ouvre les portes de l’animation. Il interprète le père Capulet dans Romeo.Juliet (1990), puis le personnage-titre dans Freddie, agent secret (1992). Il assure également la narration de The Ten Commandments (2007) et de Noah (2012).
En 2013, il apparaît dans Monstres Academy comme commentateur sportif, avant d’incarner l’inquiétant Archibald Snatcher dans Les Boxtrolls (2014). Et pour les amateurs de curiosités : en 1991, il a enregistré The Tiger and the Brahmin, un conte accompagné d’une musique composée par Ravi Shankar. Un objet rare, publié chez Rabbit Ears.
Ses participations aux documentaires
La liste de ses narrations documentaires impressionne par sa diversité thématique :
- Liberation (1994)
- A Force More Powerful (1999)
- Islam : Empire of Faith (2000)
- Unlikely Heroes (2003)
- China’s Stolen Children (2007)
- Winston Churchill : Walking with Destiny (2010)
- It Is No Dream (2012)
- Unity (2015)
- All or Nothing : Manchester City Documentary (2018)
Des sujets aussi variés que la Seconde Guerre mondiale, l’islam ou le football : sa voix traverse les frontières des genres sans jamais se perdre.
Les distinctions et récompenses de Ben Kingsley pour ses rôles
Ses récompenses majeures
Le palmarès de Ben Kingsley est l’un des plus complets de sa génération. Son Oscar du meilleur acteur en 1983 pour Gandhi reste le sommet visible, mais la suite est tout aussi remarquable. En 1993, le BAFTA du meilleur acteur dans un second rôle pour La Liste de Schindler confirme sa capacité à briller même hors des premiers plans. Puis en 2002, double consécration : le Prix du cinéma européen pour Sexy Beast et l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour ce même film.
Côté distinctions honorifiques, il est nommé Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique en 2000, puis anobli par la reine Élisabeth II en 2001. Le 10 février 2010, son étoile est inaugurée au Hollywood Walk of Fame au 6931 Hollywood Boulevard. Peu d’acteurs peuvent se targuer d’une telle reconnaissance transatlantique.
Ses nominations et distinctions diverses
En 2003, il obtient une nomination aux Oscars pour meilleur acteur pour House of Sand and Fog. Le Golden Globe reçu pour Gandhi reste l’une des pierres angulaires de son palmarès. Cette même année 2003, il participe au jury du 29e Festival du cinéma américain de Deauville, présidé par Roman Polanski, aux côtés notamment de Claudia Cardinale.
Il faut aussi mentionner le Razzie Award reçu en 2006 pour pire second rôle masculin dans BloodRayne. Loin d’être une honte, ce prix illustre l’éclectisme total d’un acteur qui n’a jamais refusé de prendre des risques. Même les grands font des paris perdants, et ça, on trouve ça assez rafraîchissant.
Les voix françaises de Ben Kingsley dans ses films et séries TV
Ses premières voix françaises
Le doublage français de Ben Kingsley a une histoire presque aussi riche que sa filmographie. Med Hondo prête sa voix pour Gandhi, Pierre Arditi pour Harem, Georges Berthomieu pour Bugsy et Philippe Laudenbach pour La Jeune Fille et la Mort. Des choix variés qui reflètent l’absence d’une voix attitrée dans ces premières années.
Entre 1995 et 2001, Jean Négroni devient sa première voix régulière en français. Il l’accompagne dans Maurice, À la recherche de Bobby Fischer, La Liste de Schindler, La Mutante et A.I. Intelligence artificielle. Une cohérence bienvenue pour les spectateurs francophones de l’époque.
L’alternance des voix françaises dans les années 2000-2010
Entre 2003 et 2011, deux comédiens se partagent la voix de l’acteur. Jean Lescot intervient dans Slevin, Les Soprano et Hugo Cabret. Gérard Rinaldi prend le relais pour Thunderbirds, La Dernière Légion, Love Gourou et Shutter Island. Cette alternance crée quelquefois une légère discontinuité, mais les deux comédiens s’acquittent de leur mission avec soin.
Entre 2000 et 2005 se succèdent également Michel Favory dans L’Enfer du devoir, Jean-Jacques Moreau dans Sexy Beast, Michel Robin dans Oliver Twist et Jean Barney dans BloodRayne. En 2004, Med Hondo retrouve l’acteur pour Suspect Zero. En 2008, Vincent Violette assure le doublage français dans Guerre de l’ombre et Lovers.
Féodor Atkine, voix française régulière à partir de 2010
Depuis Prince of Persia Les Sables du Temps en 2010, Féodor Atkine s’impose comme la voix française principale de Ben Kingsley. Il le double dans Iron Man 3, Exodus Gods and Kings, La Nuit au musée : Le Secret des Pharaons, War Machine, Knight of Cups, Operation Finale et Opération Brothers. Une stabilité enfin trouvée, qui profite à la cohérence de l’œuvre.
Du côté québécois, Vincent Davy et Jacques Lavallée alternent régulièrement. Vincent Davy couvre notamment Hugo, Iron Man 3 et L’Exode : Dieux et Rois, tandis que Jacques Lavallée prend en charge Prince of Persia : Les Sables du Temps, Une nuit au musée : Le secret du Tombeau et Toutankhamon : L’Enfant roi. D’autres comédiens ont également contribué ponctuellement : Yvon Thiboutot, Léo Ilial pour Bugsy le gangster sans scrupule, Alain Clavier dans Dave, Manuel Tadros dans Collision ou encore Hubert Gagnon dans Les sentinelles de l’air.
Les acteurs avec lesquels Ben Kingsley a le plus souvent tourné
Sa collaboration avec Ralph Fiennes
Ralph Fiennes est sans doute le partenaire de jeu le plus régulier de Ben Kingsley. Leurs collaborations gravitent autour des adaptations des nouvelles de Roald Dahl supervisées par Wes Anderson, spécialement La Merveilleuse Histoire de Henry Sugar et ses suites, ainsi que le court métrage Venin où Kingsley incarne le Dr. Ganderbai. Des productions à l’esthétique très singulière, qui révèlent une alchimie évidente entre les deux acteurs.
Ses collaborations avec Annette Bening et Emily Mortimer
Annette Bening partage l’affiche de trois films avec lui : And the Oscar goes to, M. Harris et De quelle planète viens-tu ?. Emily Mortimer, quant à elle, l’a accompagné dans Hugo Cabret, Shutter Island et Transsiberian. Trois films de genres différents, ce qui dit beaucoup sur la capacité de Ben Kingsley à s’adapter à ses partenaires comme à ses metteurs en scène.
Plus largement, des réalisateurs comme Martin Scorsese et Steven Spielberg lui ont accordé leur confiance à plusieurs reprises, ce qui ne s’improvise pas. Être rappelé par Scorsese, c’est une validation que n’importe quel acteur signerait des deux mains. La filmographie de Ben Kingsley ne ressemble à aucune autre : construite sur six décennies, elle mêle ambition artistique, prises de risque et une constance rare dans l’excellence. Un parcours qui mérite bien qu’on s’y arrête longuement.
Hary, futur quarantenaire en pleine forme. Sportif et un peu geek dans l’âme, le magazine TTU est mon espace d’expression dédié aux hommes.





