En 2016, Zack Snyder a frappé fort avec Batman v Superman : L’Aube de la Justice, réunissant deux des plus grandes icônes du monde des super-héros. Ce projet ambitieux voulait lancer l’univers cinématographique DC tout en proposant un affrontement spectaculaire entre le Chevalier noir et l’Homme d’Acier. Résultat ? Un film qui a divisé comme rarement. Certains y voient une œuvre audacieuse, d’autres un ratage monumental. Nous avons décortiqué cette production pour comprendre ce qui fait débat dans cette critique du film de super-héros. Entre ambition démesurée et exécution bancale, plongeons dans cette analyse sans langue de bois.
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Synopsis et contexte de l’affrontement
L’histoire démarre environ un an après les événements de Man of Steel. La bataille entre Superman et le Général Zod a ravagé Metropolis, laissant des milliers de victimes et des cicatrices profondes. Cette destruction massive soulève une question légitime : faut-il accepter qu’un être aux pouvoirs quasi-divins agisse sans contrôle ?
Bruce Wayne, qui opère depuis des années à Gotham, observe cette menace d’un œil critique. Blasé par deux décennies de lutte contre le crime, ce Batman vieillissant et amoché considère Superman comme un danger existentiel pour l’humanité. Sa toute-puissance, sans limite ni supervision, représente un risque que le justicier masqué refuse de tolérer. D’un côté, un super-héros aux capacités illimitées ; de l’autre, un homme qui compense son humanité par son intelligence et sa détermination.
Pendant que ces deux personnages emblématiques se préparent à l’affrontement, une terrible menace se profile. Le film examine cette collision entre deux visions de la justice, deux idéaux qui finiront par converger face à un ennemi commun. Cette confrontation philosophique aurait pu porter tout le scénario, mais le long-métrage s’éparpille rapidement.
Ben Affleck : un Batman mature et sombre salué par la critique
Le choix controversé de Ben Affleck
Quand Warner Bros. a annoncé le casting de Ben Affleck le 23 août 2013, l’internet s’est embrasé. Le phénomène du « Ben Affleck Bashing » a déferlé avec une violence rare. Les fans se souvenaient de son passage raté dans Daredevil et doutaient de sa capacité à incarner le Chevalier noir. Josh Brolin et Ryan Gosling figuraient parmi les candidats, mais le studio et Zack Snyder voulaient un acteur d’envergure pour reprendre l’un des héros les plus populaires de DC Comics.
Une interprétation largement saluée
Surprise totale au visionnage : Affleck délivre une performance remarquable. Sa carrure massive, sa mâchoire carrée et son jeu intense collent parfaitement au personnage. Ce Batman mature, presque grisonnant, porte le poids de vingt ans de lutte contre le crime. Usé, suicidaire par moments, il rappelle le Dark Knight de Frank Miller ou celui de la série animée des années 90.
Cette version contraste radicalement avec le Batman de Christian Bale, plus jeune et idéaliste. Ici, le justicier est perturbé par ce qu’il est devenu, pas seulement par son traumatisme d’enfance. Son costume et son armure, directement inspirés des comics de Miller, envoient du lourd visuellement. Une séquence de combat en particulier, digne du jeu Arkham City, figure parmi les meilleures jamais filmées avec le personnage. La relation entre Batman et Alfred, incarné par Jeremy Irons, fonctionne à merveille.
Jesse Eisenberg en Lex Luthor : le personnage le plus critiqué
Si Affleck tire son épingle du jeu, Eisenberg en Lex Luthor représente le point le plus problématique du film. Son interprétation cabotinante transforme un méchant normalement charismatique en homme d’affaires loufoque insupportable. Normalement froid, pragmatique et doté d’une aura rivalisant avec Superman, Luthor devient ici un adolescent perturbé qui parle vite pour montrer sa folie.
L’acteur semble mixer son rôle de Mark Zuckerberg dans The Social Network avec le Joker de Heath Ledger, créant un personnage fanfaron totalement éloigné du matériau d’origine. Cette caractérisation guignolesque tombe à plat. Le scénario ne l’aide pas : pourquoi crée-t-il Doomsday, une créature encore plus incontrôlable que Superman ? Comment son serveur informatique contenant des données ultra-sensibles reste-t-il accessible sans sécurité ? Ces incohérences scénaristiques plombent la crédibilité du méchant principal et frustrent les spectateurs.
Les combats : entre réussite visuelle et confusion narrative
L’affrontement Batman contre Superman
Le duel tant attendu entre les deux icônes fonctionne plutôt bien. Snyder retranscrit intelligemment la ruse et l’inventivité du Dark Knight face à un adversaire surpuissant. L’utilisation d’une armure lourde et de kryptonite, directement inspirée du comics de Frank Miller, rééquilibre les forces de manière crédible.
Néanmoins, certains critiques trouvent l’affrontement trop expédié. Résolu en cinq minutes par une révélation stupide – leurs mères portent le même prénom, Martha – le combat laisse un goût d’inachevé. Visuellement correct, parfois jouissif, il manque d’ampleur pour un titre baptisé Batman v Superman. Plusieurs avis regrettent que le film ne s’appelle pas plutôt L’Aube de la Justice sous-titré Batman v Superman, car l’affrontement n’occupe finalement qu’une portion congrue du métrage.
Le combat final contre Doomsday
Le combat final divise encore plus radicalement. Pour certains, c’est un bombardement de CGI moches et illisibles, un gloubiboulga d’effets spéciaux mis bout à bout sans cohérence. Les flashs et lumières saturées défilent toutes les dix secondes dans un fracas d’explosions qui nécessiterait un avertissement épilepsie. D’autres y voient malgré tout un spectacle visuel qui envoie du lourd. Doomsday lui-même est visuellement raté selon plusieurs spectateurs, ressemblant à un monstre CGI générique. Sa création illogique par Luthor renforce le sentiment d’improvisation scénaristique.
Structure narrative et choix de réalisation contestés
Le montage en clips représente l’un des défauts majeurs du film. Chaque séquence s’enchaîne sans lien organique, donnant l’impression de survoler l’histoire de moment clé en moment clé. Plusieurs cinéphiles avouent leur incapacité à résumer la première moitié tant la narration s’éparpille.
Snyder abuse des slow motions, filmant Bruce Wayne marchant dans un champ ou Superman en lévitation avec une complaisance esthétisante. Cette signature visuelle, déjà présente dans 300 et Watchmen, devient lassante. Le rendu visuel froid, impersonnel et sombre rappelle des cinématiques de jeux vidéo plutôt qu’un véritable travail cinématographique. Les couleurs, quand elles apparaissent, agressent l’œil.
Le film essaie de condenser en 150 minutes ce qui aurait nécessité plusieurs productions. Ce manque de respiration narrative multiplie les dialogues et scénettes inutiles pour combler un scénario qui aurait pu fonctionner en 90 minutes. Le titre lui-même reflète cette schizophrénie : Batman v Superman annonce un versus qui ne s’assume pas, tandis que L’Aube de la Justice fait référence à la Justice League de manière prématurée.
L’introduction précipitée de la Justice League
Warner Bros. voulait rattraper Marvel à marche forcée, et ça se voit douloureusement. L’introduction de la Justice League apparaît gratuite et ridicule. Diana Prince/Wonder Woman surgit aléatoirement par-ci par-là, sans véritable intégration narrative. Les caméos de Flash, Cyborg et Aquaman durent deux secondes, donnant l’impression d’un catalogue publicitaire.
La séquence de piratage informatique où Wonder Woman découvre méthodiquement les fichiers des futurs membres via une clé USB atteint des sommets de ridicule. Au lieu de suggérer subtilement l’existence de cet univers étendu, le film balance tout sans finesse. Man of Steel avait évité ce travers avec quelques caméos subtils, mais ici, c’est speedrun mode activé.
- Les néophytes ne comprennent rien à ces apparitions déconnectées
- Les fans détestent ce manque total de subtilité narrative
Nuançons par contre : Wonder Woman, bien que sous-exploitée, claque lors du combat final. Son arrivée vend parfaitement le personnage comme badass. Gal Gadot se débrouille mieux que prévu, évitant l’écueil de la greluche et promettant pour son film solo.
La version longue qui sauve le film
Ici réside le véritable scandale : la version cinéma a été amputée de plus de 30 minutes d’éléments quasi-essentiels. La production a taillé allègrement dans le montage, sacrifiant la cohérence narrative sur l’autel du format commercial.
La version longue de trois heures change radicalement la donne. Tout devient parfaitement cohérent : les motivations de chaque protagoniste s’éclairent, l’affrontement entre Superman et Batman se construit logiquement, la découverte des identités par Lex Luthor s’explique. Les éléments d’intrigue s’installent progressivement, les présentations des personnages de la Justice League tombent naturellement.
- Des spectateurs ont adoré cette version, y voyant un véritable cinéma riche en réflexion
- La réalisation soignée révèle un authentique travail d’auteur
- Cette édition ne mérite aucune comparaison avec le montage cinéma
Plusieurs critiques considèrent cette version director’s cut comme un petit bijou qui réhabilite complètement le projet. Elle prouve que Snyder avait quelque chose d’ambitieux en tête, massacré par les impératifs de Warner Bros. Cette édition longue confirme que le film méritait mieux que le torrent de haine déversé sur lui, même si certains défauts structurels persistent. Pour juger équitablement Batman v Superman, il faut absolument visionner cette version intégrale qui transforme l’expérience.
Passionné de sport et curieux de nature, je suis Michel. Du dernier match de foot aux innovations qui font bouger le monde, je partage ici ce qui me motive et me passionne. Parce que vivre à fond, c’est aussi s’intéresser à ce qui nous entoure !





