Selon l’Insee, le salaire moyen d’un journaliste tous secteurs confondus s’établit à 4 230 € bruts par mois. Mais ce chiffre masque des réalités très contrastées. À BFMTV, la fourchette s’étire de 2 000 à 30 000 € bruts mensuels selon le statut, l’expérience et la notoriété de l’intéressé. Débutant en CDI, pigiste précaire ou vedette d’antenne : chaque profil vit une réalité salariale radicalement variée. Nous vous décryptons les chiffres.
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Salaires des journalistes débutants et pigistes à BFMTV
Un journaliste débutant en CDI touche entre 2 000 et 2 800 € bruts mensuels, soit 30 516 € bruts annuels et environ 2 543 € nets. Ce niveau place la chaîne 21 % en dessous de la médiane nationale du secteur, fixée à 3 560 € bruts pour les journalistes en CDI en 2023, elle-même en baisse de 11,8 % depuis 2000. Difficile de faire carrière avec enthousiasme dans ces conditions.
Les pigistes, eux, vivent une situation encore plus tendue. Ils représentaient 68 % des premières demandes de carte de presse en 2023, contre seulement 25,8 % pour les CDI. Leur salaire médian plafonne à 1 951 € bruts mensuels, en recul de 19,1 % depuis 2000. Le barème conventionnel fixe le tarif minimum d’un JRI à 133,90 € bruts par jour.
Les journalistes en contrat CDDU n’ont droit ni aux primes d’ancienneté, ni à la prime de précarité de 10 % normalement prévue pour les CDD. L’écart entre statuts est brutal — les journalistes en CDI gagnent en moyenne 3 912 € bruts par mois, contre 2 273 € pour les pigistes, soit 42 % de moins. Les CDD, à 2 108 €, accusent quant à eux 46 % de moins que leurs collègues en poste stable.
| Statut | Salaire brut mensuel moyen | Écart vs CDI |
|---|---|---|
| CDI | 3 912 € | — |
| Pigiste | 2 273 € | -42 % |
| CDD | 2 108 € | -46 % |
Présentateurs et personnalités de l’antenne : des salaires à plusieurs vitesses
Les présentateurs de tranche évoluent dans un autre monde. La fourchette se situe entre 5 000 et 10 000 € bruts mensuels. François Gapihan déclarait percevoir 3 600 € nets mensuels, soit environ 4 700 € bruts. Julie Hammett se situe, elle, entre 6 000 et 10 000 € bruts.
Le cas de Pascale de La Tour du Pin reste marquant. Arrivée avec un salaire de 5 000 €, elle a découvert en 2017 que ses homologues masculins occupant des fonctions équivalentes touchaient le double, soit 10 000 €. Elle a publiquement regretté de ne pas avoir négocié pendant neuf ans.
Ruth Elkrief percevait 15 000 € par mois avant de rejoindre LCI en 2025 pour 25 000 à 30 000 €, soit une hausse de 67 à 100 %. Laurent Ruquier, recruté fin 2023, gagne entre 25 000 et 30 000 € mensuels, ce qui représente jusqu’à 360 000 € annuels et a suscité des tensions en interne. La chaîne avait même proposé 50 000 € par mois à Léa Salamé, offre qu’elle a refusée. Christophe Barbier, présent régulièrement sur l’antenne jusqu’en juillet 2025, déclarait percevoir environ 2 000 € nets quel que soit son nombre d’interventions.
Les inégalités salariales au sein de BFMTV
L’écart de rémunération entre les sexes persiste. Les femmes journalistes touchent en moyenne 3 463 € bruts contre 3 700 € pour les hommes, soit 237 € mensuels de différence, ou 6,4 %. Le témoignage de Pascale de La Tour du Pin illustre crûment ces inégalités salariales — son salaire était deux fois inférieur à celui de collègues masculins à poste identique.
91 % des journalistes déclarent avoir ressenti un excès de stress, selon un rapport publié en 2025. 85 % estiment devoir travailler plus vite, et 48,8 % travaillent entre 8 et 9 heures par jour. Les heures de travail s’allongent, sans que la rémunération suive nécessairement.
La clause de cession ouverte entre octobre 2024 et mai 2025 a provoqué entre 120 et 150 départs dans le groupe, dont 50 journalistes à BFMTV. Parmi eux : Adeline François, Nicolas Doze, Ashley Chevalier, Matthieu Croissandeau, Marc-Olivier Fogiel et Hervé Béroud. Ces départs massifs traduisent un malaise structurel qui dépasse la seule question du salaire.
BFMTV face aux autres chaînes : où se situe la rémunération ?
Le classement des chaînes de télévision
BFMTV occupe la 6e position du classement des chaînes rémunérant le mieux leurs journalistes en France. En 2014, le salaire moyen y atteignait 4 894 € bruts par mois, soit 63 623 € annuels. L’écart avec TF1, leader incontesté, n’est que de 22 %.
| Groupe | Salaire brut mensuel | Salaire annuel |
|---|---|---|
| TF1 | 5 960 € | 77 515 € |
| France Télévisions | 5 470 € | 71 100 € |
| M6 | 5 370 € | 69 800 € |
| Radio France | 4 923 € | 64 000 € |
| BFMTV | 4 894 € | 63 623 € |
Des avantages à ne pas négliger
La convention collective prévoit un 13e mois et une prime d’ancienneté progressive. Les horaires décalés ouvrent droit à environ 300 € mensuels pour les reporters, et entre 500 et 800 € pour les matinaliers. Depuis 2024, la chaîne rembourse 75 % du Pass Navigo, contre 50 % auparavant.
- Pascal Praud chez CNews — entre 1,4 et 1,57 million d’euros par an
- Claire Chazal chez TF1 : 120 000 € par mois, soit 1,5 million annuels
- Benjamin Duhamel : gagnait davantage que sa mère Nathalie Saint-Cricq à France Télévisions (5 789 € nets)
Pour négocier efficacement son salaire dans ce secteur, mieux vaut intégrer dès le départ les éléments variables : primes liées aux horaires décalés, ancienneté contractuelle et atouts en nature. Ruth Elkrief en sait quelque chose : attendre d’avoir la côte avant de réclamer, ça peut rapporter gros.
Hary, futur quarantenaire en pleine forme. Sportif et un peu geek dans l’âme, le magazine TTU est mon espace d’expression dédié aux hommes.




