Yémen : que cachent les renforts US ?

Si la convergence des moyens sanitaires sur un théâtre sont en général le préalable, et le signal faible, d’une offensive imminente, les Forces spéciales américaines se prépareraient-elles à une offensive au Yémen ?

Selon le site des services d’achats du Pentagone, l’USSOCOM a émis au mois d’avril, et malgré des moyens déjà considérables, une demande auprès de sociétés de service pour la fourniture de quatre hélicoptères d’évacuation sanitaire dotés de leur propre personnel médical pour soutenir ses opérations au Yémen.

Ces appareils devront disposer d’une autonomie de 800 à 1 000 km sans ravitaillement, d’une capacité de fret de deux tonnes et/ou de huit blessés minimum, de matériels de vision de nuit, d’être ravitaillables, et en mesure de réagir sur préavis en moins de trente minutes. Les S-61R d’EP Aviation opérant déjà en Afghanistan, les CH-46 d’Embassy Air, ou les Vertol 107-II de Columbia Helicopters font figure de favoris.

S’agit-il pour autant uniquement d’opérations ciblant Al-Qaida et Daech ? Peu probable. Possible si ces matériels étaient positionnés sur les BOA du SOCOM au Yémen, comme Sana’a et Aden. En revanche, il est plus surprenant de voir mentionner le site d’Hodeida sur la mer Rouge, la place forte de la guérilla houthie soutenue par les pasdarans iraniens. Tout comme la nécessité de pouvoir opérer en mer.

Car avec un tel renfort, et selon les standards occidentaux, le SOCOM pourrait, en plus de ses missions, être en mesure d’ajouter à son «battle rythm» pas moins de quatre opérations de destruction/neutralisation simultanées. Or, officiellement et depuis son retour sur le terrain en 2016, le SOCOM n’a reçu aucun mandat pour soutenir la coalition saoudo-émiratie, et n’est en charge que des opérations antiterroristes.

Sur place, le JSOC opère plusieurs unités clandestines regroupées au sein de la Task Force 48-4.2, composée d’éléments du FBI et qui dispose d’officiers de liaisons au sein des renseignements intérieurs locaux, ainsi que de camps d’entraînements destinés à former les opérateurs des FS yéménites aux procédures d’interventions américaines. Ce mandat serait donc susceptible d’évoluer rapidement.

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