Vers un Conseil européen de sécurité…

On sait qu’en matière de sécurité et de politique étrangère, Jean-Claude Juncker souhaiterait passer du principe de prise de décision des pays de l’UE à l’unanimité au principe de la prise de décision à la majorité qualifiée. Cette position, destinée à accélérer, unifier et fortifier les positions diplomatiques de l’Europe, est partagée par Angela Merkel et son ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, qui vient de «repasser le plat», lundi dernier, dans un discours prononcé lors d’un colloque qui s’est tenu à l’Institut fédéral des hautes études de sécurité de Berlin (Bundesakademie für Sicherheitspolitik).

Le gouvernement allemand plaide ainsi en faveur de la constitution d’un Conseil européen de sécurité : «Dans un tel format, nous pourrions, au sein d’un cercle d’Etats membres changeants – représentant donc toute l’UE –, travailler plus rapidement et plus intensément à trouver des solutions aux crises actuelles», a expliqué le ministre en ajoutant que «nous devons rendre l’UE enfin capable de mener sa politique étrangère». Bien sûr, une telle institution «ne pourra régler les problèmes que nous avons» sans l’abandon de la prise de décision à l’unanimité, a ajouté le ministre, qui souligne que «notre influence dans de nombreuses crises dépend fortement de l’unité de l’UE».

Heiko Maas ne s’est pas prononcé sur les contours et le fonctionnement que pourrait avoir une telle institution. Angela Merkel avait pour sa part, à la fin du mois de septembre, évoqué un modèle proche du Conseil de sécurité de l’Onu, où une partie des sièges sont soumis à une rotation. Pour l’instant, l’idée d’un tel conseil n’a pas encore soulevé de grandes réactions. Il est néanmoins difficile d’en imaginer la création sans que Paris et Berlin n’estiment légitime d’y posséder un siège permanent. Ce qui, pour l’Allemagne, serait toujours mieux qu’un siège temporaire à l’Onu.

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