USAF : vers un commandement multi-domaines

L’étude Air Force 2030 avait mis en avant le caractère multi-domaines des futures menaces qui risquaient de s’opposer à l’USAF à court terme. La rupture suscitée par les A2/AD, les armes anti-satellites, à énergie dirigée, ou encore cybernétiques imposent en effet désormais une réorganisation du commandement et de la gestion des assets. Et ce d’autant que les futurs champs de bataille se complexifient selon un rythme inédit, pour devenir intra-urbains, multi-régionaux, multi-composantes, en forces conjointes ou multinationales.

Après seize mois de travail, le général Saltzman vient d’achever un rapport recommandant la mise en place d’un commandement MDC2 (Multi-Domain Command&Control), destiné à coordonner les opérations et les effets des cinq milieux dans lesquels évolue désormais l’US Air Force et qui appelle une coordination des moyens entre les commandements aériens, spatiaux et cyber. Car il ne s’agit pas seulement de recourir au cyber et au spatial comme des leviers auxiliaires destinés à soutenir les opérations aériennes, mais bien comme des outils indépendants qui opéreront dans leurs propres domaines pour fragiliser de manière systémique l’adversaire et sa liberté de mouvement.

Toute la difficulté consiste donc à focaliser pour le domaine aérien des moyens tenus par trois structures séparées, l’Air Command, le Strategic Command et le Cyber Command, pour les synchroniser entre eux. Afin de bâtir une organisation opérationnelle, trois priorités ont été définies.

Il s’agit tout d’abord de bien délimiter la problématique des enjeux par la mise en place de wargames destinés à évaluer les concepts opérationnels adverses et les réponses les plus appropriées. Lockheed Martin a déjà créé une équipe en charge de l’animation. L’infrastructure et l’évaluation des logiciels C2 de ce futur commandement sera pris en charge par la base de Nellis. Les ressources en personnels seront puisées au sein des écoles d’état-major de l’Air War, de l’Air Command et du Staff College pour bénéficier de la disponibilité des stagiaires mais aussi de les mettre en situation de « Think out of the box ». Une filière métier sera également implantée pour stimuler le recrutement.

Mais déjà, la BITD américaine cherche à capitaliser sur ce concept pour imposer ses solutions. Les logiciels de datavisualisation et d’aide à la décision fondés sur l’IA de Lockheed Martin partent avec un avantage certain pour devenir les standards avec lesquels les alliés devront composer. Les futures évolutions de la liaison 16 mais aussi certains capteurs (SAR en priorité) et certaines formes d’ondes risquent de s’imposer très rapidement face à la concurrence non américaine, sous peine d’exclure leurs clients potentiels de toute coalition.

 

Articles similaires :