Turbulences franco-algériennes

Les relations entre la France et l’Algérie traversent de nouvelles turbulences, sur fond de différends concernant la situation au Sahel, en Libye et l’épineuse question de l’immigration clandestine.

Sur tous ces dossiers, Alger s’oppose à Paris et soutient aujourd’hui plutôt la politique promue par Rome. S’abstenant en particulier de critiquer les dernières initiatives italiennes dans la région, notamment l’envoi d’une mission militaire au Niger. Un détachement italien, composé de trois unités de reconnaissance, serait déjà arrivé, il y a une semaine, dans le sud de la Libye. Il aurait transité par la région de Djanet, dans le sud-algérien (wilaya d’lllizi) et devrait bientôt entrer au Niger.

En revanche, Alger s’oppose au projet, promu par la France, de création de la force G5 Sahel, à laquelle contribuent cinq pays de la région (Niger, Burkina Faso, Tchad, Mali et Mauritanie) afin de lutter contre les groupes terroristes dans la bande sahélo-saharienne. L’Algérie reproche notamment à la France de ne pas prendre de mesures empêchant la circulation des membres du Mouvement national pour la libération de l’Azawad entre le nord-est du Mali et le sud de la Libye, qui «menaceraient la stabilité dans la région».

En outre, Alger soupçonne les services de renseignement français d’armer les Toubous dans le sud libyen, ce qui augmenterait le risque d’affrontements entre cette tribu et les Touaregs, notamment au sujet du contrôle du trafic d’armes et de migrants. Par ailleurs, l’Algérie a mal accueilli les récents propos du ministre français de l’Intérieur, Gérard Collomb, le 19 septembre, qui a suggéré la mise en place avec le Maroc et l’Algérie d’un mécanisme européen de gestion des migrants, en échange d’un appui financier à ces deux pays.

Enfin, le geste du président Emmanuel Macron à l’égard des Harkis, avec l’annonce de l’attribution de la Légion d’honneur à plusieurs anciens combattants ainsi que la création d’un fonds de solidarité à leur bénéfice, a été très mal perçu par les autorités algériennes. A noter que ces dernières ont décidé de supprimer la protection sécuritaire des missions diplomatiques françaises sur le territoire algérien, une semaine après que Paris eut décidé de lever la protection de l’ambassade algérienne et de ses diplomates en France. Paris craint à présent un report de la réunion de la commission mixte franco-algérienne, prévue en principe pour le mois prochain.

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