Syrie : Suheil al-Hassan, un maître espion sanglant

Récemment promu général à 48 ans, le charismatique patron des forces spéciales syriennes Quwat al-Nimr reste à ce jour le seul militaire de son pays à s’être entretenu en privé avec Vladimir Poutine, et sans doute l’officiel syrien le plus écouté par les services occidentaux. Donné pour mort en 2015, érigé en héros par le régime qui l’a, depuis, surnommé le Tigre, auteur de poésies, Suheil al-Hassan est l’objet d’un véritable culte de la personnalité sur les réseaux sociaux.

En novembre dernier, Valery Gerasimov déclarait qu’il était le chef militaire syrien qui avait accompli «les missions les plus importantes dans les batailles les plus décisives». Membre à part entière de l’état-major russo-syrien, Hassan intègre à son dispositif plusieurs dizaines d’anciens Spetsnaz regroupés dans une unité baptisée «Le détachement», financée et entraînée par Moscou.

Membre de la minorité alaouite, il a prouvé sa loyauté au clan Assad dès le début de la contestation en 2011. Espion, il se spécialise dans le contre-terrorisme, et infiltre plusieurs agents au sein des réseaux d’Al-Qaida dès 2005. Commissaire politique, il est chargé dès le début des troubles des opérations spéciales au profit de la Direction du renseignement aérien sur la base de Hama, dans le but de veiller à la loyauté des officiers lorsque ceux-ci reçoivent l’ordre de tirer sur les manifestants. Il crée une unité spéciale constituée de volontaires et de mercenaires destinée à exécuter tous les défecteurs et les contestataires au sein de l’armée syrienne, puis à massacrer les populations des villages rebelles.

Sa politique de la terre brûlée a eu un impact psychologique considérable sur le moral de la population sunnite au moment où le pouvoir de Damas était sur le point de s’effondrer en 2012. Les militants des droits de l’Homme le considèrent comme le criminel de guerre le plus sanglant de Bachar el-Assad.

Chef de guerre enfin, en 2013 il intègre les forces spéciales Qawat al-Khassa pour faire face au Front Al-Nosra dans la région stratégique de Lattaquié, où est située la base navale russe. Une nomination qui lui permet non seulement de se distinguer au combat mais surtout de tisser son réseau auprès des Russes. Là il prend rapidement conscience de la nécessité de constituer un autre corps de forces spéciales, plus offensif et spécialisé dans les opérations urbaines bientôt baptisé Quwat al-Nimr, dont il prend le commandement.

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