Syrie : l’enjeu tribal

Le 2 juin, sous l’égide du pouvoir syrien, 70 représentants de clans et tribus arabes syro-irakiennes se sont retrouvés à Deir Hafar, à quelques kilomètres de la zone tenue par les Forces démocratiques syriennes (FDS), les forces américaines et les forces françaises. L’objectif officiellement poursuivi par Damas est de mettre dehors les «Américains et les étrangers», selon la terminologie officielle, en s’alliant le plus de tribus et clans de l’Est syrien.

Les autorités kurdes ont, par ailleurs, empêché plusieurs dizaines de représentants tribaux de s’y rendre. Cette rencontre fait écho à la visite à Kobané, un jour auparavant, de conseillers militaires saoudiens, émiratis et jordaniens aux FDS, dont la structure souffre actuellement de défections de sa composante arabe. Le but affiché est de créer, avec le financement de ces trois pays, une force de gardes-frontières ayant comme noyau dur le groupe armé «Sanadid» de la tribu des Shammar (également présente à la rencontre pro-gouvernement du 2 juin), soit autour de 4 000 hommes. Deux bureaux de recrutement ouvriraient à Hassakeh et Qamishly dans le Nord-Est syrien, et tout nouvel engagé recevrait une solde de 200 dollars.

Cette rencontre a eu lieu alors que, ces derniers jours, l’Armée arabe syrienne (AAS) a essuyé au moins deux raids coordonnés de l’Etat islamique (EI). Ses positions le long de l’Euphrate ont été prises en étau depuis le triangle désertique d’El-Sukhnah – Deir ez-Zor – Al Bukamal, et depuis les villages tenus par l’EI d’Hajin, al-Jalaa et el-Sha’afah. Réunir dans une alliance le plus de tribus pourrait aider l’AAS à maîtriser l’EI dans cette zone, à prendre pied de l’autre côté de l’Euphrate, et à s’assurer le contrôle des champs de pétrole d’Al-Omar sur lesquels se trouve la tribu des Uqaydat.

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