Syrie : l’alliance russo-iranienne bat de l’aile

Les responsables israéliens misent sur une rupture de l’alliance entre la Russie et l’Iran en Syrie. Des signes de tensions entre ces deux pays sont en effet devenus évidents.

Début avril, lorsque l’aviation israélienne a attaqué la base aérienne syrienne T-4, les autorités russes avaient immédiatement réagi en condamnant l’Etat hébreu. En revanche, lors du raid mené il y a un mois contre 70 objectifs iraniens en Syrie, elles sont restées muettes.

Quelques minutes avant l’attaque, l’état-major israélien avait averti le commandement des forces russes en Syrie que Tsahal s’apprêtait à réagir, sans préciser les objectifs visés, conformément à un protocole militaire établi au printemps 2015, lors d’une des multiples rencontres entre Benjamin Netanyahu et Vladimir Poutine. Ce protocole prévoit que l’Etat hébreu annonce à l’avance son intention de frapper dans l’espace aérien syrien et qu’en retour, la Russie s’abstienne de toute riposte à l’aide de son aviation ou de ses batteries de défense aérienne de type S-300 et S-400.

«Les dirigeants russes commencent à s’apercevoir que leur alliance avec les Iraniens pourrait constituer pour eux un fardeau», estime un officier. Au début de leur intervention en Syrie, les Russes avaient besoin de l’aide des 2 000 militaires iraniens, des 7 000 combattants du Hezbollah et des 10 000 membres de milices chiites pour mener les opérations terrestres contre les groupes djihadistes que leur aviation bombardait. Mais depuis que l’armée syrienne a repris une grande partie du terrain perdu, l’appui de l’Iran devient moins crucial, alors que sa présence militaire en Syrie risque de provoquer une guerre avec Israël. Sans compter que la Russie dispute à l’Iran une partie du marché de la reconstruction en Syrie.

En visite à Moscou la semaine dernière, le ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, s’est monté à son retour très satisfait du niveau de coordination militaire entre Moscou et l’Etat hébreu et optimiste sur un prochain retrait des forces iraniennes et pro-iraniennes du sud de la Syrie.

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