Syrie : chroniques sur l’activité militaire de la semaine

Recentrage des forces iraniennes du Sud syrien

Vladimir Poutine et Bachar el-Assad ont insisté sur le retrait des troupes étrangères en Syrie (Hezbollah, Iran, Turquie, Etats-Unis, France) lors de leur rencontre il y a dix jours. C’est chose faite pour l’Iran, qui s’est retiré du Sud de la Syrie. En contrepartie, il a pu se redéployer dans le Nord syrien, dans les sept points de contrôle installés aux côtés des douze points russes, conformément aux Accords d’Astana.

De son côté, Israël, maintient la pression sur le Hezbollah et l’Iran. Le jeudi 24 au soir, l’aéroport d’al-Qusayr, à l’Ouest de Homs et proche de la frontière libanaise, a été bombardé en deux vagues par des avions israéliens. Plus de vingt individus libanais et iraniens seraient morts, et deux abris blindés d’avions ainsi qu’un hangar ont été ciblés.

Offensive de Deraa 

L’offensive de Deraa semble se préciser. Vendredi dernier, l’Armée arabe syrienne a largué des tracts sur une zone adjacente à l’autoroute M5 Damas-Deraa pour inciter les civils à sortir et les rebelles à déposer les armes. Des troupes syriennes se sont également massées autour du plateau de Lajat tenu par les rebelles, qui surplombe la région Nord-Est de Deraa.

L’ordre de bataille serait le suivant : la 4e Division mécanisée pousse les forces rebelles sur la frontière jordanienne pendant que les Forces du Tigre prennent la ville de Deraa ainsi que son environnement proche. Simultanément, la 9Division blindée sécuriserait toute la partie Ouest de Deraa, afin de presser les rebelles contre les positions de l’Etat islamique et contre la frontière israélienne.

Première réintégration dans le civil pour la 102promotion des conscrits 

Le 26 mai dernier, le ministère syrien de la Défense a officiellement annoncé la démobilisation de presque 10 000 des plus anciens conscrits de l’Armée arabe syrienne (AAS), depuis le début de la guerre. Engagés en 2010, ils avaient été automatiquement intégrés dans des unités de l’AAS en 2011 à cause de la guerre.

Considérée comme exsangue par les experts occidentaux, l’AAS semble cependant pouvoir se séparer de plus de 10 000 soldats. Il est fort probable que ceux-ci n’aient pas un rôle combattant majeur dans l’AAS.

Règlements de compte entre l’Etat islamique et Hay’at Tahrir el-Sham (HTS) dans la province d’Idlib

Le groupe Etat islamique (EI) semble prendre racine dans la région d’Idlib, majoritairement tenue par le groupe HTS. La semaine dernière, un commandant et un cheikh de HTS ont été tués par des unités de l’EI, dans des zones pourtant considérées comme acquises à HTS. Ceci a lieu alors qu’une cellule dormante de l’EI avait été démantelée par HTS à Idlib et que son chef, un azerbaïdjanais, avait été tué. Plus de 60 personnes ont été également blessées dans une explosion en plein centre d’Idlib, et dans plusieurs villages au Sud et à l’Ouest.

En un mois, avec la reprise des environs de la région de Damas et de Homs, presque 13 000 rebelles et leurs familles sont arrivés sur Idlib, modifiant le rapport de forces entre HTS et l’EI.

Recomposition dans les rangs des Forces syriennes démocratiques (FDS)

Les tensions s’accroissent entre les forces arabes et kurdes des FDS, à mesure que le temps passe. Dimanche dernier, des combats ont eu lieu entre la Brigade arabe des révolutionnaires de Raqqa et des unités kurdes des FDS. L’omniprésence des Kurdes dans des zones arabes et l’obligation du service militaire dans les rangs des FDS semblent être les principaux motifs de mécontentement des populations arabes locales.

 

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