Sauver des bérets verts

Alors que la mort des quatre bérets verts américains au Niger a déchaîné les passions outre-Atlantique, sans l’opération de sauvetage entreprise par les forces françaises, tous les éléments étaient réunis pour qu’aucun des 12 bérets verts et des 30 soldats qui les accompagnaient ne survivent.

Depuis de nombreux mois, un scénario d’intervention avait été mis en place dans l’hypothèse d’une telle éventualité, en coordination avec l’armée de l’Air et le Commandement des opérations spéciales. Après plus d’une heure d’un déferlement de tirs, de mitrailleuses lourdes, de lance-roquettes et de mortiers, l’appel de détresse du groupe des forces spéciales américano-nigériennes a été relayé par l’Ussocom au commandement français.

Une «Quick Response Force» (QRF) s’est immédiatement mise en branle. Deux Mirage 2000, maintenus H24 en condition d’alerte sur l’aéroport Diori Hamani de Niamey, ont décollé en moins de trente minutes, un délai minimum pour briefer les équipages et armer les appareils. Arrivés sur les lieux de l’attaque à 200 km de la capitale nigérienne, à proximité du village de Tongo Tongo, les pilotes ont constaté que l’intrication des combattants rendait impossible l’usage des bombes guidées comme des canons.

La décision a été prise d’opter pour la tactique d’intimidation éprouvée depuis l’Afghanistan. Une décision courageuse en raison de la prolifération des Manpads de fabrication russe auprès des groupes djihadistes de la zone. L’impact tant tellurique que psychologique des passages à basse altitude des avions de combat français a compromis momentanément la poursuite de l’embuscade par les assaillants.

Mais en parallèle, et dès le début de l’alerte, un groupe d’action «Chimère» du 1er RPIMA, accompagné par des opérateurs américains, était acheminé sur place pour neutraliser le groupe de djihadistes. Cette QRF, soutenue par deux hélicoptères de combat Tigre appartenant au 4e RHFS et un drone Reaper afin d’assurer la couverture ISR de la contre-attaque, a neutralisé au final pas moins de 21 djihadistes, dont les corps ont été enterrés à proximité dans le respect de la tradition musulmane.

Une heure donc seulement après l’arrivée des Mirage, la zone était définitivement sécurisée, et deux Super Puma acheminés depuis la base de Gao, au nord Mali, avec à leur bord une antenne médicale du COS décollaient pour évacuer les dix blessés. Un détachement d’investigateurs scientifiques de la DRM, arrivé avec l’équipe médicale, a ensuite pu prendre possession des lieux et a relevé plusieurs indices déterminants qui ont permis, quelques heures plus tard, l’arrestation de plusieurs complices au sein de la population du village de Tongo Tongo.

Articles similaires :