Rupture ISR dans la BSS

Le lancement dimanche par une fusée Long March-3B du premier satellite de communication algérien, Alcomsat-1, aurait bien d’autres usages que ceux de télédiffusion et de connexions à Internet annoncés dans le communiqué de presse.

Ce satellite, comme son homologue pakistanais Paksat 1R, appartiendrait à la famille des satellites géostationnaires chinois Dong Fang Hong 4, capables d’emporter une charge utile de 588 kg pour une période de quinze ans. Dual, Alcomsat-1 dispose de 33 transpondeurs haut débit en bandes Ku et Ka, mais aussi en bandes X, UHF et EHF pour des usages plus straté­gi­ques. Deux stations de contrôle, installées à Medéa et à Ouargla, accueilleront les techniciens formés en Chine.

L’armée algérienne dispose donc désormais de la possibilité d’échanger des informations cryptées et en haut débit sans recourir à des stations relais terrestres sur l’ensemble de la BSS, permettant à ses commandos de recourir aux fameuses Tacsat, grâce à des antennes paraboliques pliables. Alcomsat-1 va donc permettre à l’armée algérienne d’initier la rupture ISR qu’elle prépare depuis plusieurs années.

Grâce à cette capacité Satcom, Alger va pouvoir concrétiser son ambition d’acquérir une flotte de drones Male armés. Si, pour l’instant, elle utilise surtout les drones tactiques Seeker II du sud-africain Denel, elle évalue depuis 2013 les drones Male chinois CH4 (déployé par les EAU en Libye) et Wing Loong, le drone émirati réalisé par l’entreprise Adcom, le Yabhon, aurait également retenu son attention non seulement en raison d’une autonomie proche des 100 heures, mais surtout en raison de la suite de capteurs proposée sur cette plate­forme par Selex UK (radar SAR, Sigint) et Flir. Une version ASW réalisée avec Selex et WASS a été annoncée par Adcom lors du salon Idex 2015.

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