Le retour de Moscou au Caire

Protecteur du régime égyptien de 1965 à 1971, le Kremlin cherche à se réimplanter en exploitant toutes les frustrations rencontrées par le maréchal Sissi dans sa relation militaire avec Washington.

Après la livraison des systèmes sol-air S-300VM l’année dernière, les premiers des 50 Mig-29 viennent d’arriver. Tout comme les premiers exemplaires des 46 hélicoptères lourds Kamov-52 navalisés, destinés à équiper les bâtiments amphibies «Gamal Nasser» et «Anwar el-Sadat» en Méditerranée et en mer Rouge. Pour autant, l’Egypte cherche à réduire ses dépendances en multipliant ses fournisseurs : Gowind, Rafale, Mistral français, sous-marins allemands Type 209, et corvette sud-coréenne de classe Pohang de seconde main. Mais l’enjeu pour Moscou va bien au-delà des considérations commerciales.

Si la Russie s’est rapprochée du Liban, et négocie actuellement avec le Soudan et la Libye des implantations navales et militaires lui permettant de s’implanter tant en Méditerranée, en mer Rouge, que dans la BSS, l’Egypte s’avère être, aux yeux des stratèges russes, un partenaire beaucoup plus stable à long terme. Et pour sécuriser sa position, la Russie s’emploie à satisfaire le souhait des forces armées égyptiennes à doter ses trois armes de nouvelles capacités.

En échange de l’utilisation des bases aériennes égyptiennes, les militaires russes ont non seulement initié leur partenaire aux parachutages stratégiques en octobre 2016 et septembre 2017 ; mais ils entraînent également les forces spéciales égyptiennes aux opérations antiterroristes dans le Sinaï.

Le parachutage des commandos russes derrière les lignes de l’Etat islamique à Raqqa et Homs, et ce juste après un tir de saturation des LRME Smerch sur les positions djihadistes grâce à la désignation des KA-52, a fortement impressionné la présidence égyptienne. Celle-ci ne songerait plus désormais qu’à se doter d’une capacité aéronavale d’action en profondeur. Quitte à ouvrir la majeure partie de ses bases militaires aux forces russes. De l’Algérie à la mer Noire, la Russie veut désormais exercer un contrôle sur les détroits.

 

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