Quid des filiales étrangères de RUAG ?

La confédération helvétique, propriétaire de la principale entreprise publique d’armement suisse RUAG, n’a aucune idée des chiffres d’affaires réalisés par les filiales étrangères de l’entreprise, installées dans 16 pays sur 50 sites.

Les «commissions de gestion» des deux chambres du parlement viennent de s’en rendre compte et ont donc écrit au Conseil fédéral (gouvernement) pour que cesse cette situation jugée absurde. Pour les parlementaires, la Confédération étant propriétaire, il est normal qu’elle ait accès à ces informations, pour être au courant de la situation de l’entreprise, mais aussi pour savoir si elle s’en tient aux règles régissant les exportations d’armes.

Réagissant à la communication des chambres, le secrétariat d’Etat à l’Economie (SECO), autorité de tutelle pour les exportations d’armes, a expliqué n’exercer aucun contrôle sur leurs activités puisque les filiales de RUAG sont soumises à la législation du pays où se trouve leur siège. Le Conseil fédéral se contente d’obtenir des chiffres globaux une fois par an pour vérifier si les limitations de la vente de matériel de guerre sont respectées. «C’est au conseil d’administration de RUAG Holding SA de veiller à la bonne application des objectifs», a précisé Lorenz Frischknecht, porte-parole du Département fédéral de la défense (DDPS), tutelle de RUAG.

Cependant, aux yeux du DDPS, il n’y a aucune raison de faire la transparence sur les chiffres d’affaires des succursales étrangères car «cela nuirait aux intérêts commerciaux légitimes de RUAG.». Ces arguments n’ont pas convaincu les parlementaires dont certains évoquent, à long terme, l’hypothèse d’une privatisation partielle ou totale de RUAG.

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