La PLAAF : levier du soft power chinois

Pendant des décennies les forces aériennes chinoises (PLAAF) ont souffert d’une réelle infériorité opérationnelle en moyens et savoir-faire de projection. Dans son dernier rapport, la Rand invite à réviser ces conceptions : plusieurs évolutions récentes auraient en effet permis à la Chine de doper ses capacités de projection.

Elle s’est tout d’abord dotée de moyens de transport lourd qui lui offrent une autonomie dont dispose peu de pays. Après la mise en service de son avion de transport à longue portée, le Y-20, elle vient d’achever les essais de son avion de transport tactique, le YG-9, dont le tonnage est voisin de celui du C-130, et commencera au printemps les essais du plus gros hydravion au monde, l’AG 600, destiné notamment à assurer la logistique de ses îlots artificiels en mer de Chine.

Pékin est donc à l’aube de disposer des moyens de projection nécessaires à l’établissement d’une force expéditionnaire de premier plan. Mais ses moyens de projection lui permettent également de compenser ses faiblesses passées en cas de catastrophe naturelle sur son propre territoire.

Pour gagner en expérience, les PLAAF multiplient également les exercices et les opérations soit à caractère humanitaire soit à caractère d’interposition, comme le démontre leur implication actuelle au Nord Mali, pour habituer leurs personnels aux déploiements lointains de longue durée, mais aussi à l’interaction avec les militaires et civils issus d’autres cultures. Si cette capitalisation leur sera précieuse dans les opérations de leur base opérationnelle à Djibouti et de celle planifiée au Pakistan, il serait trop restrictif de limiter cette capacité de projection aux seuls opérations militaires.

L’analyse des Livres blancs de l’ensemble du pourtour asiatique montre les moyens considérables qui sont consacrés à la lutte contre les catastrophes naturelles. La future flotte de transport chinoise sera telle qu’elle permettra à Pékin d’accroître considérablement ses moyens de soft power à l’égard de ses voisins, et de faire oublier sa posture stratégique extrêmement offensive sur la liberté de circulation en mer de Chine et ses revendications territoriales.

Enfin, sur le plan industriel, l’assimilation de cette culture d’opérations extérieures la mettra en position de projeter auprès de ses clients militaires davantage de personnels destinés aux missions de soutien, d’entraînement et de maintenance. Associée aux prix déjà extrêmement bas de ses matériels, l’offre de services de la BITD chinoise risque d’en faire un concurrent extrêmement redouté dans les années à venir, et une puissance militaire qui rayonnera bien au-delà de la zone asiatique.

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