Penser la numérisation

Les récents retours d’expérience ont montré toute l’importance pour les armées de maîtriser les outils numériques en opérations mais aussi dans l’administration courante. C’est dans cette optique, et en vue des discussions du printemps prochain autour du projet de LPM (qui devrait être déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale fin mars au plus tôt), que la Commission de la défense nationale et des forces armées vient de lancer une «mission d’information sur les enjeux de la numérisation des armées».

Destinée à nourrir le travail de la Commission et se voulant une contribution à la définition des équilibres et priorités de la LPM, elle complétera par ailleurs le chantier du numérique et de l’innovation mis en place par la ministre des Armées, que la DGA devra faire aboutir en parallèle de la LPM au deuxième trimestre 2018.

Excluant d’emblée la cyberdéfense (qui fera l’objet d’une mission d’information dédiée), les co-rapporteurs Olivier Becht et Thomas Gassilloud pourraient commencer par une revue prospective des technologies d’intérêt défense (drones, robotique, intelligence artificielle…) et par l’étude de leur impact sur le développement des menaces, la souveraineté technologique française et sur l’organisation du fonctionnement des armées.

Parmi les hypothèses de travail, le traitement de la question de la numérisation sous l’angle du besoin : en matière de communication (guerre psychologique, traitement des vulnérabilités liées à l’usage des réseaux sociaux…), de robotisation (véhicules autonomes, drones, objets connectés, soldat augmenté, place de l’homme dans la boucle…) et de renseignement (ISR, Big Data, problème de la surabondance d’informations…). Mais aussi d’accès aux technologies par les adversaires ou concurrents (diffusion des technologies duales, avance industrielle des Etats-Unis…) et de gains de productivité dans le soutien des forces (bilan SIAG, retex Louvois…).

Le deuxième axe de réflexion devrait porter sur la numérisation comme force de transformation des armées avec des enjeux comme les modes de commandement, les modes de combat, la préparation opérationnelle et l’industrie d’armement. Une mission au «timing» serré, avec de nombreuses auditions, dont le périmètre devrait être élargi au-delà des acteurs incontournables (armées, services, industriels de la défense, chaires spécialisées…), à l’ensemble de la sphère numérique.

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