Opération amphibie sur les côtes ukrainiennes ?

La situation entre Kiev et Moscou poursuit sa lente dégradation sur la côte orientale ukrainienne séparée du reste du territoire par la Crimée annexée. Plusieurs initiatives russes tendent à renforcer l’hypothèse d’une opération amphibie prochaine.

Sur le plan économique, les patrouilles du FSB en mer d’Azov se sont renforcées, et contrôlent désormais systématiquement les bâtiments de fret traversant le détroit de Kerch et reliant les ports stratégiques de Mariupol et Berdyansk, retardant ainsi le trafic de huit heures en moyenne. La multiplication des opérations aéronavales contribue également à perturber les flux, d’autant que des renforts provenant de la mer Caspienne alignent désormais deux corvettes lance-missiles armées de missiles Kalibr, qui menacent directement les côtes ukrainiennes.

Si la flotte de la mer Noire s’appuie directement sur des bâtiments civils à des fins hybrides, elle a également multiplié, au cours du mois, ses exercices amphibies mais aussi de renseignement offensif. Plusieurs bâtiments océanographiques ont été déployés dans le but de renforcer le réseau de communication russe par câbles sous-marins mais aussi le dispositif de reconnaissance par drone UUV. A cela s’ajoute le fait que le système de suivi AIS du trafic maritime est désormais inopérant en mer d’Azov, et les Russes ont démontré, l’année dernière, qu’ils avaient déployé un système de spoofing qui a brouillé les GPS de plus de vingt bâtiments ukrainiens.

Moscou recourt donc à une pression systémique sur Kiev mais dans quel but ? Deux hypothèses tendent à se dégager : contraindre les autorités ukrainiennes à revenir sur leur décision d’interdire l’accès au Dniepr, et donc au Danube, de la flotte marchande russe, soit préparer un coup de force naval et terrestre dont le but consistera à rattacher la Crimée au territoire russe en s’emparant de la côte orientale ukrainienne.

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