La Norvège et le Danemark musclent leur Défense

La semaine dernière, à un jour d’intervalle, les gouvernements des deux pays scandinaves ont voulu démontrer que la Défense était désormais au centre de leurs préoccupations.

Au Danemark, le temps des réductions budgétaires est terminé. C’est le message envoyé par la coalition de droite à destination de la Russie (clairement montrée du doigt comme fauteuse de troubles) mais aussi de Donald Trump. Le royaume part de loin : la Défense représente 1,14% de son PIB, loin des 2% prévus par l’Otan. Il n’y remédiera qu’en partie si les mesures prévues pour la période 2018-2023, présentées le 11 octobre, sont bien adoptées par le Parlement.

En effet, la rallonge prévue pour les six ans à venir (l’équivalent de 1,72 milliard d’euros) ne fera passer la Défense qu’à 1,3% du PIB en 2023. Le gouvernement estime toutefois démontrer qu’il est sur la bonne voie. Et espère que les promesses d’investir 20% de son budget dans des équipements lourds et de créer d’ici 2024 une brigade de 4 000 militaires mobilisables hors du pays contribueront à amadouer l’Otan.

De ce point de vue-là, la réaction du secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, est encourageante. La rallonge budgétaire prévue ira en augmentant : de 110 millions d’euros l’an prochain à 645 millions en 2023. Cette année-là, le budget de la Défense sera alors 20% supérieur à l’actuel (qui est de 2,91 milliards).

Avec ces moyens, Copenhague compte notamment doter ses trois frégates de classe Iver Huitfeldt de missiles américains SM-2 puis SM-6, de portées nettement supérieures aux Sea Sparrows les équipant aujourd’hui (300-400 km pour le SM-2, plus de 500 km pour le SM-6). Ces fers de lance de la marine danoise pourront ainsi mieux se protéger d’attaques aériennes et de certains missiles. Ils seront aussi dotés de sonars et de systèmes anti-torpilles. Le nombre d’appelés (pour un service long de quatre mois) sera augmenté de 500, à 4 700 par an. Ces jeunes seront susceptibles d’être mobilisés pendant cinq ans après le service. Et ce, pour assurer des missions de surveillance et de protection, notamment en cas de déploiement hors du pays de la future brigade de 4 000 militaires, laquelle pourra l’être toute seule, sans contribution d’autres nations.

En Norvège, la Défense, moins dégarnie qu’au Danemark, est en phase de redressement depuis cette année (1,56% du PIB cette année). Sans prétendre atteindre 2% en 2024, Oslo compte poursuivre sur sa lancée, avec une rallonge budgétaire équivalant à 318 millions d’euros l’an prochain, pour un budget de 5,88 milliards. Cet extra servira notamment à acquérir, en avance sur le calendrier, trois nouveaux navires garde-côtes pouvant naviguer avec hélicoptères au grand large. Un chantier naval norvégien a été choisi. Les délais de réaction des forces seront réduits, les capacités opérationnelles (notamment des frégates) améliorées, le matériel mieux entretenu. Outre les achats déjà annoncés de 52 F-35 (contre 27 au Danemark), de quatre sous-marins allemands (à partir de 2026) et d’avions de patrouille maritime, la Norvège a confirmé vouloir acquérir, à terme, de nouvelles pièces d’artillerie de 155 mm, des chars, de la défense antiaérienne, de la capacité de défense électronique, etc. Comme au Danemark, la cyberdéfense sera mieux dotée.

Par ailleurs, le renforcement de la présence militaire dans l’extrême nord se poursuivra, avec l’établissement d’une compagnie de jeger (reconnaissance et renseignement) à Sør-Varanger, à 5 km de la frontière russe, et un bataillon de cavalerie (400 personnes) à Porsangmoen, à moins de 300 km. La réserve sera toutefois réduite de 45 000 à 38 000 soldats, comme prévu.

 

 

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