MBDA : des commandes pour cinq ans  

MBDA confirme un bilan à la hausse, pour la quatrième année consécutive, en atteignant les 3,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et en cumulant 4,2 milliards de signatures de contrats. «2017 a été pour MBDA une bonne année», s’est félicité le PDG de l’entreprise européenne, Antoine Bouvier, devant la presse le mardi 27 mars.

MBDA a encore renforcé ses coopérations européennes, piliers fondamentaux de cette croissance. Il s’agit notamment du développement du futur missile antinavire franco-britannique et du missile modulaire européen (EMM) mené avec l’Allemagne, qui pourrait armer également les hélicoptères Tigre espagnols. Mais c’est le projet d’avion de combat du futur, en discussion avec l’Allemagne, qui suscite le plus d’attentes.

Comme à chaque fois qu’il le peut, Antoine Bouvier a rappelé l’importance du maintien de relations fortes entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, réclamant pour Londres, malgré le Brexit, un statut «plus étroit que pour un pays tiers». Il espère que ce pays clef dans la stratégie de MBDA, puisque l’un de ses grands marchés domestiques, puisse pleinement participer aux différentes initiatives de défense communautaires.

Interrogé sur le manque de fidélité à l’idée de préférence européenne de la part de la Roumanie, de la Pologne et de la Suède suite aux succès du Patriot américain sur le SAMP/T de MBDA, Antoine Bouvier préfère se montrer optimiste et demande du temps. «Il faut prendre une perspective de moyen et long termes, estime-t-il. Les initiatives [européennes] ne vont pas redéfinir immédiatement les politiques de ces pays. Mais il ne faut pas juger hâtivement.»

Malgré ces revers européens, les chiffres de l’export sont jugés très satisfaisants, atteignant en 2017 les deux tiers du chiffre d’affaires de l’entreprise et confirmant l’évolution du carnet de commandes vers moins de dépendance vis-à-vis des marchés domestiques. L’année aura notamment été marquée par les 1,9 milliard d’euros de contrats (sur 4,2 milliards de prises de commandes) avec le Qatar pour des missiles antinavires Exocet MM40 Block 3, des missiles de défense aérienne Aster 30 Block 1, des VL Mica et un système de batterie côtière utilisant différents missiles, qui avaient déjà été signés en 2016 mais dont la prise en compte n’a pu intervenir qu’en 2017, le temps de stabiliser le montage financier.

Autres succès notables : les missiles de croisière Taurus (MBDA Deutschland en coopération avec Saab) vendus à la Corée du Sud, les Exocet MM40 Block 3 et VL Mica pour l’Arabie saoudite, les Sea Ceptor (basés sur le missile antiaérien modulaire CAMM de MBDA UK) au Chili, et les missiles antinavires Marte MK2/N pour les Emirats arabes unis.

Antoine Bouvier a également rappelé les espoirs fondés dans le joint-venture signé avec le géant industriel indien Larsen & Toubro en février 2017, même si cela n’a pas encore débouché en termes de programme.

L’année écoulée aura donc été un bon exercice pour le missilier qui, s’il n’a pas atteint son ambition de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, peut néanmoins se targuer d’une excellente santé : les 16,8 milliards d’euros accumulés dans le carnet de commandes assurent une charge industrielle pendant au moins cinq ans. Pour preuve, MBDA ne cesse de recruter, jusqu’à 10% de son effectif total en 2017 et 2018, à la fois pour remplacer les départs et augmenter les effectifs.

Interrogé sur la pression des normes ITAR, qui freinent le projet d’un nouveau contrat Rafale vers l’Egypte, du fait de pièces de conception américaine dans les missiles proposés par MBDA, Antoine Bouvier a préféré botter en touche : tant que l’armée de l’air égyptienne ne s’exprime pas, lui non plus… Il consent tout de même à dire que ses concurrents outre-Atlantique se montrent, depuis quelques mois, plus agressifs que jamais, forts de l’appui ferme de leur administration.

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