L’œil du Scorpion

Une fois n’est pas coutume, le 1er décembre dernier, une délégation de l’ambassade des Etats-Unis, menée par le lieutenant-colonel Naylor de l’US Army, a été reçue à la DGA pour acquérir un équipement baptisé Antarès, réalisé par l’entité optronique de Thales, TOSA.

Conçu il y a dix ans dans le cadre d’un projet personnel d’un ingénieur, et remarqué par un ancien de l’Onera, J.-C. Fontanella, le projet Antarès cherchait à proposer une solution alternative et low cost aux systèmes de protection des blindés utilisant plusieurs caméras disposées autour du véhicule, mais surtout une régie vidéo pour en assurer le dispatching auprès de l’équipage.

Antarès n’utilise, lui, qu’un seul capteur, mais une lentille spéciale permet de filmer l’environnement du blindé sur 360° avec une résolution de 5 mégapixels. Un petit logiciel adresse ensuite en temps réel les champs de vision nécessaires à la mission du pilote, de l’artilleur et du chef de char.

Légère, plug and play, adaptable à tous types de plateformes, offrant la vision de nuit, cette solution trop avant-gardiste n’avait pas retenu l’attention et sombre peu à peu dans l’oubli. C’est alors que le bouche à oreille prend le relais. D’abord avec le général Gomard, qui en parle à la STAT, puis avec l’Onera, qui pousse à son tour le sujet auprès de la DGA. Au final, et à la demande des opérationnels, Antarès intègre l’offre Thales pour le programme Scorpion. Il sera ensuite présenté à la délégation militaire américaine et à Donald Trump en personne lors du défilé du 14-Juillet dernier.

En dehors d’une longue liste de questions techniques, le lieutenant-colonel Naylor a refusé de s’exprimer sur la quantité et la nature des plateformes qui pourraient accueillir Antarès. Mais l’US Army cherche depuis plusieurs mois une solution pour renforcer la protection des 5 000 véhicules blindés Stryker vulnérables en combat urbain et dans les scénarios de guerre hybride.

D’ailleurs le système MCRWS de Kongsberg, qui commande la tourelle et le canon de 30 mm des Stryker, offre un bus d’entrée/sortie compatible avec Antarès. Mais surtout un millier de ces véhicules seraient destinés à évoluer vers des plateformes autonomes entièrement robotisées, pour lesquelles la vision sur 360° en temps réel est un pré-requis indispensable.

Après les ventes record de caméras Sophie sur les chars T-90 russes, c’est sans doute une nouvelle success story qui s’annonce pour TOSA.

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