L’obsession d’Israël

L’Iran est plus que jamais devenu une obsession pour Israël. Le chef d’état-major, le général Gadi Eizenkot vient de nommer le directeur des opérations sortant, le général Nitzan Alon, comme directeur de projet pour toutes les affaires concernant l’Iran. C’est la première fois qu’une telle fonction est assumée par un militaire. Sa mission sera «de coordonner la campagne israélienne contre l’Etat des Ayatollahs dans tous les secteurs d’activité : la lutte contre le programme nucléaire, la coordination des renseignements, ainsi que les tentatives de l’Iran de s’établir militairement en Syrie.

Il y a quelques années, c’est le directeur du Mossad, Meir Dagan, qui gérait le «dossier iranien» au nom des Premiers ministres Ariel Sharon et Ehud Olmert. Mais cette supervision ne concernait que les renseignements, alors qu’Israël est désormais engagé dans des combats sur le terrain, sous forme notamment de dizaines d’attaques aériennes ou de missiles contre des forces de l’Iran ou des alliés en Syrie. «La nomination d’un général pour assumer ces nouvelles fonctions illustre la gravité de la situation et les risques d’escalade», affirme un responsable du ministère de la Défense.

Le général Alon sera également responsable de la liaison entre les militaires et les services de renseignements américains. Ce choix ne doit rien au hasard. Comme directeur des opérations jusqu’à il y a un mois, il est crédité par les responsables politiques d’une série de succès dans les affrontements avec l’Iran, le Hezbollah et les milices chiites pro-iraniennes en Syrie. Ses nouvelles fonctions stipulent qu’il n’a à rendre de compte qu’au chef d’état-major et qu’il est aussi chargé d’assurer la liaison entre l’armée, les services de renseignements militaires (Aman) et le Mossad.

Pour compléter le dispositif anti-iranien, Israël et les Etats-Unis ont établi très discrètement, il y a quelques mois, une commission conjointe chargée de favoriser la contestation contre le régime iranien. «Personne ne pense sérieusement que nous puissions à nous seuls remplacer le pouvoir en place, mais nos équipes tentent d’exploiter les faiblesses internes des autorités iraniennes actuelles en vue de susciter des pressions supplémentaires et si possible un changement de politique à Téhéran», poursuit le responsable du ministère de la Défense. Israël et les Etats-Unis ne cachent pas leur espoir d’une déstabilisation du régime actuel à Téhéran, à la suite de la reprise des sanctions américaines, qui portent un coup très dur à l’économie iranienne et alimentent une vague de mécontentement social. «Nous avons été surpris par l’impact actuel de ces sanctions», ajoute le responsable;

Pour appliquer cette stratégie, les Etats-Unis et Israël utilisent les réseaux sociaux pour envoyer directement des messages à la population iranienne. Benjamin Netanyahu a lui-même donné l’exemple en posant quatre vidéos assorties de sous-titres en persan en expliquant, par exemple, la responsabilité du gouvernement dans la très grave pénurie d’eau qui affecte l’Iran et les solutions qu’Israël pourrait apporter grâce à sa maîtrise de la technologie de dessalement de l’eau de mer qui fournit 80% de la consommation des ménages israéliens. Parmi les autres thèmes utilisés figurent des attaques systématiques contre les Gardiens de la révolution accusés de détourner des centaines de millions de dollars pour soutenir le Hezbollah, le Hamas, les milices chiites en Syrie, alors que ces fonds pourraient être utilisés pour améliorer les conditions de vie de la population iranienne.

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