Les premiers pas du Scorpion

Par Guillaume Belan

Loin d’être une décision majeure, l’étape qui sera actée par le Comité ministériel des investissements de défense (CMI), sur le programme de l’armée de terre Scorpion, marquera une étape symbolique.

Car d’ici le mois de juillet, le dossier de lancement de conception de l’étude d’architecture d’ensemble du programme Scorpion sera décidé. Les acteurs étatiques (armée de terre et DGA) vont lancer, cet été, une consultation d’une durée de deux ans, qui aura pour but de fixer un modèle de maîtrise d’œuvre du programme de transformation terrestre.

Cette décision marque officiellement l’entrée de Scorpion dans sa phase de conception. Rappelons que ce programme vise à établir le futur modèle de l’armée de terre centré autour du GTIA (Groupement tactique interarmes).

Quelques lignes directrices se dessinent pour l’organisation industrielle et étatique de la conception de Scorpion : alors que la DGA devrait conserver la main sur la maîtrise d’ouvrage globale du programme, donc les orientations de Scorpion, un industriel (ou plus probablement une équipe industrielle) devrait être désigné d’ici deux ans comme maître d’œuvre intégrateur du programme. Ce dernier sera donc en charge de la cohérence des équipements entre eux (Félin, Tigre, Leclerc, VBCI, VBMR…), en s’assurant que les modernisations ou adjonctions de fonctions (SIC…) s’intègrent bien dans le modèle capacitaire décidé par l’armée de terre et la DGA.

L’Etat se donne deux ans pour décider d’un maître d’œuvre et du partage des responsabilités industrielles. Un laps de temps qui devrait être suffisant pour que le paysage industriel terrestre française se stabilise.

Car entre les grands systémiers (EADS, Thales…) et les plus ou moins grands plates-formistes (Nexter, RTD, Panhard…), la valse des rapprochements devrait bientôt commencer. D’ici là, les programmes doivent avancer pour soutenir au mieux et au plus vite les soldats engagés.

Certains programmes, qui font partie de Scorpion, sont donc détachés de la décision sur l’architecture industrielle qui sera retenue. Ainsi, le programme VBMR (véhicule blindé médian à roues), qui doit remplacer les VAB (2 000 exemplaires) à l’horizon 2015, sera attribué et lancé en parallèle de tout choix du maître d’œuvre intégrateur.

Autre aspect, les retours d’expérience des engagements afghans ont considérablement modifié le besoin des terriens. Il faut donc, plus que jamais, un dialogue étroit entre industriels et opérationnels ainsi qu’une grande réactivité. Car de nouveaux besoins sont apparus, spécialement à propos les fonctions collaboratives.

En ce sens, l’expérimentation, baptisée Phoenix, qui s’est tenue l’année dernière et qui vise à explorer ensemble (armée et industriels) de nouvelles capacités, sera reconduite. Prévue dans le plan de relance, elle devrait être décidée dans les six mois à venir pour une mise en pratique au début 2011. Centrée autour de huit axes fonctionnels (situation amie/ennemie, gestion des alertes, air support…), la seconde édition de Phoenix explorera aussi le futur des capacités de l’armée de terre et défrichera certaines fonctions du programme Scorpion.

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