Le Japon muscle son dispositif en Mer de Chine

Alors que Tokyo mène actuellement en Europe une stratégie de soft power au travers d’expositions, de forfaits touristiques promotionnels et de publications historico-culturelles dans la presse, sa posture est autrement plus martiale dans son premier cercle stratégique. Le 26 août, trois bâtiments de premier rang ont ainsi été déployés pour une durée de deux mois en Mer de Chine. Il s’agit du bâtiment amphibie «Kaga» et des deux destroyers « Inazuma » et « Suzutsuki ».

Avec 27 000 tonnes, le « Kaga » reste à ce jour le bâtiment le plus imposant de la flotte japonaise. Il est destiné à accueillir, comme l’«Izumo», les futurs F-35. Une perspective qui a déclenché un ultimatum de Pékin.

Ce déploiement s’inscrit dans la politique de défense du gouvernement japonais pour 2018, qui entend assumer sa vocation de leader pour la stabilisation de la région, et le renforcement des capacités de ses partenaires locaux. Le ministère de la Défense ne cesse, depuis plusieurs mois, de dénoncer le comportement subversif des autorités chinoises au travers de la construction d’îlots artificiels destinés à transformer la mer de Chine en zone d’interdiction, du déploiement de systèmes sol-air à longue portée, ou des intentions affichées de s’emparer d’îlots situés dans l’archipel des Senkaku. Mais surtout, le déploiement du «Kaga» permettrait à la brigade de réaction rapide amphibie, créée en début d’année, de bénéficier de son premier entraînement de grande envergure.

Trois jours plus tard, Pékin a cherché à intimider Tokyo par une nouvelle mission de renseignement électronique en mer du Japon, avec un avion Sigint Y-9JB. Il s’agit de la troisième incursion analogue depuis fin juin. Un chiffre qui peut sembler modeste au regard des statistiques de 2017. Moscou et Pékin profitent en fait de l’attrition de 26% des capacités de brouillage des forces aériennes japonaises pour multiplier leurs missions de renseignement. Au cours de l’année dernière, les JASDF ont en effet dû intercepter près de 904 aéronefs par brouillage électronique. 500 ont ciblé des appareils chinois et 390 des appareils russes. Si la Chine a réduit de près de 40% ce type de missions l’an dernier, la Russie, elle, les a augmentées de près de 30% !

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