La STAT innove

Intervenant depuis l’expression du besoin jusqu’au retrait du service des matériels, la Section technique de l’armée de Terre (STAT) est notamment en charge de l’adaptation réactive, aussi appelée innovation technico-opérationnelle.

Il s’agit d’abord d’adapter, au sein des ateliers de la STAT ou avec l’industriel fournisseur, les équipements «basiques» à leur environnement, leurs missions et aux menaces auxquelles ils seront confrontés et qui sont parfois difficiles à anticiper. Parfois pour améliorer la survivabilité et réduire la fatigue des équipages, comme avec le rajout d’un marchepied sur VBCI, facilitant les montées fréquentes des fantassins lourdement équipés en Afghanistan. D’autres pour s’adapter à de nouvelles règles d’engagement, comme l’adaptation du fusil d’assaut pour opérer sur le territoire national (dispositif permettant de voir si une munition est dans la chambre du fait des chargeurs scellés et d’armes plombées).

La STAT doit aussi faire preuve d’anticipation et de créativité en proposant des innovations techniquement accessibles et à coûts maîtrisés pouvant déboucher sur des expressions de besoin concrètes. C’est le cas du ballon léger de soutien expérimental, réalisé en interne et actuellement déployé dans la BSS pour la surveillance d’axes, ou d’un brancard spécifique aux hélicoptères de manœuvre Caiman (avec matériel médical intégré) lui aussi déployé en opex et qui sera bientôt fabriqué en série.

«Catalyseur de bonnes idées», pour reprendre les termes de son patron, le général Rémi Fouilland, la STAT veille aussi à faire émerger et à capter les idées innovantes dans l’ensemble de l’armée de Terre. Ainsi, Auxylium, premier réseau de communications militaires sur le territoire national, équipant actuellement la force Sentinelle, est né de l’idée d’un lieutenant d’infanterie que la STAT a ensuite intégré.

Autre exemple d’innovation «in house», le système de camouflage pour véhicule par scratchs amovibles : les changements de camouflages étant longs et relativement chers, les normes environnementales s’étant durcies et au vu des besoins futurs (Scorpion), cet ingénieux procédé permet, sur une couche de peinture uniforme et commune à tous les véhicules, d’ajouter des scratchs de couleur en un temps minimal («deux hommes deux heures»). Un concept qui devrait être adopté par l’armée de Terre, après une expression de besoin formulée l’année dernière.

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