La course aux armements spatiaux

L’enjeu du cinquantième anniversaire du comité des Nations unies pour l’exploration spatiale qui se déroulera cette semaine à Vienne portera principalement sur la mise en place d’une charte destinée à préparer un traité sur le contrôle des armes spatiales, pour tenter d’éviter une nouvelle dégradation du contexte sécuritaire international.

En dehors de l’article 4 du traité de 1967 sur la non nucléarisation de l’espace, la communauté internationale reste sur cette question profondément divisée. Si une initiative russo-chinoise a proposé en 2014 un projet de traité, les pays occidentaux l’ont profondément contesté avec en tête l’Australie. Ce projet n’évoquant en effet ni les armes anti-satellites ni les armes à énergie dirigée. Or il s’agit précisément des deux nouvelles principales menaces du moment.

D’ici dix-huit mois, Pékin débutera la mise en orbite d’une flotte de mini-satellites de maintenance officiellement en charge de neutraliser les débris spatiaux grâce à leurs bras robots, mais surtout capables de détruire les satellites militaires adverses. Ceux-ci baptisés «Stalker» seraient susceptibles de traquer en essaim plusieurs satellites adverses considérés comme stratégiques, pour les neutraliser simultanément au moment opportun. Or la nature duale de ces plateformes rend leur interdiction comme leur contrôle difficiles.

Les pays occidentaux sont donc placés devant une alternative : accepter la perte de satellites critiques, ou neutraliser de manière préemptive ces nouveaux vecteurs. Avant que le recours à des plateformes de renseignement spatial plus petites et redondantes, qui émergent déjà sur le marché international, ne se généralise, les Etats-Unis et l’Union européenne ont décidé dans l’urgence d’emboîter le pas de Pékin et de déployer leurs propres «Stalkers» à des fins défensives mais aussi offensives.

Articles similaires :
Partagez ce contenu :