La «campagne pour Afrine»

Plus de cinquante jours après le début de l’offensive d’Ankara sur l’enclave nord-syrienne d’Afrine contre les organisations kurdes, dont les Unités de protection du peuple (YPG) alliées des Occidentaux, la mobilisation des réseaux kurdes et des mouvements d’extrême gauche opposés au régime turc s’étend à l’Europe.

Première visée, l’Allemagne, qui a fait l’objet de plusieurs attaques successives au cocktail Molotov en quelques jours, notamment contre deux mosquées turques à Berlin et dans la région de Stuttgart. Une branche de la banque Commerzbank à Hambourg a également été prise d’assaut. En cause, ses investissements dans l’industrie de défense, dont les équipements servent aujourd’hui «à tuer à Afrine», selon cette mouvance regroupant mouvements d’extrême gauche anti-capitalistes, pro-PKK et partis marxistes-léninistes anti-Ankara sous le label «Fight4Afrin». Le char allemand Leopard 2, vendu à la Turquie, qui l’utiliserait aujourd’hui contre les milices kurdes, est explicitement visé.

Toutes ces attaques ont été menées «en solidarité avec la résistance kurde» pour «venger des attaques de l’Etat fasciste turc à Afrine». Une première mise en garde, selon cette mouvance, qui appelle désormais à l’action ses relais dans d’autres pays – Italie, Grèce, Espagne, Pologne, Belgique, Grande-Bretagne mais aussi la France – et élargit le champ des cibles.

Outre les représentations turques et autres associations pro-Ankara basées dans ces pays, les sociétés d’armement figurent sur la liste, au premier rang desquelles Krauss-Maffei Wegmann et Rheinmetall, les fabricants du Leopard 2, mais aussi l’ensemble des fournisseurs, dont les groupes français Thales et Nexter, et les banques qui contribuent au financement de cet équipement, dont BNP Paribas et la Société Générale.

Articles similaires :
Partagez ce contenu :