Israël : une surveillance accrue de l’Iran

Les services de renseignements militaires israéliens (Aman) ont lancé une campagne de recrutement accéléré de jeunes parlant le persan. Récemment, une vidéo a montré, par mégarde, une cinquantaine de soldats israéliens en uniforme en train d’entonner un chant dans cette langue. Ce document a été filmé par le père d’un des membres de la chorale, en violation des règles de la censure militaire. A la suite de quoi des experts ont confirmé que l’Aman recrutait des jeunes d’ascendance iranienne ou, du moins, disposés à apprendre le persan en accéléré, afin de rejoindre des unités chargées de la surveillance de l’Iran.

Une fois formés, ces soldats sont notamment chargés des écoutes téléphoniques, des échanges sur Internet et de la circulation de photos sur les réseaux sociaux. Leurs activités concernent non seulement le territoire iranien, mais aussi les quelque 1 500 officiers et autres conseillers iraniens déployés en Syrie. La force Al-Qods des Gardiens de la révolution, en particulier leur commandant, le général Qassem Soleimani, ont droit à une attention spéciale. Parmi les autres priorités figurent l’activité dans les bases syriennes contrôlées par les Iraniens et les batteries de missiles susceptibles d’atteindre le territoire israélien. «L’objectif est de repérer à temps tout changement significatif sur le terrain et nous permettre d’y réagir», indique un officier.

Cette surveillance méticuleuse a récemment conduit à des raids contre des dizaines de bases présentées comme iraniennes, en représailles à des tirs de missiles vers le territoire israélien d’unités iraniennes ou de milices chiites pro-iraniennes. L’Aman a recommandé au gouvernement d’établir des «lignes rouges» que les Iraniens ne devraient en aucun cas franchir en Syrie.

Pour le futur, les responsables israéliens misent sur l’impact de la reprise des sanctions américaines sur l’économie iranienne, en espérant qu’elles provoquent une explosion sociale contre le régime. «Le pouvoir iranien et notamment les Gardiens de la révolution emploient des sommes énormes pour financer l’expansionnisme de leur pays dans la région. Or la population, frappée de plein fouet par l’inflation, la dépréciation de la monnaie et le chômage, pourrait bien se soulever», estime un responsable du ministère de la Défense.

Selon l’Aman, le budget militaire du Hezbollah est financé aux trois quarts par l’Iran. L’aide iranienne à ce parti s’élève à 800 millions de dollars, estime le chef d’état-major de l’armée, le général Gady Eisenkot. A ce pactole, il faut ajouter les dépenses engagées en Syrie. Selon les estimations de l’Aman, l’Iran a dépensé en trois ans quinze à vingt milliards de dollars dans ce pays. Ces fonds servent notamment à régler les soldes des membres des sept divisions de miliciens chiites originaires d’Afghanistan, du Pakistan et d’Irak, qui per­çoivent en moyenne 500 dollars par mois. Toutefois, les respon­sables d’Aman ne se font pas d’illusions : «Vu tout ce que les Gardiens de la révolution ont investi en Syrie, ils n’abandon­neront pas ce pays du jour au lendemain, sans se battre», commente l’un deux.

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