Israël-Syrie : la guerre qui vient

Le conflit syrien menace désormais de sortir de ses frontières. Echouant à convaincre Moscou de contrôler les agissements de l’Iran sur le territoire syrien, mais aussi, malgré des dizaines de frappes aériennes, à neutraliser l’arsenal et les chefs militaires du Hezbollah qui, depuis les opérations de Tsahal en 2006, ont au moins multiplié par dix leur force de frappe, Israël s’est engagé depuis fin janvier dans une escalade à l’issue incertaine.

Alors que le clan Assad est en train de reprendre le contrôle de la Syrie «utile» depuis l’accord secret entre Ankara et Moscou, qui a vu les troupes russes se retirer d’Afrine en échange de l’abandon par les Turcs de l’insurrection sunnite d’Idlib, Tel-Aviv craint par dessus tout un coup de force sur le Golan à la faveur d’un dispositif militaire international sans précédent fidèle à Damas.

Le 1er février, Tsahal a multiplié les bombardements de soutien à l’opération «Battle of the Conquerors», initiée par l’opposition non djihadiste contre le groupe Jaish Khaled bin al-Waleed affilié à l’EI, qui, depuis Deraa, menace la frontière orientale de l’Etat hébreu. Six jours plus tard, Tsahal a déclenché une opération destinée à neutraliser le centre de recherche balistique syrien de Jamraya. En réponse, les Gardiens de la révolution ont lancé, depuis la zone d’influence russe de Palmyre, un drone armé Saeqeh, inspiré du RQ 170 furtif américain, qui vient d’entrer en phase d’industrialisation massive. Celui-ci est passé à la verticale de la ville de Beit Shean malgré la présence d’un système Patriot, avant d’être abattu par un Apache.

Autre faille exploitée par la propagande iranienne, les difficultés des F-16 israéliens à neutraliser les systèmes sol-air syriens renforcés par les radars anti-furtifs iraniens après la perte d’un avion dans l’opération de frappe contre les Gardiens de la révolution à Palmyre et l’atterrissage forcé d’un second aéronef dans le village d’Hasbani, au sud-ouest du Liban, dimanche dernier. Israël a déployé dans le Golan, à proximité du village de Baka al-Garbiya, plusieurs batteries de missiles sol-air.

Tentant de ne pas s’enliser dans le conflit entre le YPG et Ankara au nord de la Syrie, Washington qui, bien qu’opposé à l’alliance chiite, reste totalement rejeté par la population sunnite. Les Américains ont par ailleurs procédé, au début du mois, à un bombardement massif, près de Deir ez-Zor, des milices syriennes de Liwa al-Baquir et Liwa Fatimiyoun, contrôlées par les Gardiens de la révolution, à l’aide de B-52, f-22, F-15, Apache et C-130 Spectre. La disproportion des moyens engagés en moins de trois heures est un avertissement clair adressé à Téhéran, qui venait de s’offrir le luxe de dérober neuf chars Abrams M1 en Irak via son proxie Hachd-al Chaabi.

Pour Washington, il ne s’agirait pas pour autant d’une offensive destinée à soutenir Israël, mais avant tout, comme l’été dernier, à préserver les sites pétroliers exploités par Conocco ! Des sites que le gouvernement syrien avait tenté de négocier quelques jours plus tôt auprès de la SDF/YPG soutenue par Washington.

Placés désormais sur la défensive, Américains et Israéliens se voient imposer une alternative qu’ils redoutaient, soit s’engager dans un conflit régional particulièrement meurtrier, soit entériner le maintien au pouvoir du clan Assad et la présence de Téhéran comme de Moscou aux abords de la Méditerranée et du canal de Suez.

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