Israël : questions sur les nouvelles routes de la soie

Les responsables de la marine israélienne s’interrogent sur les implications stratégiques en Méditerranée du vaste projet de la «nouvelle route de la soie». A cet égard, la Chine a déjà commencé à avancer ses pions, en investissant massivement dans les opérations d’infrastructures en Israël. Des groupes chinois ont ainsi été chargés de l’extension des ports de Haïfa (nord) et d’Ashdod (sud), par où transitent plus de 90% du trafic maritime du pays, ainsi que de la construction du tunnel du Mont Carmel à Haïfa et des lignes de tramway à Tel-Aviv.

Les experts soulignent que cette présence dans des projets civils pourrait permettre de collecter une masse de renseignements militaires, notamment sur les déplacements de la marine israélienne. Une telle inquiétude a déjà été exprimée par un ancien chef du Mossad, Ephraïm Halevy, qui redoute que les investissements chinois ne profitent aux services de renseignements de Pékin.

Aujour­d’hui, les relations commerciales entre les deux pays sont florissantes. Selon le bureau des Statistiques israélien, les exportations de l’Etat hébreu en Chine ont atteint le niveau record de 2,8 milliards de dollars durant les six premiers mois de l’année, soit un bond de 73% par rapport à la même période de 2017.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait révélé l’an dernier, lors d’une visite à Pékin, que la Chine effectuait à elle seule un tiers des investissements étrangers dans le secteur de la haute technologie. Selon les experts, une grande partie de ces opérations se font en toute discrétion par l’intermédiaire de sociétés domiciliées ailleurs qu’en Chine. Parmi les secteurs privilégiés par les Chinois figure tout ce qui touche à la cybersécurité, à l’informatique et aux communications. Le secteur militaire est, en revanche, épargné.

Les Israéliens ne peuvent pratiquement pas vendre d’armes aux Chinois, par suite du veto des Etats-Unis, qui craignent qu’elles n’incluent des composants d’origine américaine, ce qui pourrait mettre en péril leurs intérêts stratégiques. Comme le souligne un ancien cadre du Service de sécurité intérieure israélien (Shin Bet), la «plupart des militaires utilisent de la technologie civile, c’est pourquoi les Chinois misent sur des opérations économiques apparemment innocentes, comme l’extension de ports». Des activités pouvant avoir très aisément des implications militaires.

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