Israël : la guerre des boutons

Le projet de création d’une unité spécialisée dans les missiles a déclenché une véritable bataille entre Avigdor Lieberman, le ministre israélien de la Défense qui y est favorable, et l’état-major de Tsahal, qui rejette cette proposition.

Pour Avigdor Lieberman, le développement rapide des capacités iraniennes en matière de missiles, avec notamment le Khorramshahr d’une portée de 2 000 km, capable d’atteindre n’importe quel point du territoire israélien, associé aux centaines de missiles iraniens de moyenne portée dont dispose le Hezbollah au Liban et en Syrie, inquiète au plus haut point le ministre de la Défense. Selon lui, le nombre et la qualité des missiles iraniens, très précis, auront atteint une masse critique d’ici cinq ans et il sera difficile pour Israël d’y faire face efficacement sans un changement de politique. Pour lui, l’Etat hébreu doit impérativement trouver une réplique en se dotant de centaines de missiles d’une portée d’une dizaine ou d’une centaine de kilomètres pour faire face à la menace iranienne.

Ces missiles pourraient se substituer en partie à l’aviation israélienne dans le cadre d’une guerre qui serait déclenchée par des frappes de missiles iraniens. Les missiles israéliens pourraient avoir un effet au moins aussi destructeur sur les bases ou des convois d’armes destinées au Hezbollah en Syrie que la centaine d’attaques aériennes menées par Israël dans ce pays ces derniers mois. L’avantage d’une telle option est qu’elle permet de ne pas mettre en danger la vie des pilotes, et ne nécessite pas les préparatifs complexes nécessaires au lancement d’une attaque aérienne impliquant notamment la défense aérienne ou la mise en état d’alerte d’unités de sauvetage. De plus, la liberté d’action de l’aviation risque d’être sérieusement remise en cause par les systèmes S-300 et S-400 que la Russie fournit à la Syrie.

Pour Avigdor Lieberman, cette situation nécessite des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars pour mettre sur pied un corps spécialisé dans les missiles. Mais l’armée de l’air s’oppose à cette option, qui remet en cause le monopole qu’elle détenait sur les capacités stratégiques, tout en soulignant que les dégâts limités provoqués par des missiles ne justifient pas un tel investissement et que seule l’aviation est en mesure d’identifier des cibles situées en profondeur dans un territoire ennemi. Ces arguments n’ont pas convaincu Avigdor Lieberman d’abandonner son projet. Selon lui, un corps renforcé de missiles devrait relever du commandement de l’armée de terre, afin d’en améliorer les performances ainsi que la puissance de feu stratégique.

 

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