Israël : empêcher l’Iran de se servir de l’ »aérodrome » syrien

Israël est décidé à empêcher coûte que coûte l’Iran de se servir de la Syrie comme base de lancement de drones y compris au prix d’un affrontement direct. Benjamin Netanyahu a multiplié les mises en garde.

Plus inquiétant encore, Téhéran a reconnu qu’au moins sept de ses militaires avaient été tués en «martyrs» le 9 avril, lors du raid israélien contre la base militaire T4 près de Homs en Syrie. Parmi les victimes, figurent un officier supérieur des Gardiens de la révolution présenté par les renseignements israéliens comme un spécialiste dans les drones. C’est la première fois que Téhéran reconnaissait ainsi officiellement des pertes humaines occasionnées par «l’ennemi sioniste».

Peu après Israël a affirmé qu’un drone iranien transportant une charge explosive avait décollé de cette même base T-4 avant d’être abattu en février alors qu’il pénétrait dans l’espace aérien israélien. Détail important : cette annonce a été faite deux mois après l’opération, ce qui tend à prouver qu’il s’agit d’un avertissement consistant à présenter les drones iraniens non pas seulement comme des moyens utilisés pour des missions d’espionnage, mais aussi comme un véritable moyen susceptible de mener des attaques, en particulier pour venger le raid contre la base T4.

Les renseignements israéliens s’intéressent de très près aux drones iraniens. «Ils ne sont pas aussi avancés que nous, mais leurs appareils sont bons et peuvent être efficaces », admet un responsable du ministère de la Défense. Ces dernières années, l’Iran a exporté ses drones au profit de ses alliés en Syrie, en Irak, au Liban pour le Hezbollah. Un de ces drones, le Hamaseh, d’un poids de 440 kg, peut transporter des capteurs et des missiles, avec un rayon d’action de 200 km.

«Les Iraniens ont prouvé qu’ils disposaient de drones à des fins offensives, même si ces appareils n’ont pas la précision qu’ils leur prêtent», ajoute ce responsable. Selon lui, la menace d’infiltration et d’attaques contre des «objectifs stratégiques», tels que des bases militaires, des centrales électriques, des ports, est telle qu’Israël considère que toute installation utilisée par des Iraniens pour produire ou monter des drones en Syrie ou au Liban constitue une cible « légitime ».

Les renseignements militaires estiment toutefois que l’Iran reste handicapé par l’absence d’un réseau de satellites, qui permettrait la transmission de données en temps réel. L’exploitation de renseignements ne peut se faire qu’au retour des appareils à leur base, ce qui constitue une perte de temps.

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