Israël : des militaires dans les start-up

Pour maintenir son avance technologique, l’armée israélienne mise à fond sur la synergie avec le privé dans le secteur de la «high-tech». L’état-major et les services des renseignements militaires (Aman) mettent ainsi la dernière main à un plan destiné à endiguer un inquiétant phénomène de fuite des cerveaux.

Des militaires de carrière se verront proposer des postes dans des entreprises de haute technologie pendant une période de deux ans, tout en ayant ensuite la possibilité de reprendre leur service, sans que leur carrière militaire ne soit affectée. Ce va-et-vient permettra aux officiers servant dans les unités spécialisées dans la cyber-guerre et différentes technologies liées à la gestion de l’information de «tester» leurs capacités à s’adapter au monde des affaires.

Ce plan doit être lancé dès cette année. Son objectif est de freiner le départ d’anciens membres des unités d’élite, telles que la 8200, l’équivalent israélien de la NSA (National Security Agency) américaine, responsable du renseignement d’origine électromagnétique et du décryptage de codes, qui se laissent tenter par les salaires beaucoup plus élevés que leur proposent les entreprises privées ou se lancent dans la création de start-up, en espérant un jour être rachetés à prix d’or par un grand groupe américain.

«Le problème est que, dans beaucoup de cas, ces rêves ont tendance à s’écrouler, et la garantie de l’emploi dans le secteur de la high-tech est très loin d’être assurée», explique un officier. Selon lui, les militaires qui choisissaient jusqu’à présent de se lancer dans l’aventure du privé pouvaient difficilement revenir au sein de l’armée. «De nombreux officiers ne veulent pas vraiment quitter le service, mais ont envie de vivre une expérience professionnelle dans le privé», résume-t-il. En précisant que les entreprises dans lesquelles les militaires pourront effectuer ce type de «stage» seront soigneusement sélectionnées pour qu’elles correspondent le mieux aux besoins de l’armée.

Point important pour les intéressés : ils continueront à recevoir l’intégralité de leur solde durant leur «stage». Mais ce ne sont pas les sociétés choisies qui paieront les militaires qui travailleront chez elles, puisque les versements continueront à être effectués directement par l’armée.

Articles similaires :