Heckler & Koch face à un an de procès

Pour le premier fabricant allemand d’armes légères, Heckler & Koch (HK), l’année 2018 pourrait être inconfortable. Sur cette période, HK doit en effet faire face à une série de procès pendant lesquels, quelques-uns des secrets jalousement gardés de cette entreprise très hermétique pourraient faire surface.

HK a au moins pu éviter le premier procès qui devait se tenir vendredi dernier, suite à une plainte de son précédent PDG Norbert Scheuch. Celui-ci demandait sa réintégration pour cause de licenciement injustifié. En dépit de la présentation de bons résultats, M. Scheuch a été débarqué l’été dernier, soit deux semaines après avoir déclaré qu’il ne voulait plus accepter de contrats venant de démocraties corrompues et que la création d’un fonds d’aide aux victimes de guerre n’était peut-être pas une mauvaise idée. Mais un accord à l’amiable ayant été trouvé entre les deux parties, on ne connaîtra jamais les vraies raisons du départ de M. Scheuch.

Plus gênant, en mai prochain, sera le procès qui se tiendra contre plusieurs salariés de HK, avec l’entreprise elle-même comme co-accusée. L’affaire porte sur les conditions d’exportation d’armes vers le Mexique entre 2006 et 2009. A l’époque, un certain nombre d’armes livrées avaient été retrouvées dans des régions mexicaines en situation de guérilla et placées sur liste rouge du gouvernement allemand.

Enfin, en août prochain et en l’absence d’un nouvel accord à l’amiable, HK devra faire face à un procès intenté par Nicola Marinelli, prédécesseur de M. Scheuch. Celui-ci demande un demi-million d’euros de dédommagement pour licenciement abusif. Son contrat comprenait en effet une clause lui garantissant une certaine somme en cas de licenciement consécutif à un changement de propriétaire. M. Marinelli considère cependant qu’il y a eu changement de propriétaire. Si l’entreprise nie tout changement, et que les principaux actionnaires connus ou supposés se taisent, le ministère de l’Economie, qui surveille le secteur de l’armement et doit être tenu au courant de tels changements de propriétaires, explique qu’il y a bien eu recapitalisation récente de l’entreprise via un crédit. Mais qu’un changement de propriétaire n’a pas eu lieu et ne pourrait avoir lieu que si le remboursement du crédit n’est pas honoré. Selon les médias allemands, M. Martinelli estimerait que l’actionnaire majoritaire officielle Andreas Heeschen n’est en réalité plus vraiment propriétaire de ses parts et que de nouveaux financeurs, tels le français Nicolas Walewski et son fonds d’investissements Alken ou encore l’homme d’affaires anglo-américain d’origine russe Leonard Blavatnik, pourraient bien être les vrais maîtres de HK. Cet aspect des choses intéresse fort les mouvements pacifistes qui seront à coup sûr dans la salle.

Enfin, le dernier procès contre HK est celui intenté par Orbital ATK (en cours de rachat par Northrop Grumman), une entreprise spécialisée dans la fabrication de missiles, de satellites ou encore de lanceurs de fusées spatiales. Celle-ci reproche à H&K d’avoir rompu un contrat de livraison de certaines pièces de lanceurs. Pour l’entreprise allemande, ce procès est particulièrement épineux car le marché américain est un de ses débouchés majeurs.

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