Espionnage allemand en Autriche

«L’espionnage entre amis, cela ne va pas du tout !», la phrase prononcée en 2013 par Angela Merkel, réagissant à la nouvelle que le renseignement militaire américain (NSA) avait écouté son propre téléphone, vient de refaire surface. Mais cette fois-ci, ce sont les services secrets allemands (BND) qui ont pris la place de la NSA, et l’Autriche qui semble être le dindon de la farce.

Samedi dernier, le quotidien Der Standard et l’hebdomadaire Profil ont annoncé disposer de documents prouvant que le BND a «écouté» près de 2 000 numéros de téléphones fixes et mobiles, fax et adresses électroniques de ministères, organisations internationales, ambassades, entreprises installés en Autriche, entre 1999 et 2006.

Parmi les organisations internationales figurent l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Suite à cela, le porte-parole de la Chancellerie, Steffen Seibert, a réaffirmé les liens d’amitié qui lient les deux pays mais a refusé de se prononcer sur les reproches en précisant que le gouvernement fédéral ne s’exprimait jamais publiquement sur les services secrets. En revanche, la Commission des services secrets du Bundestag doit se réunir très prochainement pour auditionner les responsables des services concernés.

Au-delà de l’acte hostile envers un pays ami et des organisations internationales, le BND a acquis, via la nouvelle loi sur les services secrets de 2016, le plein droit d’écouter des institutions, organisations et citoyens dans l’Union européenne, s’il est question de prévenir des dangers qui menacent la sécurité intérieure et extérieure de l’Allemagne.

Alors que le chancelier Sebastian Kurz s’est déclaré confiant sur le fait qu’il obtiendrait tous les éclaircissements de la part de «l’ami allemand». Peter Grindling, directeur de l’Office fédéral autrichien des renseignements généraux et de la lutte antiterroriste, a, pour sa part, expliqué dans les médias autrichiens que les agissements du BND sont connus depuis longtemps, et que les numéros écoutés n’appartiennent pas à des cibles autrichiennes. Des déclarations qui laissent présager que cette affaire ne devrait pas faire trop de vagues entre les deux pays.

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