Espagne : des ambitions sous condition

L’Espagne prévoit de porter son budget militaire à 18 milliards d’euros d’ici 2024, a indiqué le 24 janvier la ministre de la Défense, Maria Dolores de Cospedal, devant la Commission de la Défense du Parlement. Un objectif, qui représente une hausse de 67,6% par rapport à 2017 (10,73 milliards) et s’inscrit dans le projet de Madrid de porter son budget défense à 1,53% du PIB espagnol.

La ministre a cependant indiqué que cette augmentation progressive serait réalisée «tant que la situation économique et la disponibilité budgétaire le permettront». Madrid devrait ainsi allouer 2,31 milliards d’euros en 2017 pour les programmes d’équipements, afin d’amorcer plusieurs grands projets. Il s’agit notamment d’assurer l’acquisition d’un millier de véhicules de combat d’infanterie 8×8 et d’un nouveau système de commandement et de contrôle pour l’armée de terre ainsi que l’acquisition de 23 hélicoptères NH-90 et la modernisation de 17 CH-47 Chinook.

Outre l’acquisition de deux ou trois avions de ravitaillement A330 MRTT, la force aérienne espagnole, qui attend la livraison de quatre drones MQ-9 Reaper en 2019 et 2020, va, quant à elle, devoir financer l’acquisition d’un nouvel avion d’entraînement et le remplacement de ses chasseurs F-18, dont les exemplaires les plus anciens devraient être retirés à partir de 2021.

Cette hausse budgétaire devrait enfin permettre à la marine d’engager le programme d’acquisition de cinq nouvelles frégates F-110. Une marine espagnole qui compte par ailleurs désormais réceptionner le premier de ses quatre futurs sous-marins S80 d’ici 2021. Des submersibles dont le coût unitaire devrait être supérieur à 3 milliards d’euros.

La ministre de la Défense a, par ailleurs, obtenu l’approbation des parlementaires pour l’augmentation du contingent espagnol engagé au Mali, qui passera de 140 à 292 hommes, alors que le général Enrique Millán doit prendre le commandement de la mission européenne de formation au Mali (EUTM-Mali). La ministre a confirmé qu’en 2017, les 17 missions extérieures espagnoles ont couté 835 millions d’euros, soit une hausse de 8,2 % par rapport à 2016 (771,1 millions d’euros). Un budget auquel s’ajoutent 246,8 millions d’euros pour les déploiements au sein de la Force de réaction rapide de l’Otan, du groupement tactique de l’Union européenne ou suite à des accords bilatéraux.

En 2017, quelque 2 469 militaires espagnols étaient engagés sur des théâtres extérieurs, dont 618 au sein de la FINUL, principale opération extérieure espagnole, pour un coût de 138 millions d’euros. La participation de Madrid à la Coalition internationale contre Daech, avec le déploiement de 541 hommes, principalement pour assurer la formation des forces irakiennes à Besmayah, représentait 123,1 millions d’euros en 2017. Avec un coût de 84,3 millions d’euros, l’opération Sophia de l’Union européenne en Méditerranée pesait plus lourd que l’engagement au Mali (72,9 millions d’euros). Une mission malienne, dont le coût pour 2018 est d’ores et déjà estimé à 88,57 millions d’euros par Madrid.

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