Embuscade au Niger : rapport d’enquête du Pentagone

Le Département de la Défense a diffusé le 10 mai le rapport d’enquête sur l’embuscade qui a coûté la vie à quatre membres de ses forces spéciales et à quatre Nigériens à Tongo Tongo, à la frontière entre le Niger et le Mali, le 4 octobre dernier.

Le document évoque une «surprise tactique» et une très large supériorité numérique de l’ennemi, désigné comme appartenant à l’Etat islamique. Il conclut à plusieurs déficiences qui peuvent avoir contribué à ces pertes, malgré une conduite au feu exemplaire.

Les membres du détachement américain ne s’étaient pas entraînés en équipe complète avant la mission, du fait des cycles de relèves. De même, ils n’avaient pas eu l’occasion de travailler avec leurs homologues locaux. Sur le plan de la planification, la patrouille aurait été insuffisamment préparée et n’aurait pas été validée aux bons niveaux hiérarchiques.

Le commandant de l’équipe a pensé à tort qu’il était en position d’en prendre la responsabilité, en copiant-collant les autorisations d’un document de mission à l’autre. Aucune sanction n’a été requise, envers lui ou d’autres cadres.

Le secrétaire à la Défense, le général James Mattis, recommande tout de même en conséquence au Commandement des opérations spéciales de revoir ses méthodes d’entraînement, ses procédures opérationnelles et l’organisation de ses déploiements.

Détail sur le déroulé de l’embuscade : les auteurs du rapport saluent l’intervention de Mirage français arrivés sur place 47 minutes après l’appel de support aérien, que l’opérateur n’a pu faire que 53 minutes après les premiers coups de feu. Si les chasseurs n’ont pu tirer, du fait de l’imbrication des combattants, des passes à basse altitude ont au moins permis de faire fuir les assaillants. L’arrivée d’hélicoptères français est également présentée comme salvatrice pour les survivants.

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