Dakar : un satisfecit et des questions

La quatrième édition du Forum sur la paix et la sécurité en Afrique (Dakar) s’est achevée mardi 14 novembre sur un satisfecit général à la fois des participants et des délégations officielles.

Pour cet exercice, la ministre des Armées, Florence Parly, a choisi de positionner la France dans le sillage de l’approche globale de la lutte contre le terrorisme. Ce fut également le cas lors de plusieurs ateliers, au travers du thème du continuum sécurité et défense. Les attentes africaines étaient grandes et les mots choisis par Florence Parly ont cherché à rassurer les pays africains sur la volonté de la France de les soutenir sur le long terme dans ce combat contre un ennemi de moins en moins facile à discriminer, sans toutefois se substituer à eux. En ce sens, Macky Sall et Florence Parly étaient au diapason.

«Le risque aujourd’hui, c’est de voir des terroristes vaincus ailleurs chercher des zones de repli en Afrique», en se fondant toujours plus dans la population civile, a souligné le président du Sénégal. A cet égard, le G5 Sahel reste pour l’heure l’outil de stabilisation par excellence mais certains Etats africains attendent des engagements de long terme.

Dans les coursives du Forum, certains fonctionnaires africains n’ont cependant pas caché leur inquiétude face à la dégradation de la situation, notamment au Mali, où les groupes terroristes essaiment malgré la présence des militaires. «Nous assistons à une mutation des groupes terroristes qui s’aguerrissent au fil des ans et s’enrichissent de nos réponses. Le G5 Sahel doit prendre en compte cette nouvelle donne.»

Si le Président de la République, Emmanuel Macron, confirme sa visite début février au Sénégal, il sera certainement attendu sur sa vision de l’évolution de l’outil G5 Sahel et sur un renouvellement de l’engagement français aux côtés des forces africaines. Egalement présent, Jean-Yves Le Drian a annoncé la création par la France, à Dakar, d’une école africaine de cyber sécurité.

Cette édition 2017 est aussi largement revenue sur les difficultés que rencontrent les opérations de maintien de la paix sur le continent, sans doute suite aux importantes pertes enregistrées par la Minusma, d’une ampleur sans précédent. La nécessité de revoir les mandats, la composition et l’équipement de ces missions est devenue un impératif car elles mobilisent aujourd’hui beaucoup trop de moyens pour leur propre protection au détriment de leur mission première : la protection des civils et la supervision du respect des accords de paix.

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