Cyberparodie signée Daechgram

Plus fort qu’Europol, qui avait tenté en avril de neutraliser les organes de propagande de l’Etat islamique, un groupe de hackers irakiens a créé la panique au sein des chaînes Telegram affiliées à Daech en y diffusant des publications «fake» vérolées.

La revue hebdomadaire Al-Naba, le magazine en arabe diffusé tous les vendredis recensant les différentes actualités daechiennes du front et autres interviews d’opérationnels ou d’idéologues de l’orga­nisation, a été la cible privilégiée de cette opération de contre-propagande par ce groupe d’hacktivistes, auto-proclamé ironiquement «Daechgram».

Le numéro 137, daté du jeudi 28 juin, a eu droit à trois répliques «fake» diffusées selon exactement les mêmes procédés que l’original, et tellement ressemblantes qu’elles ont dupé une bonne partie des partisans jusqu’à la troisième réplique, qui a levé le doute et déclenché une alerte générale par l’une des chaînes pro-Daech, «Nouvelles du Califat», de mise «en garde des frères contre le partage ou l’accès à ce fichier d’Al-Naba, car c’est un fichier piégé pour infiltrer des machines» et identifier les membres.

Titrée «le califat célèbre les réussites de l’équipe Etat islamique à la Coupe du monde», la une représente le chef de l’EI, Abou Bakr Al-Baghdadi, entouré de groupies lascives aux attitudes bien peu «halal». Une double moquerie à l’attention de l’EI, qui avait multiplié les promesses d’attentats sur la Coupe du monde de football 2018.

Outre l’effet réussi de déstabilisation, l’opération de hacking menée par Daechgram a ainsi permis de récolter les identités de tous ceux qui avaient téléchargé les «fake» Al-Naba, ouvrant la voie à de nouvelles attaques ciblant cette fois les partisans pro-Daech.

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