Colombie : ExpoDefensa 2017 s’envole

Le salon bisannuel ExpoDefensa, qui a eu lieu dans la capitale colombienne jusqu’au 6 décembre, affirme son succès avec une croissance de plus de 5% par rapport à l’édition de 2015. Organisé à Bogota avec le soutien du COGES, chef d’orchestre avec le GICAT d’Eurosatory, ce salon latino-américain se place en nette concurrence avec celui organisé à Rio (LAAD).

Il faut dire que, avec la fin de la longue guerre civile, la Colombie est devenue (avec le Pérou) l’un des moteurs économiques de l’Amérique du Sud et cette nouvelle situation attire les industriels de la défense de tous pays. Un seul chiffre : 3,5% (du produit national brut), c’est la proportion du dernier budget militaire de la Colombie. Et ce budget n’est pas appelé à se réduire en raison de la posture «post-conflit» du pays, qui entraîne une reconversion importante de ses forces armées et de police ainsi que de leurs missions. Une opération qui a un coût d’autant plus nécessaire que devront être intégrés de nombreux combattants des FARC et de l’ELN au sein de l’armée nouvelle, « une armée nouvelle pour un nouveau pays », comme le rappelle le slogan visible sur tous les stands officiels du ministère de la Défense colombien.

Avec un total de 269 exposants (représentant plus de 300 marques connues) venus de 35 pays différents (dont près de 75% d’étrangers) et la participation de plus d’une soixantaine de délégations officielles (dont de nombreuses venues d’Europe), l’édition 2017 d’ExpoDefensa a pris une tournure de plus en plus internationale lui donnant un petit air d’Eurosatory. Tout dans la signalétique et l’arrangement des stands y rappelle ce que les visiteurs voient à Villepinte, surface plus réduite évidemment…

Inauguré par Luis Carlos Villegas Echeverri, le ministre colombien de la Défense, ExpoDefensa a reçu la visite de l’ambassadeur de France S.E. Gauthier Mignot et d’une délégation de parlementaires français conduite par Jean-Jacques Bridey, le président de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale, lesquels ont accompagné dans la visite des stands, et notamment de ceux du « Village France », le vice-ministre de la Défense colombien, José Javier Peréz Mejía, suivi du secrétaire général de la Défense colombien (et responsable des achats militaires), le Dr Luis Manuel Naira Nuñez.

Si ce salon n’a, pour l’heure, pas été riche d’annonces ou de contrats nouveaux, il a montré un effet de groupe marqué des industriels français, assistés dans leur présence par un stand de démonstration très réussi de l’armée de Terre, où tout ce qui fait la particularité de cette armée était mis en avant avec des maquettes de ses nouveaux matériels (EBRC Jaguar et VBMR Griffon), mais aussi avec des démonstrations d’armes à feu actuellement en dotation. Geste fort, tous les militaires français présents parlaient l’espagnol, ce qui au moment où se termine «L’Année de la France en Colombie» ne manquait pas de panache.

Interviewé au moment de sa visite du salon, le ministre colombien de la Défense a déploré l’absence de son homologue française, pourtant invitée… S’exprimant en très bon français, du fait de sa lointaine ascendance basque, Luis Carlos Villegas Echeverri s’est étonné devant le reporter de TTU du peu d’intérêt officiel présenté par le ministère français des armées pour ExpoDefensa qui clôturait l’année de célébration franco-colombienne officielle. Le plus haut représentant du gouvernement venu de Paris étant un général deux étoiles de la DGA, l’IGA Hubert Lebarly…

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